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Le complément des Carnets de Campagne diffusés sur France Inter sans impératif de temps ni d'espace et ouvert aux commentaires et contributions extérieures

15 Dec

Cocagne: des jardins d'insertion

Publié par Philippe BERTRAND  - Catégories :  #économie

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S'il fallait attribuer des prix du bons sens, de la qualité et de l'innovation sociale, il va sans dire que le réseau Cocagne obtiendrait le premier prix. En matière de production maraîchère certifiée bio répondant à une demande de proximité, il existe deux groupements majeurs en France: les Amap, association pour le maintien d'une agriculture paysanne, mouvement apparu au Japon dans les années 60-70 et adopté en France en 1991 à Ollioules dans le Var pour la première structure de ce type, et les Jardins de Cocagne. Les "Cocagne" sont lancés par un personnage hors pair, entrepreneur social très convaincant qui dirige alors au début des années 90 un centre d'hébergement près de Besançon: Jean-Guy Henckel. Vf d'esprit, rompu aux questions d'emploi de proximité et d'engagement solidaire, Jean-Guy a l'idée en 1991 d'un chantier d'insertion reposant sur la production de légumes biologiques dont la distribution s'opère sous forme de paniers hebdomadaires à des adhérents de l'association. Pas étonnant que le réseau Cocagne et la fédération des Amap voient le jour au même moment sur des principes similaires. Le plus du réseau des jardins de Cocagne est de répondre à une problématique de retour à l'emploi en assurant un accompagnement individualisé des personnes en insertion. Henckel passe pour un doux rêveur à  la création du réseau et pourtant le bilan est aujourd'hui révélateur de la pertinence du processus: 17 000 familles sont adhérentes d'un  des 100 jardins de Cocagne en France. Le réseau compte 500 salariés soutenus par un millier de bénévoles et ce sont près de 3000 jardiniers en contrat d'insertion qui profitent de ce tremplin chaque année. la majorité des jardins ont un statut associatif sans but lucratif et s'apparentent à ces Ateliers et Chantiers d'Insertion (ACI). Les bénéficiaires de ce service socio-professionnel sont des allocataires des minimas sociaux, des personnes sans revenus ou sans domicile ou encore des chômeurs de longue durée et surtout les fonctions qui leur sont proposées au sein des jardins ne se résument pas à la seule culture maraîchère, mais elles recouvrent l'entretien du matériel, le contact avec les adhérents, la gestion des structures, les chantiers environnement, les animations à destination des enfants et la vente des produits bio. Les salariés professionnels assurent l'encadrement des personnes en insertion autour des cinq fonctions de l'administration, du secrétariat et de la gestion, du travail technique, de l'animation du réseau des adhérents et de l'accompagnement professionnel.

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