Je dois préciser Uni-vert, filiale de la coopérative Covial, est "un" des leaders européens de la salade bio. Précisons encore:
Covial est né en 1991 dans le Gard et réunissait dès l'origine une belle poignée de producteurs locaux de fruits et de légumes. Tous n'étaient pas convertis à la production biologique, on s'en
doute, à cette époque. Disons que les "bios" ont entraîné les autres vers le même mode de production. Aujourd'hui la coopérative benéficie d'une solide réputation qui s'explique par le nombre de
produteurs, une bonne vingtaine, et donc par la variété des produits. D'autres part ce réseau ne travaille que sur des produits de saison et réhabilite les anciennes variétés à l'image des
tomates. Le bilan actuel est encore positif avec les 70 emplois que représente ce groupement, avec les jeunes qui prennent la suite des anciens et avec cet incroyable marché d'exportation de la
salade en Europe à commencer par le gros consommateur allemand. Entre 6 à 7 millions de pied de salades sortent des serres des paysans du collectif. Seule inquiétude: comment garantir des vertus
biologiques lorsque la production atteint de tels sommets? La réponse est simple: par la faible étendue des cultures. Ici pas question d'intensif même si l'ensemble de la coopérative détient en
tout 35 hectares d'abris froids, de serres non chauffées, si vous préférez, et 70 hectares d'espaces arboricoles.
La démarche qui suit est bien intéressante. Vous prenez une
entreprise de construction de micro-éoliennes. Elle s’appelle Ti’éole, créée à Valence en 2007. 4 salariés pour diffuser des systèmes éoliens pour particuliers et petits collectifs. Elle promeut
également l’auto-construction. Vous prenez ensuite une association de chantiers participatifs, Tripalium, en sachant que celle-ci a été fondée par l’entreprise elle-même afin de sensibiliser de
nouveaux candidats à l’éolien. Le tout donne un réseau très actif qui multiplie dans des festivals ou sur des sites précis les formations en auto-construction. Une illustration nous est donnée
par Sylvain qui a assisté à un chantier participatif dans l’Hérault chez un agriculteur qui était trop éloigné du réseau EDF pour être desservi en
électricité. Moyennant une éolienne de 3 mètres 60 de diamètre, une ferme peut être parfaitement alimentée. L’intérêt de la démarche et du système est de servir directement le consommateur et de
contourner les débats qui agitent l’éolien (coût de montage, durée de vie, fréquence de production, raccordement du réseau, obstacles paysagers etc….)www.tripalium.org
Comment ne pas vous conter l’histoire d’Alain Thomas. Ancien rugbyman de la grande équipe de Grenoble, Alain entraîne les
« gamins de son village en 1997 quand le jeune Etienne se blesse grièvement », comme nous l’écrit Cédric, correspondant des Carnets. Alain déclenche immédiatement un mouvement de
solidarité autour du jeune Etienne et Cédric de conclure « lorsqu’on a aidé une personne handicapée à s’en sortir, pourquoi pas d’autres?". C’est ainsi qu’est né un atelier protégé
dans la commune d'Alain le rugbyman au grand cœur, à Saint-Jean de Royans. Cette entreprise d’insertion professionnelle compte 45 personnes dont 38 handicapés et 3 sites de production. Alain
Thomas, l’homme de l’ovalie, y passe bénévolement 40 heures par semaine seulement (à cause de son travail qu’il assume en parallèle) et ce centre a pour nom une abréviation étrange : LMDES
(traduisez : Le Match d’Etienne Services !).
Karine et Loïc ont créé en 2004 leur petite société d’édition en région parisienne : Elka. C’est par l’intermédiaire d’un
Carnet de campagne dans les Alpes que j’ai eu vent de leur travail. Normalement des éditeurs de cahiers de vacances pour familles en séjour à la montagne ne m’interpellent pas vraiment. Les
combinaisons fluos et les tickets remonte-pente me sont peu familiers. J’ai été malgré tout intrigué par ce jeune duo d’éditeurs de magazines et de petits livres pratiques par le trophée du
tourisme responsable qui leur a été remis en 2010. Un magazine gratuit titré « Carnet de vacances en famille » est à l’origine de cette distinction. Or ce cahier de montagne est
totalement orienté autour du développement durable. Ludique et instructif il va du jeu test qui invite le lecteur à mesurer son « éco-compatibilité » avec la nature, au dossier sur la
biodiversité alpine. Bref la démarche est intelligente et novatrice.
Pour aller plus loin Karine et Loïc publient le premier volume, cette fois sous la forme d’un petit livre, d’un série consacrée
à l’éco-citoyenneté. Selon le schéma des carnets de Vacances, le premier volume de « Itinéraire bis » utilise illustrations pédagogiques et textes concis.
Quatre enquêtes composent le sommaire de cet itinéraire bis numéro 1 : La pollution aux algues vertes. Les ressources
cachées de nos poubelles. La pression de l’eau (pression économique). L’agriculture et la grande distribution.
Illustration avec la pollution aux algues vertes : entre 40 000 et 70 000 m3 d’algues vertes s’échouent chaque
année sur le littoral breton. Le coût de leur ramassage est estimé entre 300 000 et 500 000 euros ! L’élevage intensif est évidemment montré du doigt (la Bretagne possède 50% du
parc porcin et 30% du parc bovin national. ici pas d’utilisation de paille, mais le principe industriel du caillebotis qui produit non pas du fumier mais du lisier. Ce lisier répandu sur les
terres agricoles auquel s’ajoute l’engrais azoté de l’agriculture intensive, acidifie dangereusement les sols. Ce ne sont pas moins de 75 000 tonnes de nitrates excédentaires qui
s’écoulent chaque année vers la mer. Au passage une grande partie des espèces aquatiques disparaît des rivières. (Un milliard d’euros d’aides publiques a déjà été versé pour réduire le taux de
nitrates dans les eaux en Bretagne !!!).
Selon le Commissariat général au Développement Durable, le coût de la décontamination des eaux souterraines s’élèverait de 522 à
847 milliards d’euros !!!!!
La PAC a longtemps favorisé ces pratiques, alors que l’agriculture biologique apparaît de plus en plus comme étant une des
solutions à cette catastrophe annoncée. Des règles doivent malgré tout s’imposer pour que la transition soit réalisable. Ainsi selon les calculs de l’INRA, pour réduire le taux moyen de nitrates,
il faudrait réduire la taille des cheptels de 15% et l’épandage de 35%. Le livre fait une remarque pertinente : « L’Europe, qui pourtant condamne la France pour la pollution
qu’elle crée, ne devrait-elle pas revoir ses critères d’attribution ? Est-il normal par exemple qu’un agriculteur bio soit moins bien subventionné qu’un agriculteur
conventionnel ? ».
Rien ne m'agace davantage que d'entendre ou de lire régulièrement que les associations profitent du bénévolat et sont toutes des
dévoreuses de subventions. Lorsque subventions il y a, c'est souvent en gage d'un service que les collectivités ne peuvent pas assurer ou délèguent à des groupes associatifs. Pour
résumer à des collectifs citoyens. Il est vrai que plus de 85% des associations en France ne fonctionnent que par le bénévolat. En revanche il est enthousiasmant d'apprendre, selon les données
2009 et 2010 rapportées par Ressources et Solidarités, que plus de 178 000 associations ont employé 1.773 000 salariés en 2009. De plus, si le nombre de créations d'associations est
en recul en 2010, le nombre de créations d'emplois n'a pas cessé d'augmenter. Ces employeurs de l'associatif ont distribué plus de 33 milliards d'euros de salaires. Si vous divisez cette
somme par le nombre de salariés, vous aurez un salaire médian mensuel de 1550 euros. ça va mieux? La moyenne était de l'ordre de 11 salariés par association en sachant que 77 % d'entre elles
emploient moins de 10 personnes et 4% ont un effectif supérieur à 50 employés.La progression des emplois au premier trimestre 2010 était de l'ordre de 1,6% contre 1,4% l'année précédente. Ensuite
il faut tenir compte des états d'âme des employeurs qui pour beaucoup sont en situation de tension économique fragile. A cela une explication apparaît avec deux emoployeurs sur trois craignant
les effets de la réforme territoriale sur leur sort. Dans les bonnes nouvelles de ces résultats, les jeunes sont autant mobilisés que les plus âgés par le travail associatif. Pour les échoués de
l'emploi traditionnel, on est rassuré par le fait que les embauches les plus importantes sont réalisées après 40 ans. Enfin l'emploi féminin est fortement présent dans ce secteur associatif. Au
total plus de 330 000 emplois supplémentaires ont été généré par ce même domaine en 10 ans.
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Une suite plus personnelle aux carnets de Campagne diffusés sur France Inter sans impératif de temps ni d'espace et ouvert aux commentaires et contributions extérieures
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