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Le complément des Carnets de Campagne diffusés sur France Inter sans impératif de temps ni d'espace et ouvert aux commentaires et contributions extérieures

10 Feb

Carnets de Basse-Normandie

Publié par Philippe BERTRAND  - Catégories :  #Carnets de Basse-Normandie

 

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Calvados

 

 

Drôle de région à double face la Basse-Normandie à l’ouest et la Haute à L’est. Caen face à Rouen. Le marquage administratif a encore du mal à passer dans l’esprit de certains et même auprès de plus en plus de personnes. La Basse-Normandie, région créée en 1956 comprend le Calvados, la Manche et l’Orne. Première focal sur le Calvados. Caen donc en préfecture et ses sous-préfectures de Bayeux, Lisieux, Vire. Le Calvados et ses pays qui favorisent un tourisme rural de plus en plus prononcé entre le Bessin et le bocage Virois, la plaine de Caen au centre et le pays d’Auge à l’est du département. Rural et agricole, élevage et transformation laitière (la ribambelle de fromages, dans les auberges de campagne d’antan, on disait la farandole des fromages, à coup sûr présentée sur un chariot à roulette poussé par une jeune serveuse déjà fatiguée). Les boissons qui délient les langues évidemment.  La pomme et encore la pomme. L’économie du département passe également par l’automobile, PSA, les poids lourds Renault et un peu plus dorénavant vers les nouvelles technologies parce qu’il faut vivre avec son temps. Enfin ses côtes de nacre et côte fleurie, et l’éternel rictus de la mort dans le déluge du 6 juin 44. Les musées se sont multipliés, les monuments aussi, sorte de totems qui défient la mer et l’histoire. Des bunkers dont le béton s’assombrit comme un voile de l’histoire en deuil. Les caissons de l’ancien Port Winston à Arromanches, ou ces cimetières aux croix obsessionnellement alignées. Colleville, 9386 tombes américaines, La Cambe, 21 160 tombes allemandes, Bretteville sur Laize, 2959 tombes canadiennes ou Bayeux et ses 4868 tombes britanniques et les milliers d’autres qui narguent la mer. «  Elles racontent simplement l’histoire de gosses de 17 ou 18 ans, venus avec leurs frères à peine plus âgés, ou leurs pères…mourir dans ce déluge de feu et d’acier, au cours d’une belle saison de 1944 ». Dominique Gros, « se souvenir de la Normandie » aux éditions le vent qui passe). La belle saison commença très tôt, dès 1860 à Deauville avec le premier train en provenance de Paris et le présage du duc de Morny de créer ici une fabuleuse station balnéaire, mais vous connaissez certainement l’histoire.

 


 

 

 

Télégrammes

 

 

 

 

Le Calvados, c’est Caen, mais c’est aussi Bayeux et qui dit Bayeux pense tapisserie. A l’origine la fameuse tapisserie de Bayeux est une broderie a priori confectionnée en Angleterre vers 1066. Extraordinaire pour sa dimension, 70 mètres, et surtout incroyablement bavarde puisqu’elle décrit les faits et gestes de ce XI ème siècle en effervescence avec la conquête de l’Angleterre menée par Guillaume, duc de Normandie, plus connu sous le nom de Guillaume le Conquérant. L’ouvrage remarquable est classé mémoire du Monde par l’Unesco et bénéficie d’un musée qui lui est dédié. Ce musée totalement remodelé présente une histoire de la tapisserie et des techniques employées et accueille en ce moment une exposition unique en France sur les Traces des Vikings en partenariat avec le Musée national du Danemark. Comme cet héritage viking est important dans la Tapisserie, de nombreux objets sont mis en correspondance avec elle, des maquettes de navire à l’armement en passant par les objets religieux. Cette exposition est à voir jusqu’au 2 mai au musée de Bayeux. Dans le cadre de cette manifestation un colloque est organisé samedi et dimanche sur le thème des chroniques vikings à travers la tapisserie. Si vous désirez des informations plus détai

llées, allez sur le site du musée à www.tapisserie-bayeux.fr.

 

 

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Il est bon de saluer le travail des institutions lorsque cela s’impose. En l’occurrence ici, je souhaite rapporter la très bonne idée de programmation de spectacles en milieu rural gérée par l’office départemental d’action culturelle du Calvados. L’office qui dépend du Conseil général met au point une vraie saison culturelle. Le département qui met un million d’euros sur la table (ne confondez pas avec 221 millions sur le Tapie) garantit ainsi la diffusion des artistes y compris dans les zones éloignées des centres culturels. Cette année, s’ouvre la 27ème saison avec 40 créations qui vont tourner jusqu’en mai sur les territoires périurbains et ruraux : au programme de la danse contemporaine avec la compagnie de Sophie Quénon, du théâtre récit avec Rachid Bouali, des concerts reggae avec Fady mélo, du théâtre avec le Panta théâtre dans une création de Frédéric Sonntag ou encore de la chanson tango avec Chica Milonga. Ça a le mérite d’être de qualité sans être prétentieux à l’égard des oubliés du spectacle. A voir pour le détail, sur le site du département à www.cg14.fr/culture/odacc

 

 

 

 

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Nous sommes en banlieue caennaise, à Mondeville, 10 000 habitants et un centre commercial fréquenté par les normands qui débarquent à la sortie du boulot. Vue d‘avion la ville n’est pas folichonne, immeubles au carré et bâtiments de cité ouvrière. C’est précisément dans cette cité et dans son ancien cinéma qu’une équipe de bénévoles a créé une salle de spectacles rarissime.  L’entrée du lieu aurait de quoi séduire un Eddy Mitchell, nostalgique des salles de quartier, l’intérieur possède tout ce qu’un théâtre moderne doit posséder. Passée la première saison  en accrochant un public peu habitué à ce genre d’animation, la Renaissance qui porte bien son nom, entame une seconde année avec un excellent programme : jugez plutôt, le quartet de trompettiste Eric Truffaz, le cuarteto Cedron, Lo’JO ou l’ensemble de Basse-Normandie qui intervient en invité récurrent de la saison sans oublier les artistes en résidence. Surtout la renaissance en accord avec la caisse d’allocations familiales propose des avantages aux plus défavorisés, histoire de rappeler que la culture appartient à tout le monde. www.larenaissance-mondeville.fr

 

 

 

 

 

La Manche

 

 

Question rituelle qui fait débat sur certains lieux : comment appelle-t-on les habitants de la Manche ? D’abord très fort par les jours de grand vent sinon deux options sont possibles. Les Manchots, version très terroir ou les Manchois, version plus contrôlée et plus policée. Une version rurale et une autre employée par l’administration et, diront les mauvaises langues, influencée par l’Etat centralisé. Rurale, le département l’est éminemment, 52% de la population vit dans les campagnes contre 20% sur la moyenne nationale. Cette population progresse peu avec ses 490 000 habitants dont près d’un dixième concentré autour de Cherbourg Octeville et ce, bien devant la préfecture de Saint-Lô qui plafonne à 23 000 habitants. La Manche, bras de terre ou grande presqu’île avec ses 350 km de côtes depuis le Mont Saint-Michel à l’extrême sud jusqu’à l’extrême nord avec la Hague. Je sais que le nom est toujours associé au centre de retraitement des déchets nucléaires mais il fait partie des principaux pourvoyeurs d’emplois du nord Cotentin avec le premier dans l’ordre chronologique qu’est l’arsenal de Cherbourg, maintenant DCN, direction des constructions navales spécialisés dans les sous-marins nucléaires dont le dernier né est le Terrible qui porte bien son nom. A côté de ces lieux il faut mentionner encore le centre de stockage des déchets de l’Andra et la fameuse centrale de Flamanville.  Si vous faites pipi bleu, comme le disait Alex Métayer, il ne faudra pas vous étonner. De fait entre le sud Contentin moins favorisé par l’Etat et le nord du département il y a toujours existé un clivage économique évident et même historique à l’image port militaire de Cherbourg créé par Louis XVI. Il n’en demeure pas moins que l’économie agricole est prépondérante avec ses 15 000 exploitations qui font de la Manche le premier département agricole français.

 

 

Télégrammes

 

 

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La manche, musicale à commencer par un festival événement soutenu par notre maison depuis ses débuts et défendu encore davantage désormais par France Inter. Il s’agit de jazz sous les pommiers à Coutances. La double originalité de l’événement est de ne pas attendre l’été pour faire chanter ses saxophones et d’avoir gagné une vraie légitimité dans le tissu local et sur ce territoire.  Le principe du festival était non seulement dès le début de ses 27 ans d’existence de s’ouvrir à toutes les formes du jazz français, américain et  européen, mais aussi de croiser cette musique avec d’autres disciplines, théâtre, BD, chanson française ou même cirque. La 27ème formule de jazz sous les pommiers aura lieu du 26 avril au 6 mai avec un hommage à Coltrane par le trio de Christian Vander et le saxophoniste Ricky Ford ou un salut à Stéphane Grappelli par le quintet de Florin Niculescu, sans oublier le concert de piano solo de Jacky Terrasson, les diables de Tinariwen, Martial Solal, Wayne Shorter, (Keziah Jones affiche déjà complet) ou encore Mick Stern Band accompagné de Dave Weckl.  Pour l’anecdote, Andy Sheppard a suggéré de créer une méga fanfare de saxophones, il en faut 200. Certains pupitres sont encore vacants. Avis aux souffleurs inspirés sur www.jazzsouslespommiers.com.

 

 

 

E la nave va

 

 

Parmi les gens de bien il y a même des gendarmes, en tout cas au moins un nous intéresse, car il est à Cherbourg et associe sa passion des vieux gréements au service des jeunes en difficulté : Gérard Bourdet. Originaire de Tocqueville dans la Manche et passionné de voyage, (je ne sais pas si à Tocqueville on rêve plus particulièrement des Amériques), Gérard entre à l’école des  Mousses à 14 ans. Deux ans de tour du monde dans la marine marchande, puis le concours de la Gendarmerie. En parallèle la passion de la mer pousse l’homme au képi à naviguer sur de vieux gréements et à mettre ces bateaux d’un autre temps au service d’handicapés mentaux. L’association «  voiles écarlates » voit ainsi le jour en 97. Poussé à la présidence de son groupe en 2000, notre gendarme bienveillant a l’idée d’ouvrir la navigation aux jeunes délinquants, histoire de proposer une alternative originale à la prison. Un premier séjour d’une semaine est réalisé en 2003 à bord de Croix du Sud III, ce dundee langoustier fabriqué dans les années 30 devient cette année-là propriété de la ville. Depuis 3 gréements participent aux projets de réinsertion des personnes en difficulté lorsqu’ils n’emportent pas au large des habitants de quartiers ou des associations caritatives. Le site est www.voiles-ecarlates.fr

 

 

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Les sentiers de la mémoire œuvrent depuis 2004, année de leur création, à responsabiliser les lycéens et jeunes du pays de Coutances autour des grandes tragédies de l’histoire du siècle dernier. Le premier acte aura été la visite de lieux emblématiques de la déportation suivie de journées d’études. Après trois années de séjours, l’association a instauré le principe de « semaines de la mémoire » en 2008. La première édition avait permis de confronter l’expérience de témoins juifs, khmers et tutsis. L’édition de 2009 de la semaine de la mémoire a pris encore plus d’ampleur avec 11 témoignages devant un parterre d’historiens et de réalisateurs de films, 5 conférences, 4 expositions et une pièce de théâtre. En fin chaque séjour et événement commémoratif donne lieu à la création par les jeunes eux-mêmes d’un film documentaire. D’année en année le nombre d’adhérents est renouvelé avec les fins de cycles des lycéens et ils sont donc une centaine environ à s’investir en permanence sur cette mémoire. Ces actions sont évidemment saluées et soutenues par l’académie de Caen et l’adresse directe pour suivre les jeunes est www.sentiersdelamemoire.org

 

 

 

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La Manche, territoire d’expression est né en 2008 dans la tête de rédacteurs et photographes amoureux de leur département. Drôle de formule qui paraît sous le principe saisonnier de 2 numéros par an (un numéro pour la saison estivale et un second pour la version hivernale. Il est gratuit et se veut à contenu pluriel même si le fond culturel domine l’ensemble des pages. On peut s’arrêter à un beau portrait de Jules Barbey d’Aurevilly, écrivain manchois dont la plume vive et caustique a secoué les ridicules, comme il les appelait, de son 19ème siècle. L’année 2008 avait d’ailleurs été marquée par des célébrations autour du bicentenaire de sa naissance. Parfois le magazine s’engage dans des pages dites patrimoine où ressortent des dossiers tel celui consacré aux charpentiers de marine. Et puis chaque numéro s’ouvre avec un questionnaire type, très normand : exemple êtes-vous manches longues ou manches courtes, Montparnasse ou saint Lazare, mayo ou vinaigrette, amour vache ou cheval d’orgueil ou encore havre ou embarcadère. Ça donne des réponses plutôt originales de la part de la caennaise Léa Drucker et du granvillais Jacques Gamblin. Le siège du magazine est à Saint-Lô à l’agence Com-Manche (nom bien trouvé) et est déposé dans les mairies, offices de tourisme, théâtres, salles de concerts et médiathèques). Si vous voulez vous faire une idée sur la qualité du produit, le lien est à www.territoiredexpression.com (toutefois le chargement des numéros est plutôt fastidieux et le rock immuable qui accompagne les lectures très pesant à la longue).

 

 

 

 

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Encore un lieu exceptionnel : le scriptorial d’Avranches, comprenez un musée de l’écrit dans la Manche. Construit à l’intérieur des fortifications médiévales de la ville, ce musée très contemporain dans sa conception a ouvert ses portes il y a un peu moins de 2 ans. Le principal fond du scriptorial repose sur les manuscrits du Mont-saint-michel réalisés par les moines bénédictins. Près de 200 manuscrits historiques y figurent, manuscrits dont la ville d’Avranches est dépositaire depuis la révolution. Mais le musée donne à voir et à comprendre les techniques de fabrication de ce patrimoine millénaire. En parallèle le scriptorial met sur pied des expositions temporaires dont depuis peu celle consacrée à la calligraphie arabe contemporaine avec Hassan Massoudy, cette exposition est assortie de rencontres et d’ateliers avec le calligraphe. En outre l’école d’arts plastiques se joint au scriptorial pour animer des ateliers trimestriels dont actuellement des approches de l’enluminure à destination des scolaires et des adultes. Un petit clic suffit pour entrer dans le monde de l’écrit à www.scriptorial.fr

 

 

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Thomas est écrivain et s’amuse à tricoter des nouvelles sur le Net qu’il met en ligne sur le principe d’une écriture en 30 jours, autrement dit une nouvelle par mois et une des dernières met en scène vos serviteurs des carnets et du jeu des 1000 euros dans une histoire romanesque à souhait. Parmi les propositions de Thomas figure cette initiative lancée à Granville et baptisée Freecycle. Ici pas de vélib normand, mais un service gratuit via le net afin de recycler les objets dont vous vous voulez vous débarrasser. Les uns donnent et d’autres récupèrent. Si vous cherchez un objet particulier, vous pouvez déposer sur le site de freecycle une requête. Une autre façon d’alléger les décharges et déchetteries municipales et de redonner vie à un vieux meuble jadis encombrant, précisent les intéressés. Ce qu’ils oublient de mentionner et on ne leur en tiendra pas rigueur, c’est que freecycle est une sorte d’anti ebay  gratuit de proximité et à vertu sociale. Le principe est en effet international et les groupes se sont développés en France à commencer par la Basse-Normandie qui a un site à Vire, un autre au Torigni sur Vire et un troisième à Caen, hormis celui de Granville bien sûr. Le slogan du réseau est « don après don changeons le monde ». L’adresse du site est http://fr.freecycle.org et puis pour le clin d’œil à Thomas et à ses nouvelles, le lien apparaîtra à notre page : http://thomsbooks.jimdo.com/

 

 

 

Coutances, encore.

 

 

Un théâtre, ici en l’occurrence municipal, n’est pas une place forte culturelle recroquevillée sur elle-même. Je pense très précisément au théâtre municipal de Coutances qui est une scène conventionnée aux multiples partenariats, avec les groupements scolaires évidemment, avec le centre hospitalier de la ville, mais aussi avec la maison d’arrêt de Coutances (Par exemple, ici 5 spectacles issus de la programmation sont donnés dans l’enceinte de la prison et dorénavant le théâtre (le TMC) introduit derrière les barreaux des ateliers d’écriture et des ateliers artistiques (il y a même des ateliers arts de la rue, beau paradoxe pour des gens qui vivent dans des cellules). La programmation du TMC est tout cas de très facture avec un facteur musique important et jazz de qualité (normal avec le jazz sous les pommiers dont le festival fin mai 2011 soufflera ses 30 bougies) : ça donne Andy Sheppard, Louis Winsberg ou le quintet de Daniel Mille avec Dédé Ceccarelli.  Rufus, Antoine de Caunes, Tété, Jeanne Cherhal ou encore les voix des arts florissants (qui siègent à Caen) seront également de la partie. www.theatre-coutances.com

 

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La «  Cie Dodeka » en résidence au TMC (théâtre municipal. De Coutances) est devenue depuis son installation en Normandie en 2007 un important agitateur culturel du territoire manchois. Porté autant vers l’écriture contemporaine que classique Dodeka est composé d’un noyau de 5 artistes permanents et d’une petite foule d’artistes associés, les effectifs variant en fonction des créations et des besoins, entre autres des ateliers et des stages pratiques de théâtre qui sont assurés dans l’espace de la Cie à saint Pierre de Coutances baptisé « sous les pylônes ». Il faut sans doute comprendre que le travail est sous haute tension à cet endroit. La Cie dans sa version école de théâtre assure également des séances de pratique amateur avec les collégiens et lycéens de Coutances et elle a même mis au point des écoles du spectateur à Granville et des classes d’acteur à cherbourg. La compagnie présentera sa nouvelle saison le 24 septembre.  La troupe a un  site dans lequel vous pouvez faire vos provisions de sorties et d’idées : www.cie-dodeka.fr

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C’est l’histoire d’un comédien Halim, 20 ans de tournée, d’ateliers avignonnais et de mise en scène. En tournée Halim, le comédien, passionné de gastronomie, cuisinait toujours pour la troupe. Du coup, en 99, il passe un cap cuisine. En 2004, il franchit le pas, abandonne l’intermittence spectaculaire et les planches pour s’oser au bistrot restaurant de pays. Le hasard le pousse lui et sa femme Brigitte, à s’arrêter à Saint-Georges de Rouelley dans la Manche. Nous sommes dans le sud du département dans la circonscription d’Avranches, zone dite de revitalisation rurale. Le maire de Saint Georges soutient le couple (ça aide) et après réfection, « le goût des autres » ouvre ses portes. On commence par accueillir les paysans du coin, les maraîchers bio et les jardiniers verts de plus en plus nombreux. Un réseau se constitue qui va permettre d’approvisionner l’établissement. En 2006 le goût des autres devient café repaire de la famille des cafés de « là-bas si j’y suis ». On mène les débats, échange et construit.  Une subvention émanant des services de développement territorial du conseil régional conforte la petite entreprise. Une association, « une histoire de Bernaches » y officialise son siège : concerts, expos, cafés littéraire, le goût des autres nourrit l’esprit et depuis peu, l’ancienne place du marché située à l’arrière du bistrot-resto vient d’être transformée en cinéma de plein air. Le lien utile est celui de l’association : http://une-histoire-de-bernaches.blog4ever.com

 

Pour l’origine de bernache, vous avez le choix entre cette oie sauvage connue sous le nom de outarde (elle ne monte pas au nez, celle-là) et ce mout de raisin qui peut éventuellement se goûter après les vendanges (c’est très sucré et assez peu digeste au-delà de deux verres !!!)

 

 

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Impossible de conclure ou de faire un bilan puisque nous ne pointons que quelques réalités parmi de nombreuses autres. Toutefois à titre indicatif je souhaite insister sur un réseau national indispensable aujourd’hui au développement des économies locales d’autant qu’une antenne existe à Cherbourg depuis bien longtemps. Il s’agit d’une pépinière d’entreprises. A l’origine en 1987, un groupe de personnes motivées par le développement économique du Nord Cotentin, décidèrent de s’associer sous le nom de Sygma Energies 50. Conçue comme une pépinière d’entreprises cette structure, comme ses homologues, a pour but d’accueillir, accompagner et suivre les projets de créations jusqu’à leur réalisation et implantation en tant qu’entreprises sur le territoire. L’intérêt de ces structures est ne privilégier aucune clientèle et donc d’être aussi attentive aux chômeurs qui veulent rebondir qu’aux salariés portés vers un projet de travail nouveau. Chacun doit avoir sa chance. Pour ce faire l’association de Cherbourg a mis au point des outils spécifiques comme l’écrit Pascal dans sa longue lettre : exemple avec un incubateur de micro projet qui permet de soutenir les personnes parfois les plus éloignées de l’emploi avec la possibilité de financer l’amorçage des projets avec des personnes en interdiction bancaire ou écrasée par les dettes. Egalement une couveuse d’activité devrait bientôt voir le jour afin cette fois de tester en grandeur réelle la faisabilité du projet. Une pépinière est aussi un lieu en dur qui permet, aux petits porteurs de profiter d’un espace de travail et d’un bureau. Pascal conclue que la réussite d’une telle organisation se confirme par la cohabitation des candidats issus d’horizons très différents. La pépinière Cherbourg Cotentin est dans la Zone Franche Urbaine de Cherbourg et est à contacter via le site général à www.pepiniere-entreprises.com.

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