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Le complément des Carnets de Campagne diffusés sur France Inter sans impératif de temps ni d'espace et ouvert aux commentaires et contributions extérieures

16 Oct

Mes Carnets de Campagne

Publié par philippe bertrand  - Catégories :  #introduction

C'est décidé. Après mûre réflexion je vous propose un espace d'observation, d'analyse, de commentaire et de débat qui prolonge les carnets de campagne diffusés sur France Inter. Ce sont "Mes Carnets" car ils sont plus personnels, plus incisifs et prennent appui sur une attache que je conserve avec un territoire qui m'a vu naître.

 

Aignay-Le-Duc, nord de la Côte d'Or et donc de la région Bourgogne.  Nous avons tous en nous quelque soit notre provenance, une  terre nourricière,  originelle, réelle ou rêvée. Nous portons tous en nous le paradigme des origines et de la terre mère. "Gaïa" effective ou virtuelle, fantasmée ou inconnue, ignorée ou éprouvée. La mienne est inscrite sur ce morceau de carte de France. Finalement c'est d'elle d'où tout part et vers elle que tout revient.  Un point minuscule sur le corpus mondial des vies,des ruralités et des urbanités.

Aujourd'hui Aignay-le-Duc, mon village, ne compte plus que 330 habitants soit une perte de 100 personnes en l'espace de 20 ans. Symbole des métamorphoses que l'espace rural a subi depuis les années glorieuses. Une terre très agricole, au contraire du sud viticole du département si réputé , et entamée par les politiques agricoles européennes. Le dernier exploitant agricole va bientôt raccrocher, alors qu'ils étaient une dizaine à exercer en 1970. Progressivement  ils ont transféré leurs activités d'éleveurs vers la production de céréales. De remembrements en quotas, les quelques survivants de l'économie de marché ont regroupés leurs espaces afin de demeurer compétitifs. Il ne s'agit que d'un exemple parmi des milliers d'autres. Puis, le long processus de raréfaction des services s'est mis en place. J'ai vécu les deux par intermittence lors de mes venues très comptées à une époque sur cette terre. J'aurais pu m'en éloigner définitivement si le destin de la vie ne m'avait rattrapé. A le fuir, vous retournez inéluctablement dans ses bras.  Mes parents reposent éternellement ici-même. Reste une maison qui m'a vu quasiment naître, grandir, progresser, puis prendre des distances avant ce retour.
J'ai toujours rêvé que mon village serait le plus beaux de tous. Il l'est évidemment. En réalité il possède son cachet, ses vieilles pîerres qui parlent et j'y ai des souvenirs qui ne cessent de s'agiter lorsque j'y pose les pieds. Toutefois le monde a suffisamment changé pour  que les quelques jeunes du lieu vivent une déshérence comparable à celle qui condamnent la plupart des jeunes de banlieue. La moyenne d'âge de la population se ressent du départ progressif de cette jeunesse vers des ailleurs moins fermés.

Mes Carnets de Campagne partent donc de ce constat et prennent appui sur quelques tentatives qui, ici, en Côte d'Or,  voudraient limiter l'abandon dont souffre cette campagne. Honnêtement ces efforts sont timides après plusieurs décennies de gestion molle, insignifiante voire parfois hélas intéressée mais très mal orientée.
Beaucoup de microcosmes sont voués à l'échec et à la disparition, alors qu'une première réalité saute aux yeux: ces lieux sont ouverts aux bonnes volontés et aux expériences nouvelles. Elles possèdent un patrimoine paysager exceptionnel et un  fond architectural très enviable.
Certes l'avenir passera par une économie de service à l'image de l'essor de celle-ci partout en France, mais aussi par une valorisation de ce patrimoine naturel et historique. Personne ne contestera que ces campagnes peuvent devenir de modestes mais réels espaces de ressourcement, des niches écologiques et des zones d'application idéale du développement durable.

Philippe Bertrand. le 16 octobre
2009.

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Laurent SCHEMBRI 19/10/2009 23:39


Je suis d'accord avec vous sur l'aspect de la création culturelle, mais je regrette que cela ne parle pas à mes collègues... Les tentatives en se sens, et je pense à un projet en particulier, n'ont
pas trouver l'écho attendue... Résultat, le projet à heureusement pu se monter, mais sans nous ! Alors qu'en plus il concernait historiquement le territoire !. Par ailleurs, l'action menée sur les
chemins de randonnées n'est pas à negliger, elle touche un autre public, de loisirs-nature, mais bien entendue elle ne se suffit pas à elle même.
Sur le Parc National, je pense pour ma part que c'est une belle opportunité, pour autant qu'on ne l'appréhende pas comme une agression, comme quelque chose d'imposé et dirigé par d'autres mais
qu'on se l'approprie, qu'on l'imagine, qu'on le construise avec un vrai projet derrière avec tous, et d'abord pour tous ceux qui vivent sur ce territoire.
Le Musée est en effet une "grosse" réalisation, importante pour le Châtillonnais à la fois à travers ses collections que par la hauteur de l'investissement. Je ne crois pas qu'il faille sur le
sujet opposer Châtillon et les autres, les retombées pourront bénéficier à tous, si tant est que l'on travaille à la mise en réseau des acteurs, à la professionalisation et plus largement à
l'attractivité de l'ensemble du territoire. Les premiers retours sont plutôt satisfaisants à ce niveau. Nous travaillons également et avons bons espoirs concernant l'offre d'accueil. Mais je suis
d'accord que tout ne doit pas être focalisé autour du musée et que nous devons être attentifs à ce qui germe autour !
Malheureusement, et pour conclure ce soir, en période de disette budgétaire, la culture est bien souvent ce qui "trinque" en premier, alors que...


philippe bertrand 20/10/2009 18:15


Décidément on se trouvera toujours en accord et tant mieux. Je vais vous faire un aveu car je crois qu'un pays comme le nôtre, je parle bien sûr du Châtillonnais, ne peut pas s'inventer uné conomie
qu'il n'a pas ou n'aura pas,mais qu'un espace devienne une sorte de sanctuaire (dans un bon sens du terme) vivant de la nature et du patrimoine, est une de ses seules ooportunités d'existence. cela
signfie qu'au-delà du respect des lieux et des hommes, il y a tout à gagner à valoriser ce qui le propre d'une campagne dans un imaginaire collectif. Rien ne sera contradictoire à y apposer des
initiatives modernes. je vous donne un exemple phare que j'aimerais développer dans ce blog parmi des milliers d'autres. La pays du Sancy, qui bénéficie d'un site remarquable dans le parc des
volcans d'Auvergne a lancé depuis 3 ans un rendez-vous estival autour de rencontres  "art-nature". 11 artistes dont les candidatures provenaient du monde entier (plus de 200 candidats) ont
travaillé sur une création éphémère installée en situation (très souvent ce sont des oeuvres "grandeur nature". résultat, le parc a enregistré 200 000 visiteurs! coût de l'opération une bourse de
travail pour les 11 artistes de 8000 euros chacun. Pourquoi ce résultat indépendamment de la notoriété des lieux? Une énorme communication à travers 80 000 dépliants distribués.
je sais que cet exemple est outrancier, et je n'aime pas les exagérations, mais à une moindre échelle, les événements qui entrainent les habitants dans la dynamique sont très souvent gagnants. Au
plaisir d'en parler et dureste du côté de chez nous. Amicalement
Philippe
PS: pour infos j'ai mis sur ma page facebook l'interview d'Hubert brigand réalisé par le "Châtillonnais"sur l'essor économique de sa ville. Edifiant.


Laurent SCHEMBRI 17/10/2009 19:15


Bonne idée que ce blog, qui parle de ce pays châtillonnais d'un autre ton, amer parfois, plein d'espoir et de souvenirs souvent ! Deux sentiments qui me semble t-il doivent aller de pair. Trop
souvent aujourd'hui, le passé, les souvenirs, l'histoire même, sont barrés d'un trait de plume ou de clavier. Tout est vécu au quotidien, sans aucune projection dans l'avenir, et donc sans recul
sur le passé, qui je crois doit être primordial pour bien appréhender l'avenir.
Ce phénomène est celui de beaucoup des habitants de nos communes du Pays Châtillonnais, qui ne croient plus en l'avenir de leur territoire, qui ne croient plus en leur avenir tout court.
Malheureusement se sentiment est partagé par nombre de ceux qui sont en charge de responsabilités, dont je suis. Le manque d'ambitions, le calcul politique, la gestion au coup par coup, sont notre
quotidien. Le monde bouge, évolue et nous restons figés sur des vieux schémas alors que nous avons un territoire vivant, riche de nombreux potentiels, plein de savoirs-faire mais nous ne savons pas
les exploiter...probablement pour ne pas voir une tête qui dépasse...
J'ai moi même en "charge" la responsabilité du Tourisme et de la Culture (sic) au sein de la Communauté de communes, responsabilité passionnante et enrichissante mais qui se résume bien souvent à
du saupoudrage ponctuel. Il est difficile de mobiliser sur de tels sujets ! La Culture n'avait aucun budget cette année...Même l'enjeu majeur qu'est le Musée a du mal à rassembler, même la
mobilisation pour le faire vivre est difficile...On l'a fait... maintenant qu'il tourne !
Je crois pourtant qu'il ne faut baisser les bras, guetter toutes les initiatives, avancer, proposer... et y croire !


l 19/10/2009 18:41


Laurent, merci de soutenir cette initiative qui va nous permettre d'aller chercher aux 6 coins de la France ce qui peut être un incitateur pour les uns et les autres. Concernant la pays
Châtillonnais, je suis en totale adéquation avec vous, mais je constate comme souvent que les dynamiques sont la plupart du temps extérieures car rares sont les initiateurs locaux.
Pourquoi? plusieurs réponses possibles. D'abord la peur de l'autre. C'est étonnant, mais le système social rural fonctionne ainsi. Peur des convoitises, des interpérations erronées et des
jalousies. Peur également de remettre en cause un rythme de vie, pour ne pas dire une tranquillité qui ne supporte aucune exception. Je vous donne un exemple qui fait réfléchir dans le petit
village (pléonasme justifié car celui ne compte que 50 habitants) de Sainte-Colombe en Auxois. Il y a 15 ans quelques néo-ruraux s'investissaient dans la réhabilitation d'une ferme château au coeur
de ce minuscule domaine. Arcade voyait le jour. Savez-vous qu'aujourd'hui cette association a enfanté d'un  centre européen de rencontres de l'art et du design? Les meilleurs désigners
français tels Matali Crasset et étrangers viennent y exposer et y intervenir. D'autres exemples germent ou existent déjà. Le second noeud est de convaincre les collectivités que la culture n'est
pas seulement un nouveau tracé de chemin de randonnée et que la création artistique est un des moteurs du développement économique. A ce jour, nos élus ont bénéficié du coup de pouce d'un ministre
voisin pour obtenir un label prestigieux de parc naturel national. Or quel est le programme qui a sous-tendu cette labellisation? Le seul commentaire qui ruisselle est "le parc va attirer du
monde". seulement la forêt existait avant le label et existera après sans lui. Alors je sais que la réalisation du musée était indispensable car le dossier sommeillait depuis 15 ans. le souci est
désormais de créer une infrastructure hotelière digne des 40 000 visiteurs annuels attendus selon Henri Julien conseiller général. Autrement dit les prochains engagements qui ne concerneront que la
ville de Châtillon sont concentrés sur les annexes du musée. Avec les restrictions budgétaires, je ne vois comment les autres initiatives pourront exister. De plus les communes du pays sont
contraintes à participer à cet aménagement central, ce qui excut toute proposition propre.
Philippe Bertrand


Fred 16/10/2009 19:01


Bonne idée ce blog de campagne une veille de week end


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