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Le complément des Carnets de Campagne diffusés sur France Inter sans impératif de temps ni d'espace et ouvert aux commentaires et contributions extérieures

06 Feb

La vie de(s) château(x)

Publié par Philippe BERTRAND  - Catégories :  #politique

Le dernier numéro de l'Express (4 au 10 février 2010) sous le titre de "chefs-d'oeuvre en péril" étale les déconvenues de la gestion des monuments du patrimoine d'Etat dont un article du projet de loi des finances 2010 reconsidère le fonctionnement. Cet article 52 parachuté en novembre 2009 sur la table des députés et des sénateurs sans que ceux-ci n'y soient préparés, préconise que l'Etat cèderait aux collectivités qui en émettraient, le souhait la gestion des monuments nationaux afférant à leurs territoires. D'une certaine manière, faute de moyens et d'objectifs, l'Etat qui a d'autres chats à fouetter, voudrait alléger ses charges en cédant ce patrimoine lourd à porter. à des collectivités concernées. A chacun ses responsabilités d'une certaine manière. Plusieurs problèmes ressortent de ce raisonnement: le premier est de ne pas voir plus loin que le bout de son nez. C'est une habitude très moderne de ne jamais trop anticiper. C'est un tort car pour un euro dépensé sur un grand patrimoine bien géré, celui-ci en rapporte en moyenne vingt fois plus. Le deuxième problème relève de la décision des collectivités qui peuvent le cas échéant se débarraser du dit château ou autre monastère en le vendant au plus offrant. Pourquoi pas le Mont Saint-Michel à un émirat, ajoute le magazine de façon un peu caricaturale. Nous n'en sommes pas tout à fait rendus à cet état. Le troisième problème est autant lié à la stupeur du fonctionnement du Centre des monuments nationaux qu'aux compétences et capacités financières des régions ou départements. De fait, comme le remarque encore l'Express, les collectivités possèdent déjà un patrimoine conséquent tel la saline d'Arc-et-Senans qui revient au département du Doubs ou le théâtre antique d'Orange à celui du Vaucluse. Concernant le  CMN dont la présidente est  Isabelle Lemesle, jadis appelée Madame sans-Gêne pour sa direction calamiteuse du Quay Branly (*), celui-ci possède un budget qui a fondu avec la banquise. Il suffit de voir ses rapports de subventions annuels pour prendre peur. Son site est à l'image du délabrement. Les textes ne sont même pas justifiés et les données plus que maladroites, générales et surtout peu attractives. Un comble pour un pays dont le premier budget est le tourisme et dont le fond patrimonial est unique dans le monde.  Jacques Legendre, président de la commission culturelle du Sénat, s'emballe sur le dispositif en reconnaissant que les régions sont souvent plus aptes que l'Etat à gérer les monuments sur place. Question proximité, c'est une évidence. Viennent ensuite et à nouveau les notions de légitimité et de moyens. Si les caisses de l'Etat sont vides, je ne vois pas en quoi celles des collectivités seraient mieux fournies. Une seule solution est envisageable par les taxes locales dont une part peut être dévolue au patrimoine. Vous me direz que si les grands sites sont tout à fait rentables, pourquoi en priver les collectivités. A l'inverse, je vous demanderai pourquoi l'Etat souhaite se priver lui aussi de cette manne? Peut-être que dans un dessein, qui n'a plus rien à voir avec une décentralisation proprement dite, ce transfert aurait de quoi satisfaire des mégalomanies locales. Georges Frêche, l'inévitable, se porte déjà candidat à l'acquisition des remparts de Carcassonne. C'est vrai qu'on pourrait y mettre beaucoup de bougnouls à l'intérieur ou alors de colons israéliens. Avec Frêche, on ne sait plus en effet à quel démon se vouer. Il ne manquait plus que la parole de Frédéric Mitterrand, plutôt réservé sur le dossier.  Notre ministre ne se dit pas opposé au transfert du moment que l'Etat veille scrupuleusement aux pierres transférées. Rêvons à de bouveaux postes de fonctionnaires chargés de veilleur au grain. Je sais, ce n'est pas le moment.

(*) Isabelle Lemesle s'est taillée une belle réputation à la tête du musée du Quai Branly en faisant fuir tous les conservateurs. Elle affectait une de ses secrétaires à la charge exclusive de sortir son chien, lequel animal avait droit à tous les égards. Ainsi avait-elle invité tous les employés du musée à se joindre à une grande fête "privée" à l'occasion de l'anniversaire de son toutou.link
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