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Le complément des Carnets de Campagne diffusés sur France Inter sans impératif de temps ni d'espace et ouvert aux commentaires et contributions extérieures

29 Dec

Carnets d'Alsace

Publié par Philippe BERTRAND  - Catégories :  #Carnets d'Alsace

Willkommen in Eslsass, une région composée de ces deux seuls mais denses départements que sont le Bas-Rhin et le Haut-Rhin. Même si les surfaces agricoles et viticoles sont largement étendues sur le département du Bas-Rhin pour le prendre en exemple, l’activité économique bas-rhinoise est surtout concentrée sur le tertiaire qui emploie plus de 65% des actifs loin devant l’artisanat et l’industrie, 24% de l’emploi alors que l’agriculture ne concerne que 2 % de la part des bas-rhinois actifs. Le tourisme participe grandement à l’économie locale et régionale avec un parc hôtelier fort de plus de 3200 hôtels. On n’oublie que par sa situation géographique, le bas-Rhin voit quotidiennement 30 000 personnes traverser le Rhin pour travailler in Deutschland. Nous apprendrons en comparaison que ce sont également 30 000 lorrains qui se déplacent chez les voisins luxembourgeois entre autres  pour rejoindre leur lieu de travail. Reste dans le fleuron des entreprises alsaciennes, une des plus prestigieuses marques automobiles au monde, une des plus chères et des plus rapides aussi, puisqu’il s’agit de Bugatti. Bugatti créée en 1909 a son siège social à Molsheim-Dorlisheim. Né d’une famille italienne d’artistes, Ettore Bugatti fonde son entreprise à l’ouest de Strasbourg dans une Alsace-germanique en décembre 1909. Dès l’année suivante les premiers modèles font fureur (si vous me permettez cette expression dans ce contexte d’une Allemagne pré-nazie) et Bugatti va enchaîner les modèles révolutionnaires qui eux-mêmes vont cumuler un nombre croissant de victoires en course. Jean Bugatti, fils d’Ettore décède prématurément et la guerre achève la production alsacienne. Lorsque Ettore Bugatti  décède en 1966, il affiche au compteur (ah, ah) 1000 brevets et 10 000 victoires en course (record jamais égalé) durant les 37 premières années de production des voitures de légende. Roland fils cadet d’Ettore tentera vainement de relancer la marque avant le rachat par Hispano Suiza. Bugatti est annexée et le mythe a pris un coup dans le pare-choc( c’est pour éviter de dire un coup dans l’aile). La première renaissance se fait en 87 lorsqu’un entrepreneur italien rachète la licence pour fabriquer en 91 la Bugatti EB 110 ( pour le 110 ème anniversaire de la naissance du créateur). 5 ans plus tard seuls 139 exemplaires seront vendus. Bugatti Automobili fait faillite. Le seconde renaissance s’opère avec le rachat de la marque par le groupe Volkswagen AG en 98 qui commercialise une bombe : la Bugatti veyron : 16 cylindres, 64 soupapes, 8 litres, 1001 chevaux, 407 km/h, boîte séquentielle à 7 rapports et un prix  de 100m2 dans le 7ème arrondissement de Paris. Certains trouveront scandaleux le prix et la vitesse.  Les interdits n’empêchent pas de rêver. D’autant que tout part du Bas-Rhin, quand même.

 

                                                     

 

       Quelques télégrammes

 

 

Comme je vous sais avides de bonnes nouvelles, je vais vous résumer la petite histoire pas insignifiante de Paul Landowski. Bien que cadre, le sieur Paul fut touché par le chômage. 49 ans,  l’âge idéal pour fréquenter les galères. De CDD en rechutes, Paul eut l’idée de mettre son expérience au service des autres. L’idée simple et donc bonne était de mettre en contact entreprises et candidats à l’emploi dans un cadre public et convivial afin de faciliter les échanges et la liberté de parole. Il choisit donc un espace public, un café-brasserie de Strasbourg, crée un agenda de contacts et réalise le premier « Café contact emploi ». Un nouveau concept était né. Le succès fut immédiat et le principe porté à une fréquence mensuelle à Strasbourg, mais aussi à Bourg en Bresse ou à Paris. Une association, « Café contact » créée en juillet 2007 prend en charge ce qui est désormais une marque déposée. Le registre des entreprises adhérentes gonfle à vue d’œil, les cafés contact emplois  se multiplient et un portail accueille l’ensemble des intéressés. Récemment Paul Landowski inaugurait un autre lieu : le TGV. Baptisé IDTGV-Café contact emploi, les rencontres se sont réalisées à bord du TGV-Est.  Les intentions de l’association se renforcent aujourd’hui par sa présence et ses actions avec toujours à l’esprit de démystifier les rendez-vous en les transportant dans un cadre convivial et de façon informelle. Le tableau des emplois s’affiche sur le site www.cafecontactemploi.fr.

 

 

Welcome

L’Alsace dépasse les frontières pour s’exporter depuis longtemps aux Etats-Unis. Ilustration avec l’Union alsacienne of New-York. Yes, indeed. And What else ? comme le demande le beau Georges. Et bien, la présidente de l’union de passage dans sa région natale a pu rappeler les motifs lointains de cette association, en effet l’union alsacienne of New-York a été créée en 1871 et rassemble les Alsaciens de la côte est ainsi que les américains d’origine alsacienne. Cette union joue le rôle de bureau d’accueil des nouveaux venus et accompagnent ceux-ci dans leur intégration à la société américaine ou dans le cadre d’un séjour événementiel. Au-delà de l’anecdote, il ne faut pas oublier que l’Alsace prise dans les tourmentes économiques à l’image d’un grand nombre de pays de l’Europe centrale au 19ème siècle alimentera grandement les foules de migrants vers le pays de la liberté, de même qu’une importante population juive partira vers le paradis américain. Il n’empêche qu’avant cette période on trouve des alsaciens embarqués sur des navires à destination des exploitations de Louisiane, ceux-ci prenant la suite d’une population noire soumise à l’esclavage. Si vous êtes curieux de mieux connaître cette étrange union, le site référent est a www.alsace-newyork.com

 

 

  Kultur!

Pandora, dans mes souvenirs, reste le titre d’un film légendaire sur un mythe ou inversement. Tourné en 1951 par Albert Lewin ce film narre la rencontre impossible (tout comme l’amour ) entre une femme, sorte de Vénus tombée sur terre, et  le hollandais volant voué à errer éternellement de mers en océans sur son vaisseau fantôme. Pandora, c’est Ava Gardner, divine dans cette version couleur  et le condamné à l’errance est interprété par le très mystérieux James Mason. C’est par ce film monument qu’Ava, qui plait toujours autant à Alain  Souchon (il a bon goût le garçon), va découvrir l’Europe pour finalement s’installer en Espagne. Or je connais une autre Pandora, incarnée par Dominique Guibbert qui a donné ce nom de muse à sa compagnie théâtrale implantée à Colmar. La particularité de Pandora La Compagnie est de travailler à partir d’un collectage de témoignages et de paroles publiques sur des thèmes qui bousculent les idées : Le dernier spectacle s’intitulait « le crabe et moi », fruit d’échanges avec des personnes atteintes d’un cancer, des médecins et des infirmiers. La nouvelle création « sur le fil » est le résultat d’une recherche de paroles d’ouvriers des usines textiles de la vallée dont certaines ferment leurs portes. Dominique Guibbert préparera ensuite un autre récit sur les populations nomades sédentarisées en Alsace et ce travail correspondra comme par hasard à l’anniversaire du centenaire de Django Rheinhardt. La dame Dominique-Pandora fait des choses remarquables, mais si elle reçoit l’estime du public, les directeurs de salle sont bien plus frileux à la programmer. A croire que les artistes qui se veulent passeurs de paroles sont plus embarrassants que les autres. C’est vrai que c’est moins vendeur. Tant pis pour eux, mais dommage pour nous. Alors aux curieux, le site de Dominique est à cette adresse : logohiero.jpgmpagnie.free.

 


 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Outre un méga-Zénith, la ville de Strasbourg propose une offre culturelle conséquente dont celui d’un espace pluridisciplinaire impressionnant: la Laiterie. « La scène la plus éclectique, cosmopolite, métissée de France, dont la programmation a le goût du risque et de l’innovation ». Pas moins. Il y a 20 ans la laiterie était encore en activité. Elle a conservé son fond brut pour accueillir depuis plus de 10 ans 2500 spectacles dont Marianne Faithfull, Placebo, John Cale, Herbie Hancock ou encore Compay Segundo. Pour satisfaire un public éclectique et longtemps frustré par l’absence d'une salle de concert digne de ce nom, Thierry  Danet, patron de la laiterie, organise des soirées de musiques électro (baptisées Ohm Sweet Ohm) et depuis un festival de référence en matière d’électro, les nuits de l’Ososphère ainsi qu’en avril le festival des artefacts, le tout dans le quartier de la laiterie.

www.laiterie.artefact.org

 

 

 

Strasbourg tourne à droite. N’y voyez pas un  signe politique avant-coureur mais un signe coureur tout simplement. Coureur cycliste. Strasbourg est en effet une des villes les fournies en vélos et en cyclistes. Ils sont 100 000 à pédaler (et pas uniquement dans la choucroute). Or la ville expérimente ce qui devrait s’appliquer ensuite aux pédaleurs du jambon beurre parisien et à ceux de la rosette de Lyon, à savoir la possibilité de tourner à droite au feu rouge. A gauche c’est impossible puisque vous coupez la route au sens opposé. [C’est fou comme le vélo peut enchaîner les métaphores politiques !!!! Chers Français, la France présente des difficultés à tourner à gauche car elle barre la route à la voie opposée et risque de se faire écraser] Donc sous certaines conditions les cyclistes arrêtés au feu rouge pourront poursuivre leur chemin à droite et continuer sur cette voie. Cet aménagement devrait faciliter les déplacements et permettre un gain de temps supplémentaire. La seule restriction sera de respecter la priorité accordée aux piétons. La Belgique pratique déjà le tourner à droite (politiquement, vous avez vu le résultat, les roues sont un peu wallées…)

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