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Le complément des Carnets de Campagne diffusés sur France Inter sans impératif de temps ni d'espace et ouvert aux commentaires et contributions extérieures

25 May

Les jeûnes, la "Banlieue", la ville et même la province.

Publié par Philippe BERTRAND  - Catégories :  #coup de gueule

Au début de ce splendide mois de mai qui prolongeait les assauts hivernaux des mois précédents, j'ai eu le plaisir de retourner à Saint-Jean d'Angély, commune du pays du Cognac dont la réputation et la garantie économique tinrent longtemps aux produits alcoolisés. Récession, concurrence ont eu raison de cette production locale enrichissante au point de laisser Saint-Jean empierré dans son patrimoine charmant mais désolé. Jocelyne et Jean-Michel Marquebielle sont quasiment de parfaits néo-ruraux qui, après une dernière activité professionnelle parisienne, ont réinvesti des lieux qui étaient proches de l'histoire familiale de Jean-Michel. Animateurs jadis du livre et de sa diffusion dans le grand labyrinthe germanopratin, ils ont conservé ce pieux espoir de donner un asile au livre là où il n'existait pas: à Saint-Jean d'Angély. Si leur pari est en passe de réussir, il est assez inquiétant d'écouter la parole de certains conseillers communaux qui, au lieu de partage culturel, s'enferment dans un discours sécuritaire vengeur. Faut dire que passés 22 heures Saint-Jean comme toutes les bourgades provinciales, est résolument désincarnée mise à part quelques chats miaulant refuge ou pitence au milieu d'une rue.  Convié à un déjeuner avec pour voisin un conseiller municipal dont la conversation avec la bibliothécaire locale tournait au vinaigre, je suis interpellé par ce même conseiller sur la déshérence des villes perturbées la nuit par des jeunes agitateurs, prédateurs de la tranquillité ancestrale. "Mon rétroviseur" gauche a été arraché "m'avoue-t-il dans un élan de désolation. Sur ce fait, le tout aussi brave garagiste de quartier, lui signifia qu'il venait de remplacer le rétroviseur opposé, droit, sur une autre voiture de même marque. Pas de doute une terrible bande dépouillait les Passat Volkswagen dans le but inavoué de reconstituer une carriole entière. Fort heureusement, rétorqua mon vis-à-vis, la commune va implanter un réseau de caméras de surveillance. Pour l'instant, seul un panneau indique la présence d'un système de vidéo-surveillance, car le montage très onéreux freine sa mise en service. Pris d'une soudaine envie de dire à un crétin  tout le bien que je pense du crétinisme, je tentais de lui expliquer que la meilleure façon de se mettre à dos les jeunes, était de leur infliger la surveillance, la délation sur image et la menace de la garde à vue, alors que pour moins d'investissements sans doute, une proposition culturelle et/ou de loisir renforcerait le lien et donnerait à cette population un sentiment d'existence et surtout une raison supplémentaire d'être dans la ville stigmatisée par quelques gendarmes municipaux comme une future banlieue karchérisable. Je souhaite en tout cas que ma bibliothécaire ne perde pas les derniers agréments municipaux pour garnir des étagères que jamais les jeunes de Saint-Jean ne fréquenteront, préférant se venger du désert ambiant sur le rétroviseur de papa.

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rosemonde 16/01/2012 00:13


Ce qui m'a surtout incité à réagir c'est la phrase de votre article qui affirme :" ils ont conservé ce pieux espoir de donner un asile au livre là où il n'existait pas: à Saint-Jean d'Angély".
Sachez tout de même que ce salon du livre aujourd'hui disparu existait DEPUIS 20 ans à Saint Jean d'Angély, instauré par Jean Combes alors qu'il était adjoint à la culture du Maire
PS Claude Tarin (mandat de 1989 à 1995). Jean Combes a poursuivi ce salon en devenant Maire, et ce salon n'existe plus. Dire que vos amis ont donné "un asile au livre où il n'existait
pas", c'est excessif, de grands auteurs allaient à St Jean, ayant contribué à ce salon, je peux vous l'affirmer. Maintenant si ce salon a disparu, les responsabilités sont sans
doute partagées, j'ai peut-être été également excessif. Mais je suis surpris que vous pensiez qu'un salon du livre est apparu grâce aux "germanopratins" : je sais par vos
émissions que vous accordez en général plus de crédit et de légitimité aux actions culturelles provinciales, car-sachez-le- nous n'avons pas attendu que des parisiens débarquent pour
lire et nous cultiver, ni même pour créer un salon du livre ... 

Philippe BERTRAND 16/01/2012 18:28



J'avoue ma peine, je ne connais pas l'historique du livre à Saint-Jean. En revanche je ne pense que JM Marquebielle ait eu un quelconque intérêt à tenter de le poursuivre et je ne crois pas
savoir qu'il est un parisien parachuté dans cette belle région, mais passons. Vu une certaine véhémence dans votre première réaction, je vous ai cru favorable à ce dispositif. Pardon. reste la
question intéressante du pouvoir des médias locaux ou nationaux. ce que j'ai dit droit dans les yeux à cet élu de la ville, je le confirme et surtout maintiens mon jugement. (La
répression-dissuasion n'a jamais été une réponse adaptée aux situations de tension. La dépense financière et publique est déplacée, électoraliste et populiste. Une politique sincère et volontaire
est risquée, or de nos jours...). les médias sont comme vous l'aurez remarqué très timorés à quelque échelle que ce soit. La pressi dite d'opposition a quasiment disparu avec le déploiment des
monopoles de gouvernance des titres de presse. C'est déplorable, aussi. Il nous reste les modes plus "artisanaux" qui habillent la toile du Net. Il existe des antennes indépendantes, sur le Web
entre autres, qui ont le courage de leurs idées. Enfin, je réitère que jean-Michel Marquebielle est un amui et jamais je n'ai remis en cause des amis sauf lorsque leurs actes n'étaient plus
conformes à leurs engagements originaux. J'ai seulement constaté une distance entre la mairie et l'association lirela. C'est regrettable à l'échelle d'une petite communauté. Les petites
n'échappent pas, non plus hélas, aux dissensions qui secouent les grandes. Ainsi va le monde disait un journaliste.



rosemonde 15/01/2012 23:17


Vous avez pris le soin de lire mon commentaire, merci, et dîtes vous même :"En revanche votre lecture de son article sur les caméras de vidéo surveillance (quelle hérésie) ne porte aucun
jugement ni parti pris (à sa place j'en aurais profité)". Vous en auriez profité pour... dire le fond de votre pensée, vous !Car dans cet article, c'est clair : qui ne dit mot consent. Or,
certains ont des postures dans des dîners en ville et baissent vite la garde alors qu'ils écrivent dans la presse et se contentent d'une phrase lapidaire de conclusion pour dire que.. les
socialistes s'étaient opposés aux caméras..c'est un peu court! Là, où je ne vous suis plus c'est que vous dîtes "Bravo,continuez"; J'ai toujours été opposé aux caméras dignes d'Orwell et de
son Big Brother (voir son livre "1984") Je ne règle aucun compte, je regrette que les gens en place semblent courber l'échine devant le pouvoir, car si la presse, locale ou nationale,
n'a pas le courage de ses opinions, la démocratie a bien du soucis à se faire...Au moins, vous dîtes ce que vous pensez et j'aimerais que ,comme vous, certains se ressaisisent et
affichent le fond de leur pensée, si ce n'est le fond de leur coeur.  

paul rosemonde 15/01/2012 14:09


Bien sûr, la videosurveillance : jean-michel marquebielle, simple correspondant de presse local, vante les mérites de ce système en évoquant ,en Janvier 2011, 5 nouvelles caméras en plus
(les autres sont déjà en place !) http://www.sudouest.fr/2012/01/11/cinq-nouvelles-cameras-de-video-surveillance-601530-655.php 
il faut dire que votre hôte a réussi à faire périr un salon du livre en 2 ans seulement, après avoir fait une cour effrenée auprès des municipalités de gauche, puis de droite, pour en prendre la
direction. Mais mélanger ses intérêts privés, la politique et la presse, n'est jamais de bon aloi, sans parler de déontologie...la mise sous tutelle de ce salon lors de la dernière
édition par un trésorier qui était aussi le trésorier de la Ville, n'a pas suffi à éviter la gabegie. Sachez aussi que la Maison d'édition Bordessoulles (vieille de plus de 50
ans!) a du fermer juste après le passage de M.Marquebielle comme unique directeur littéraire. Lequel, si on croit son dernier article, serait certainement bien d'accord avec le
conseiller municipal question caméra, il n'y a guère que sur France Inter où les humoristes éditorialistes osent encore s'opposer au pouvoir, quitte à déplaire, eux ne vendent ni leur âme,
ni leurs convictions. Dans bien des province, surtout la nôtre, les collusions sont légions, il y aurait tant à dire encore...

Philippe BERTRAND 15/01/2012 20:46



je viens de lire votre commentaire. de toute évidence, vous avez des comptes à rendre à JM Marquebielle pour mêler son petit boulot de localier de sud-ouest à ses anciennes responsabilités dans
l'édition. Si catastrophe vous lui reprochez, adressez-vous directement à lui. je peux vous épargner ce geste et le faire moi-même si vous le souhaitez? Avec les amis, je ne calcule ni mon temps
ni mes efforts. En revanche votre lecture de son article sur les caméras de vidéo surveillance (quelle hérésie) ne porte aucun jugement ni parti pris (à sa place j'en aurais profité), mais
puisque vous êtes très au courant des pratiques, un correspondant local décrit la plupart du temps pour informer et que pour informer (hélas). je réitère de mon côté mon ulcération qui porte sur
ce réseau de vidéo à 91 000 euros (!!!!) pour endiguer la crise des jeunes et leurs révoltes. Quel gâchis, complet, total. Quel constat d'échec et surtout quelle paresse de ne pas faire sortir
des lignes de réflexion mais de fliquer ces 'p'tits cons à coups de surveillance. "Votre "démocratie va mal,parce qu'elle est irréfléchie, populiste et inefficace. Nous n'avons que ce que nous
méritons, c'est-à-dire ce que nous engendrons, une jeunesse à la dérive. Bravo, continuez.


 



Claudine 13/06/2010 14:07



J'ai lu avec attention "les jeûnes, la banlieue, la ville et même la province"sur votre blog.


J'ai croisé lors d'une manifestation monsieur le Maire de Saint Jean d'Angély. de façon informelle, j'ai échangé quelques mots avec lui au sujet de la vie de sa cité. Son discours sur
la sécurité  était en parfaite adéquation avec celui de son conceiller municipal que vous fustigez et que vous traitez de "crétinisme". Ces propos, peu de temps après son élection, m'avaient
parus étrangements sécuritaires. C'est bien le maire et non un conseiller municipal qui a décidé d'investir dans un système de vidéo-surveillance, très coûteux, au détriment de l'action
sociale: réduction notamment des subventions au centre social de Saint Jean, passées de 72 000 euros en 2008 à 15 000 euros cette année.


Une mamie inquiète de l'évolution de la politique municipale.  



Camille 13/06/2010 13:16



Merci !


je vous ai écrit plusieurs fois au sujet de St Jean d'Y et plus particulièrement du Centre Social l'année dernière. 2 fois lorsque j'ai mentionné le nom de la ville, je me suis trouvée
sans réponse, peut-être pour préserver une certaine neutralité...


Je vous remercie donc de dénoncer ces attitudes sécuritaires et allant à l'encontre de la relation humaine.


sachez que pour nous, au Centre Social, la situation est plus que délicate. Aprés de multiples médisances parues dans la presse, la situation est maintenant clarifiée : ce Centre Social
survit et se bat avec ses Bénévoles et ses salariés... jusqu'à quand ? 2010 oui, 2011..... laissant sur le pavé quelques 300 adhérents, enfants ados, familles, familles méprisés par ces bien
pensants aux bonnes manières séciritaires. 



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