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Le complément des Carnets de Campagne diffusés sur France Inter sans impératif de temps ni d'espace et ouvert aux commentaires et contributions extérieures

09 Mar

Les loups sont aux portes de Paris...enfin, pas tout à fait.

Publié par Philippe BERTRAND  - Catégories :  #société

Sorti en salle mercredi dernier, nous avons vu pour vous le film documentaire de Jérôme Ségur : la gueule du loup. Un titre qui tend le piège qu’est l’insoluble question de la présence des loups en France et en particulier en Provence. Insoluble car le film n’apporte aucune réponse, mais il donne à suivre sur leurs terres les antis et les pros loups. La critique reconnaît facilement dans ce film des personnes aux attitudes pagnolesques, résultat de la contraction de la garrigue et de l’accent qui pointe, pour y entendre du Pagnol. Vision parisienne dirions-nous de ces paysans du sud. A l’inverse les éleveurs victimes du loup évoquent un malaise dont nous ne serons, nous étrangers à cette réalité-là, jamais capables de comprendre la profondeur. Autrement dit mieux vaut se taire et laisser faire la nature pour les pros ou laisser parler le fusil pour les antis. C’est en ce sens que le film ose montrer non pas le loup, mais les visages tendus et fait entendre des paroles parfois emportées. Fusil à l’épaule, Jean-Loup (c’est le hasard), éleveur dans les Alpes Maritimes, ne mâche pas ses mots et ne cache pas non plus ses intentions : tirer le prédateur. Certains baissent les bras et envisagent de vendre leur troupeau pour quitter ces espaces maudits. En face Manoël, un familier des bois de Haute-Loire où il va flairer et pister son ami le loup. Exclu par le voisinage pour ses prises de position et ses responsabilités dans l’association Alliance avec les loups, il évoque l’animal en poète. Les deux partis semblent se déchirer sur une légende. Du Gévaudan à la forêt de Fontainebleau, selon Bernard, éleveur en Haute-Marne, la bête ne va pas tarder à entrer dans Paris. Le plus embarrassant dans ce film est la permanence d’un face-à-face sans issue, capable même de faire basculer les engagements dont celui de Jean-Marc Moriceau, historien incontournable de la question du loup en France, qui se laisse en partie rattraper par la cause des éleveurs. Finalement, on ressort de ces séquences, avec un doute sur le nom du prédateur.

http://www.zed.fr/fr/cinema/distribution/catalogue/programme/la-gueule-du-loup

       Les loups sont aux portes de Paris...enfin, pas tout  à fait.
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