Samedi 7 novembre 2009 6 07 /11 /Nov /2009 21:27

Le Grenelle de l'environnement aura laissé planer beaucoup d'espoirs.  Il était juste et même nécessaire:


Pour une nouvelle agriculture raisonnée, on l'a déjà spécifié dans un précédent article, car la propagation d'une production intensive a atteint ses limites et a présenté ses écueils: quotas de production, alignement sur le marché européen et tarification sur le même principe, greniers en limite de rupture et puis la machine s'enraye parce que dans la transversalité des échanges et des besoins, alias mondialisation, certains pays soumis à des systèmes fragiles et souvent pauvres, ne parviennent plus à honorer leurs commandes ou sont touchés par des bouleversements climatiques et politiques.

Pour un développement des normes environnementales appliquées à un des plus gros dévoreurs d'énergie: l'habitat. Il en existe deux d'ailleurs de gouffres, les transports et le logement. Or c'est le second qui consomme et gaspille plus que le premier!  Une des perspectives du Grenelle était de développer de nouvelles filières, ou en tout cas de les favoriser,  en soutenant des savoirs liés aux matériaux respectueux de l'environnement. Cela implique une formation gigantesque des métiers du bâtiment, une charte de normes HQE ( Haute qualité environnementale) et une incitation via des avantages fiscaux à la rénovation,  à la réhabilitation et à la construction adaptées à ces normes.  Ce n'est pas du pouvoir du français moyen, entendons du porte-feuille médian, de se porter garant d'un lourd investissement de départ épongé sur dix ou vingt ans. Une raison claire à ce fait: rares sont les ménages en temps de crises et de baisse du pouvoir d'achat capables d'hypothéquer sur un avenir "durable". Il est pourtant annoncé que le secteur du bâtiment pourrait,en épousant ces principes, créé un potentiel de 100 000 emplois sur les  40 prochaines années. Malheureusement, à l'heure où nous parlons, le bâtiment subit un net recul d'investissement...

Pour un développement des énergies renouvelables. Jamais notre pays s'est autant investi, même avec un énorme retard sur certains voisins européens, sur un développement des énergies photovoltaïques, géothermiques et éoliennes. J'évince l'hydraulique parce qu'il a été abandonné quarante ans plus tôt faute de pertinence et d'efficacité. Or une stratégie a prévalu dans cette projection au profit d'un développement de l'énergie éolienne. Le principe était simple: les préfectures étaient sommées de superviser sur leur région le potentiel d'accueil de ZDE ( Zone de développement éolien) en suivant des critères paysagers, patrimoniaux et climatiques. Une cartographie a été élaborée sur chaque région. Le Grenelle a spécifié une visée d'avenir en écho à ce que le voisin allemand avait mis au point plusieurs années auparavant. l'Allemagne a en effet dépassé le nombre de 20 000 éoliennes et s'est targué d'être un des pays membres pionniers en la matière. Economiquement, à l'échelle hexagonale, le calcul est  limité. Nous ne fabriquons pas d'éoliennes. En revanche nous sommes capables de les assembler. L'énergie produite est rachetée à pris d'or par EDF. Premier écueil. Ensuite, les candidats communaux à l'éolien se sont bousculés, non pour des raisons écologiquement soutenables, mais pour la taxe professionnelle agitée par les compagnies privées de gestion de l'éolien.  Second écueil à l'heure où la TPE va disparaître. Les propriétaires fonciers étaient indemnisés à hauteur (c'est le cas de le dire) du nombre de mâts installées sur leur terrain. Aucun texte ne stipule qui prend en charge le démantèlement dans le cas d'une interruption d'activité et d'exploitation. Autrement dit, à charge au propriétaire de se débrouiller avec la ferraille. Troisième écueil.  Ensuite il s'agit pour les communes candidates de prendre une option sur l'avenir de leur développement, soit elles envisagent un développement touristique vert raisonné (ce qui est le propre d'une majorité d'entre elles), soit elles s'engagent sur une installation audacieuse de mâts plus hauts que l'arc de triomphe au détriment de l'attractivité de leur paysage. Je suis désolé, mais mises à part quelques familles indigènes venant digérer le repas dominical avec les enfants au pied d'une éolienne dont l'extrémité des pales atteint 135 mètres de haut, je ne vois pas quel touriste en mal d'exotisme rural viendrait planter sa tente au pied de cette incongruité. Résultat, devant le bouclier levé par  certaines associations écologiques alarmées par le saupoudrage des éoliennes, des concentrations de ZDE ont été envisagées. Je ne peux me retenir de prendre à nouveau en exemple, cher lecteur, ma petite région du châtillonnais futur récipiendaire d'une magnifique horde de 80 éoliennes! Vous aurez le droit de me rétorquer que je fais partie de ces sombres pro-nucléaires avides de rendement au détriment de l'homme et de la nature. Hélas, pour vous, c'est tout le contraire. Enfin presque... L'éolien allemand est encore un bon exemple car, avec son cheptel de moulins, notre voisin a découvert que l'énergie produite en alternance par ces éoliennes,  nécessitait une production d'énergie complémentaire que seules les centrales thermiques pouvaient assurer. Seulement les thermiques sont les plus polluantes qui existent....
Le débat est d'ailleurs d'autant plus étonnant que le président de la République s'était inquiété de ce saupoudrage de l'éolien alors que les ZDE auraient moins juré et auraient été plus facilement gérables, selon lui, en périphérie des zones industrielles!
Une communauté de communes du  Haut-Rhin, qui s'était portée candidate à l'installation de cinq éoliennes sur son territoire, a émis le souhait de racheter l'énergie produite afin d'en faire profiter directement ses habitants. La réponse n'a pas tardé: en juillet, la préfecture donnait un accord de construction et en septembre rejetait le projet de défrichement en préparation du chantier  de construction! Enfin les compagnies privées garantes de ce développement organise un véritable lobbying auprès des communes intéressées et les débats publics sont réduits à leur plus simple expression lorsque même ils ne sont pas contournés.



 

Par Philippe BERTRAND - Publié dans : coup de gueule
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Samedi 7 novembre 2009 6 07 /11 /Nov /2009 14:33




Depuis peu le très bel ensemble forestier, riche de 80 000 hectares en zone nord de la Côte d'or et sud de la Haute-Marne, bénéficie du label de Parc naturel National. Je prends évidemment cet exemple par  affinité affective même si deux autres ensembles naturels viennent d'obtenir le même sésame. Un sésame justifié puisque ces territoires s'ajoutent à une liste prestigieuse qui comprend le superbe Parc des Ecrins ou le très exotique Parc de la Guadeloupe. En terre bourguignonne, les élus ont applaudi à tout rompre cette entrée inespérée dans la sphère des nominés. Le problème est ensuite: on en fait quoi? ça mérite une petite leçon de choses et un rappel de la charte des parcs. Première évidence qui laisse planer une ambiguité, le site doit bénéficier d'une totale protection. Dans notre cas, la protection est indéniable vu la  désaffection du public local pour son patrimoine forestier et naturel.  Même si je force le trait, la clause de la protection peut être une fâcheuse invitation à ne rien faire. On n'y touche pas et donc on la protège. Hier sera demain. Hormis les groupes de chasse, les quelques derniers acteurs de l'économie du bois et la discutable gestion du patrimoine par l'Office national des Forêts, peu de changements s'annoncent à l'horizon. Petite parenthèse sur l'ONF et ses services indispensables: le constat troublant est que l'Office ne doit sa survie dans l'espace forestier public qu'à la vente du bois qu'il effectue chaque année. Celle-ci représente un tiers de sa trésorerie et sans cet apport, nos surveillants des bons feuillus seraient aussi rares que les girolles au mois de septembre. Les précisions apportées par la charte des parcs sont essentielles pour clarifier le sens de la "protection". Elle "sera d'autant plus efficace et durable que les acteurs se l'approprient, et que les politiques de développement et les activités menées autour du coeur du Parc la favorisent". Le texte ajoute encore que le projet qui doit être partagé par tous, tient aux "solidarités écologiques et sociales entre le coeur protégé et sa région environnante". Autrement dit l'établissement public du parc devra avant tout travailler en partenariat indéfectible avec l'ensemble des chefs des communes. Version mousquetaire du tous pour un et un pour tous, aucune commune ne peut imaginer bénéficier d'intérêt particulier.  Les brebis gâleuses ont le droit de ne pas adhérer à la charte. Les exigences de la charte, variables d'un site à l'autre, sont pour les principales, transversales: une politique rigoureuse en matière d'urbanisme, de circulation et de publicité. Ensuite des programmes de développement sont à définir dans le cadre de la valorisation du monument naturel. Ils peuvent passer par un  tourisme durable. Trois Parcs nationaux ont signé la Charte Européenne du Tourisme durable: Mercantour, Cévennes et Guadeloupe. Il est durable car soucieux du patrimoine naturel et culturel. Il est viable économiquement sur le long terme et il répartit équitablement les retombées économiques. Un autre développement qui semble indiscutable passe par une éducation à l'environnement. Cette mission touche en premier lieu le jeune public. Plusieurs Parcs ont édifié un programme éducatif de qualité avec animations, opérations découvertes et cahiers pédagogiques. Les engagements étant de longue durée, 15 ans au minimum, les générations futures sont les principales cibles à mobiliser par la sensibilsation et les actions pédagogiques. Le Parc national des Pyrénées a signé une convention avec l'Inspection Académique et les enseignants en poste. Il s'agit entre autres de former les enseignants auprès des agents du Parc afin de connaître le terrain, les richesses du patrimoine et d'évaluer les sujets en relation avec le programme scolaire. Il va de soi encore que par cette émarche pédagogique, les enfants sont les porteurs de valeurs auprès des parents et des adultes.
Dans les nombreux avantages du Parc, qui en font aussi des difficultés de gestion, il y a un tourisme équilibré, responsable et dispersé. Aucune perspective de fréquentation massive n'est envisageable et cette règle nécessite qu'une cartographie de l'accueil potentiel soit élaborée et mise en adéquation avec les missions du Parc. Il s'agit donc ici d'une économie verte étalée et partagée par l'ensemble des acteurs de l'aire d'adhésion à la charte initiale.

Par Philippe BERTRAND - Publié dans : environnement
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Mercredi 4 novembre 2009 3 04 /11 /Nov /2009 18:45

Alain Houpert est un enfant de la campagne bourguignonne désertifiée et le fils de l’épicier d’un village gros comme une tête d’épingle sur la carte. L’adolescent poursuit ses études à Dijon soit à une quarantaine de kilomètres de distance avant de faire médecine comme le disent les parents fiers de savoir leur fils porter ultérieurement la blouse blanche qui témoigne de l’ascension sociale. Alain sera radiologue. Il l’est toujours, en cabinet d’associés dans la ville de ses études. Aujourd’hui il est maire de son village, Salives, 290 habitants alors que dix ans en arrière la population avait fondu au point d’atteindre péniblement 180 personnes. Entre les deux dates, Alain qui est resté attaché à sa terre natale, avait pris fait et cause pour un ancien donjon du XIème siècle qui menaçait ruine au cœur de la localité. En 1986, l’édifice se désarticule, perd la moitié de ses murs et se répand au sol dans une montagne de poussière. Etonnamment, il est seul à réagir. La municipalité de l’époque pense raser les vestiges qui tiennent encore debout pour en faire un parking. Le jeune médecin crée une association de sauvegarde et parvient à obtenir une somme de trois cent mille francs du Ministère de la Culture pour consolider les restes du donjon. Alain songe à une réhabilitation de ce patrimoine. Il passe deux ans à convaincre les habitants et prend le fauteuil de premier magistrat. C’est à nouveau le Ministère de la Culture qui lui accorde l’enveloppe nécessaire à la restauration. « L’effet de ce succès a permis à la population de prendre conscience que ne pas avoir d’argent en poche n’était pas une raison pour perdre tout espoir ». La deuxième étape consista à restaurer les remparts du village, soit un kilomètre et demi de vieilles pierres épaulées par un dizaine de tours. Les murs s’affaissent  et leur restauration nécessite des fonds importants. Alain frappe à toutes les portes, département, région, Etat, Europe. Il conservera la même stratégie opiniâtre par la suite. Il obtient à nouveau gain de cause et la dernière phase de reconstruction est en cours. La population est définitivement convaincue et les visiteurs se multiplient. Au cours de ces années de restauration de l’enceinte, Alain Houpert mène d’autres opérations de restructuration à commencer par un groupe de granges qu’il reconditionne en centre culturel. Le théâtre au cœur du dispositif est une magnifique salle de 250 places parrainée par Hubert-Felix Thiéfaine qui reçoit 25 spectacles par an sans compter des journées scolaires et des séances proposées aux hôpitaux et maisons de retraite. Le centre est géré par un directeur, un régisseur et deux intermittents du spectacle. Un office de tourisme ouvre ses portes, des logements communaux rénovés sont mis en location. Les loyers couvrent les emprunts contractés et les premiers néo-ruraux investissent le village. Pendant ce temps, Alain, monsieur le Maire, poursuit sa tournée des soutiens publics. Pire il s’attaque aux services fiscaux de l’Etat qui n’ont jamais honoré les taxes locales depuis 50 ans qu’est implanté sur un terrain communal un établissement du CEA (Commissariat à l’Energie Atomique). Il remporte une nouvelle victoire contre le géant nucléaire. Le village récupère une petite partie des taxes, le reste allant au canton et au département. Aujourd’hui la vie se reconstruit et les projets prennent de l’essor. Salives compte huit employés communaux à temps plein et Alain rêve encore. Cette fois il s’agit d’un centre médical  pour malades d’Alzheimer avec un potentiel d’accueil de 70 personnes. Plus récemment Alain Houpert a été élu sénateur et il assure que son nouveau mandat lui permettra de répandre les bonnes idées à sa circonscription.

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Par Philippe BERTRAND - Publié dans : Ceux qui font bouger la France
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Mercredi 4 novembre 2009 3 04 /11 /Nov /2009 18:37

Nous parvenons au détour d’une route départementale dans la plus petite capitale d’une culture contemporaine : Sainte Colombe en Auxois, 50 habitants. Ici se pressent depuis deux ans les designers les plus performants du moment. Pourtant l’historique du centre prend racine en 1986 lorsque se constitua l’association ARCADE, association de restauration du château du village. Vingt ans plus tard ARCADE s’est transformée en Atelier de Recherche en Création Artistique et en Design. Le maître d’œuvre est Alain Gislot, inspecteur d’Académie, débarqué de Paris un beau jour de l’année 1986. L’aventure démarre par un coup de cœur pour l’édifice principal du village malheureusement en triste état. Il s’agit d’un château du XVIIème siècle composé de trois corps de bâtiments autour d’une cour carrée. L’ensemble menace ruine et en accord avec les propriétaires Alain Gislot lance un projet de restauration afin de sauver l’édifice.  Dès les premiers travaux, Arcade organise des manifestations ponctuelles à caractère culturel. « C’était un travail de titan car le bâtiment menaçait de s’effondrer. Nous avons réhabilité l’ensemble avec des bénévoles et quelques salariés et ce grâce à des subventions publiques. En parallèle des chantiers de reconstruction, il y a toujours eu des événements de type concerts ou expositions au château et depuis 7 ou 8 ans nous avons caractérisé notre activité culturelle autour des métiers d’art et du design. Même si le terme de design fait encore un peu peur, il correspond néanmoins à tout ce qui nous entoure que ce soit du graphisme, de l’espace construit, des vêtements ou des objets de tous les jours. Et nous avons voulu à l’occasion de trois expositions annuelles faire se rencontrer les habitants de la région, des designers qui nous prêtent des pièces magnifiques et des scolaires. Nous choisissons un thème chaque année, la légèreté il y a deux ans, le design sous influence l’année dernière et cela nous permet de croiser les plus créatifs les plus importants comme Matali Crasset. Pour faciliter les rencontres nous invitons les gens du village quelques mois avant l’exposition à réfléchir au thème de l’année. Nous allons donc chez eux et nous faisons de très belles photos sur le thème. Cela peut être pour le thème la légèreté, la photographie de la fumée d’une pipe ou un pan de voile de mariée et ces photos sont exposées. Evidemment les gens viennent se voir d’abord et du même coup ils croisent nos designers. Les enfants sont également grandement impliqués dans cette aventure puisque nous avons des parcours pédagogiques, ce qui fait que nous avons maintenant un public converti à l’intérêt de notre travail ». Les actions menées par l’ARCADE sont d’autant plus convaincantes qu’elles s’inscrivent durablement dans le paysage local et régional. La meilleure illustration était donnée en avril 2008 avec une exposition de 45 tabourets de vacher conçus par des architectes designers sous le titre Botte-cul, sujet relevant d’une tradition locale d’élevage laitier, de même que la dernière manifestation de l’année en septembre, Made in Bourgogne, se consacrait en grande partie à des objets réalisés par des entreprises de Bourgogne.


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Publié dans : Ceux qui font bouger la France
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Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /Nov /2009 21:32
 


Avoir un projet d'installation et de production agricole aujourd'hui relève du défi à surmonter. Les coûts sont suffisamment élevés pour freiner les jeunes candidats. Certains territoires ont été annexés par l'agriculture conventionnelle à une époque où son extension signifiait sa survie. Enfin les banques sont de plus en plus réticentes à accompagner de nouveaux projets dont la viabilité est incertaine. Les chiffres qui résultent de cette situation et de la conjoncture sont éloquents: 66 000 hectares de surface agricole sont artificialisés chaque année en France de manière irréversible. Chaque semaine 200 fermes disparaissent de nos territoires! Le prix moyen d'un hectare de terre agricole a augmenté de près de 45% en 8 ans. Pour accabler le sort de ses surfaces potentiellement exploitables, l'Institut Français de l'Environnement, IFEN, a édité un rapport sur la contamination des eaux superficielles et souterraines. Ce rapport stipule que 91% des cours d'eaux mesurés et 55% des eaux souterraines analysées sont touchés par les pesticides.
L'alternative défendue par de plus en plus de nouveaux agriculteurs soucieux de leur espace de travail et de leur produit et par les jeunes candidats à l'installation est de pratiquer une méthode respectueuse de l'environnement et en accord avec la production biologique. Le premier Grenelle de l'environnement avait annoncé haut et fort que 6% de la surface agricole devait être cultivés en agriculture biologique d'ici  l'horizon 2012 pour atteindre 20% en 2020. Aujourd'hui la France compte 2% de sa surface agricole en bio et se range dans les bons derniers de l'union européenne.
Une solution a été soumise aux nouveaux candidats par le biais de l'épargne solidaire avec la foncière Terre de Liens et le fonds du même nom.  Créée à l'origine sous forme associative, terre de Liens est devenue en 2008 la première structure en France à offrir la possibilité aux citoyens d'épargner afin d'acquérir des terres et  de faciliter l'installation des paysans. L'intérêt du don est évidemment de permettre au donateur de bénéficier de réductions fiscales, mais aussi de participer au développement d'économies locales par le biais de l'agriculture bio dont les circuits de distribution demeurent eux aussi locaux. En octobre 2008, la Foncière terre de liens lançait un appel public à l'épargne et un an plus tard 3500 actionnaires avaient déjà répondu à cet appel  avec une épargne constituée de 7,5 millions d'euros. 20 fermes ont été acquises grâce à ce principe. 21 autres sont en cours d'acquisition et 50 paysans ont été installés ou maintenus dans leur activité.
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Par Philippe BERTRAND - Publié dans : agriculture
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