Le Grenelle de l'environnement aura laissé planer beaucoup d'espoirs. Il était juste et même nécessaire:
Pour une nouvelle agriculture raisonnée, on l'a déjà spécifié dans un précédent article, car la propagation d'une
production intensive a atteint ses limites et a présenté ses écueils: quotas de production, alignement sur le marché européen et tarification sur le même principe, greniers en limite de rupture
et puis la machine s'enraye parce que dans la transversalité des échanges et des besoins, alias mondialisation, certains pays soumis à des systèmes fragiles et souvent pauvres, ne parviennent
plus à honorer leurs commandes ou sont touchés par des bouleversements climatiques et politiques.
Pour un développement des normes environnementales appliquées à un des plus gros dévoreurs d'énergie: l'habitat. Il en existe deux d'ailleurs de gouffres, les transports et le logement. Or c'est
le second qui consomme et gaspille plus que le premier! Une des perspectives du Grenelle était de développer de nouvelles filières, ou en tout cas de les favoriser, en soutenant des
savoirs liés aux matériaux respectueux de l'environnement. Cela implique une formation gigantesque des métiers du bâtiment, une charte de normes HQE ( Haute qualité environnementale) et une
incitation via des avantages fiscaux à la rénovation, à la réhabilitation et à la construction adaptées à ces normes. Ce n'est pas du pouvoir du français moyen, entendons du
porte-feuille médian, de se porter garant d'un lourd investissement de départ épongé sur dix ou vingt ans. Une raison claire à ce fait: rares sont les ménages en temps de crises et de baisse du
pouvoir d'achat capables d'hypothéquer sur un avenir "durable". Il est pourtant annoncé que le secteur du bâtiment pourrait,en épousant ces principes, créé un potentiel de 100 000 emplois sur
les 40 prochaines années. Malheureusement, à l'heure où nous parlons, le bâtiment subit un net recul d'investissement...
Pour un développement des énergies renouvelables. Jamais notre pays s'est autant investi, même avec un énorme retard sur certains voisins européens, sur un développement des énergies
photovoltaïques, géothermiques et éoliennes. J'évince l'hydraulique parce qu'il a été abandonné quarante ans plus tôt faute de pertinence et d'efficacité. Or une stratégie a prévalu dans cette
projection au profit d'un développement de l'énergie éolienne. Le principe était simple: les préfectures étaient sommées de superviser sur leur région le potentiel d'accueil de ZDE ( Zone de
développement éolien) en suivant des critères paysagers, patrimoniaux et climatiques. Une cartographie a été élaborée sur chaque région. Le Grenelle a spécifié une visée d'avenir en écho à ce que
le voisin allemand avait mis au point plusieurs années auparavant. l'Allemagne a en effet dépassé le nombre de 20 000 éoliennes et s'est targué d'être un des pays membres pionniers en la matière.
Economiquement, à l'échelle hexagonale, le calcul est limité. Nous ne fabriquons pas d'éoliennes. En revanche nous sommes capables de les assembler. L'énergie produite est rachetée à pris
d'or par EDF. Premier écueil. Ensuite, les candidats communaux à l'éolien se sont bousculés, non pour des raisons écologiquement soutenables, mais pour la taxe professionnelle agitée par les
compagnies privées de gestion de l'éolien. Second écueil à l'heure où la TPE va disparaître. Les propriétaires fonciers étaient indemnisés à hauteur (c'est le cas de le dire) du nombre
de mâts installées sur leur terrain. Aucun texte ne stipule qui prend en charge le démantèlement dans le cas d'une interruption d'activité et d'exploitation. Autrement dit, à charge au
propriétaire de se débrouiller avec la ferraille. Troisième écueil. Ensuite il s'agit pour les communes candidates de prendre une option sur l'avenir de leur développement, soit elles
envisagent un développement touristique vert raisonné (ce qui est le propre d'une majorité d'entre elles), soit elles s'engagent sur une installation audacieuse de mâts plus hauts que l'arc de
triomphe au détriment de l'attractivité de leur paysage. Je suis désolé, mais mises à part quelques familles indigènes venant digérer le repas dominical avec les enfants au pied d'une éolienne
dont l'extrémité des pales atteint 135 mètres de haut, je ne vois pas quel touriste en mal d'exotisme rural viendrait planter sa tente au pied de cette incongruité. Résultat, devant le
bouclier levé par certaines associations écologiques alarmées par le saupoudrage des éoliennes, des concentrations de ZDE ont été envisagées. Je ne peux me retenir de prendre à nouveau
en exemple, cher lecteur, ma petite région du châtillonnais futur récipiendaire d'une magnifique horde de 80 éoliennes! Vous aurez le droit de me rétorquer que je fais partie de ces sombres
pro-nucléaires avides de rendement au détriment de l'homme et de la nature. Hélas, pour vous, c'est tout le contraire. Enfin presque... L'éolien allemand est encore un bon exemple car, avec son
cheptel de moulins, notre voisin a découvert que l'énergie produite en alternance par ces éoliennes, nécessitait une production d'énergie complémentaire que seules les centrales
thermiques pouvaient assurer. Seulement les thermiques sont les plus polluantes qui existent....
Le débat est d'ailleurs d'autant plus étonnant que le président de la République s'était inquiété de ce saupoudrage de l'éolien alors que les ZDE auraient moins juré et auraient été plus
facilement gérables, selon lui, en périphérie des zones industrielles!
Une communauté de communes du Haut-Rhin, qui s'était portée candidate à l'installation de cinq éoliennes sur son territoire, a émis le souhait de racheter l'énergie produite afin d'en faire
profiter directement ses habitants. La réponse n'a pas tardé: en juillet, la préfecture donnait un accord de construction et en septembre rejetait le projet de défrichement en préparation du
chantier de construction! Enfin les compagnies privées garantes de ce développement organise un véritable lobbying auprès des communes intéressées et les débats publics sont réduits à leur
plus simple expression lorsque même ils ne sont pas contournés.
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Alain Houpert est un enfant de
la campagne bourguignonne désertifiée et le fils de l’épicier d’un village gros comme une tête d’épingle sur la carte. L’adolescent poursuit ses études à Dijon soit à une quarantaine de
kilomètres de distance avant de faire médecine comme le disent les parents fiers de savoir leur fils porter ultérieurement la blouse blanche qui témoigne de l’ascension sociale. Alain sera
radiologue. Il l’est toujours, en cabinet d’associés dans la ville de ses études. Aujourd’hui il est maire de son village, Salives, 290 habitants alors que dix ans en arrière la population avait
fondu au point d’atteindre péniblement 180 personnes. Entre les deux dates, Alain qui est resté attaché à sa terre natale, avait pris fait et cause pour un ancien donjon du XIème siècle qui
menaçait ruine au cœur de la localité. En 1986, l’édifice se désarticule, perd la moitié de ses murs et se répand au sol dans une montagne de poussière. Etonnamment, il est seul à réagir. La
municipalité de l’époque pense raser les vestiges qui tiennent encore debout pour en faire un parking. Le jeune médecin crée une association de sauvegarde et parvient à obtenir une somme de trois
cent mille francs du Ministère de la Culture pour consolider les restes du donjon. Alain songe à une réhabilitation de ce patrimoine. Il passe deux ans à convaincre les habitants et prend le
fauteuil de premier magistrat. C’est à nouveau le Ministère de la Culture qui lui accorde l’enveloppe nécessaire à la restauration. « L’effet de ce succès a permis à la population de
prendre conscience que ne pas avoir d’argent en poche n’était pas une raison pour perdre tout espoir ». La deuxième étape consista à restaurer les remparts du village, soit un kilomètre
et demi de vieilles pierres épaulées par un dizaine de tours. Les murs s’affaissent

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