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Le complément des Carnets de Campagne diffusés sur France Inter sans impératif de temps ni d'espace et ouvert aux commentaires et contributions extérieures

25 Mar

Ode à l'impossible

Publié par Philippe BERTRAND  - Catégories :  #coup de gueule

J'ai eu après les élections régionales une sorte de coup de blues. A cela plusieurs raisons. D'abord mon petit département que j'apprécie beaucoup,  a eu des relans graisseux FN qui m'ont donné la nausée. En Côte d'Or, puisqu'il s'agit de lui,  nos deux derniers candidats en lice (je ne parle pas du troisième, représentant le FN. Il s'appelle Edouard Ferrand.  Bref, en lice, demeuraient les deux François. Patriat, président sortant et Sauvadet, président du Conseil Général. Les deux ne font pas la bataille de personne à personne. Ils se trouveraient même sympathiques. François Patriat, dit Fanfan, a quelque chose de frondeur et de malicieux qui plaît plutôt et François Sauvadet  avec sa carrure de cow-boy serait plus paternaliste. Voix profonde et grandes épaules qui ont poussé Bayrou dans les orties, c'est-à-dire de là où il venait.. Bref, vu comme cela, cette régionale bourguignonne reniflait le bon sens et c'est tant mieux, même si je me réjouis personnellement de la poursuite des affaires avec Fanfan.Le plus inquiétant, les carnets de nos campagnes reviennent ici, ce sont les abstentions qui resteront en travers de la gorge de tout le monde et surtout sans explication définitive. Un français sur deux se contrefiche de ce scrutin. Pire, je pense que le scrutin ultime de la présidentielle provoque plus d'adhésions parce qu'il est plus médiatique. C'est la différence entre la ligue 2, voire le national, et la ligue 1. La ligue 1, c'est du visible, du concret, du solide. On voit ses ânes à la télé. On parle de leur budget et de leur stars de femmes qui posent dans les magazines. Vous voyez où je veux en venir? Non. Et pourtant, c'est bien tout le désarroi de la politique, non pas depuis Nicolas Sarkozy, qui étend son panache de fumée, mais depuis les premiers atermoiements de la cinquième république. Je résume: de Gaulle gère des veaux (d'une certaine manière, il n'avait pas complètement tort), Giscard tout sourire dehors le kennedisme français. Quelle erreur.  Mitterrand, le machiavelisme surdoué. On lui dit maître parce qu'on lui doit cette légitimité d'une certaine manière. Sauf Bousquet, sauf la Francisque,  sauf Pétain, sauf Tapie et donc Beregovoy, victime des deux et je passe les observatoires et l'Algérie. Mais François, tiens encore un, appréciait Camus. Je te donne la Peste contre l'Algérie. Pas cape! Chirac. Le pote à tous , qui pourrait l'être, admirateur de Mitterrand (il l' a écrit), mais à un niveau intellectuel qui se situe entre la cheville et le gros orteil. Et enfin arrive Nicolas Sarkozy. D'une ère  à une autre. Du respectable historique féroce (de Gaulle), à l'intransigeant moderniste (Giscard) puis la force tranquille ambiguë ( Mitterrand) et enfin le summum du tutoiement guignolisé (Sarkozy).Or, voilà, je suis allé encore une fois (car ce n'est pas la première) sur le site Internet de l'Elysée.
Devant les photos et le résumés d'entrevue de notre président. je me suis fait plusieurs réflexions. Il n'a pas l'âge, pas l'étoffe, est gauche (comportement)  voire immature, et finalement provoque une sorte de pitié. Nous sommes, en quatre générations, totalement sortis du chemin politique, celui qui doit gérer et administrer les affaires publiques de la cité. Nous votons, comme le font les téléspectateurs d'une star ac, sur le coup de coeur du dernier refrain et du dernier geste scénique. Des veaux. non. Des enfants oui.
Des enfants orphelins de père. Cessons de dire que la politique s'est "peopleisée" comme si nous n'y étions pour rien. Le spectacle existe parce qu'il y a  des spectateurs! Et si les régionales sont un vrai camouflet pour ce qui reste de politiquement louable dans notre société, c'est parce qu'elles ont déclaré les limites de nos compétences. Compétences civiques, sociales et démocratiquement humaines. Elles prouvent, ces élections, qu'elles ne sont pas assez "bandantes" pour que la majorité y participe. Moins de stars, moins de scandales , de mannequins en perdition, de couples en séparation contrairement aux dernières présidentielles qui, entre Ségo-Hollande, Sarko-Cecilia , nous apportaient la risée internationale. Donc nous sommes parvenus à la pointe de nos contradictions:  nous votons pour une référence, une ligue 1 si vous préférez, ou nous ne votons pas.La mauvaise question à se poser:  à qui le tour? C'est hélas l'interr
ogation qui va nous noyer le contenu pendant les deux années à venir. Des enfants? Peut-être. Des veaux? Sans doute!.





                                                          


                                                                                                                         
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librellule 31/05/2010 21:59



je suis arrivée ici par le blog d'une châtillonnaise


Et tout ragaillardie par le ton employé et une verve qui n'est pas pour me déplaire


Je reviendrai lire de quoi "vous nous causez"


Cordialement



Bertrand 15/04/2010 12:29



Quelle bouffée de liberté d'expression !! Ouahou ! Ca fait vachement du bien ! Et je dis vachement pour rester "country".


Amitiés,


Bertrand (Bibliomane moderne)



L'ours 31/03/2010 08:56



Bonjour,


Tout d'abord, bravo. Bravo pour votre blog, et bravo pour votre émission de radio qui laisse à penser que tout le monde ne tient pas la province pour une lointaine colonie de Paris, mais foin des
récriminations, je ne vais pas faire de l'antiparisianisme primaire en regardant la paille dans l'œil des Parisiens, ils s'en chargent très bien tous seuls. Le solidaire est salutaire et vous
l'exprimez bien.


Pour revenir à ce billet, à la longue énumération de nos présidents passés et présent (trop) de la République, vous avez omis celui qui est à l'origine du trou des Halles à Paris afin que l'on y
installe une raffinerie culturelle à laquelle on s'est finalement habitué, et c'est tant mieux, qui paraît-il était féru d'art moderne et fumait des Gitanes. Son nom me faisait rire. J'étais
enfant. Les enfants rient de choses pas drôles. L'homme qui a embouteillé Paris de carcasses roulantes, fumantes et klaxonnantes : Georges Pompidou. Un modernisme éphémère et contestable aux
effets durables.


Celui que je surnomme Nick the First, candidat américanisé à ses heures, a quelque chose de triste, et me fait en partie penser à Jean Lefebvre, l'acteur. Physiquement, dans ses mimiques et
surtout dans sa façon de vouloir faire rire sans y parvenir vraiment. En partie seulement, car ses décisions prises impactent notre société. Son goût de la pipolisation également (mais vous avez
raison, il n'est pas le seul à exploiter cette veine qui mine la société) et ce n'est pas sans dommages. La "chose publique" est en perte de sens, manque de repères. Suivre cette voie, la
pipolisation (pas même du vedettariat) participe à scinder la société, éloignant le peuple de ses "élites", ses dirigeants, ses gens de médias, ses artistes, ses divertisseurs. Les cassures ne
sont jamais très bonnes. Les régionales devraient constituer un remède à cela, hélas, les campagnes (électorales) ne s'intéressent guère aux campagnes. Sauf au moment du résultat, quand on nous
dit qu'il NE s'agissait QUE d'un scrutin local comme s'est empressé de le faire le Premier ministre au soir de la débâcle de son camp.


Vous avez le mérite, vous, de ne pas vous éloigner de vos auditeurs, par ce blog que je place illico dans ma liste d'élus sous le nom "Le Dijonnais sur l'herbe", (j'ai le sentiment que vous aimez
bien les jeux de mots laids).


A bientôt dans l'Eure ?



Philippe BERTRAND 31/03/2010 19:36



Merci beaucoup pour la rectification. Comment ai-je pu omettre le furtif raseur de Paris? je prends avec plaisir votre proposition de dijonnais sur l'herbe. Pour l'Eure les prévisions n'annoncent
pas pour l'instant de nouveaux passages chez vous. Patience et surtout amitié.


Philippe



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