Mardi 3 juillet 2012
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Les amateurs de football connaissent le stade de la Mosson à Montpellier. La Mosson, quartier populaire à l'ouest de
l'agglomération, abrite la Paillade appelée également le Phobos. Les barres d'immeuble ont accueilli plusieurs générations de populations immigrées qu'elles soient marocaines ou gitanes. Un
groupe de rap issu du même quartier et qui avait adopté le Phobos dans son nom, Rap Boss Phobie, créé l'association Uni'sons. Suite à la sortie d'une premier album, le groupe alors en tournée au
Moyen-Orient, avait déjà expérimenté des ateliers d'écriture avec les jeunes. Leader du groupe, Habib Dechraoui est le président de cette association exemplaire. L'exemplarité tient au nombre
d'initiatives mises en place et à leur effet. Des ateliers hip hop animés par deux personnes ont touché 225 jeunes en 2011 suite à des partenariats engagés avec des classes relais et des collèges
de proximité. Plus tard Uni'Sons invente les Renc'Art soit une série de rencontres de collégiens et lycéens avec des artistes du monde du hip hop. Puis c'est la création, en 2006, du festival
Arabesques et donc, on le comprend par le nom, d'un festival de toutes les expressions artistiques arabes (musique, conte, danse, calligraphie) complété par "La caravanes Arabesques",
programmation de spectacles au cours de l'année. Le travail mené auprès de jeunes de 12 à 25 ans est non seulement d'ouvrir à une culture urbaine très répandue maintenant, mais de lui donner les
moyens d'y participer directement. Les jeunes sont responsabilisés et profitent en outre d'une équipe dirigée par Habib qui, loin de jouer sur l'image marginale, voire anti-sociale du rappeur, a
fait des études supérieures d'histoire et aime à dire à ces jeunes que la culture se gagne par la culture...
www.unisons.fr
Par Philippe BERTRAND
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Mardi 4 octobre 2011
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Nous sommes à Monthelon, village de 150 habitants au « fin fond de l’Yonne » qui accueille depuis plus de 20 ans 150 artistes internationaux par an. Le centre d’intérêt de ce village se trouve au château de Monthelon.. Plus proche de la ferme fortifiée avec une imposante architecture, le château
abrite des artistes en résidence et leur offre un temps de travail et un espace (il y en a beaucoup à cet endroit) ainsi que les infrastructures de travail sans contrepartie financière! A priori
ça existe encore, ce qui est rare. L'histoire culturelle moderne de cet édifice est née avec les premières expériences de cirque contemporain de l’est de la France. Les premières promotions
du Centre National des Arts du Cirque de Châlons-en-Champagne ont investi les lieux dès le départ. Cela a donné pour résultat les productions Cirque-O que cir-que. Aujourd’hui le lieu est ouvert
à toutes les disciplines artistiques et devant l’utopie des pratiques, en 20 ans, une trentaine d’artistes se sont installés dans un proche rayon de Monthelon. Enfin depuis 6 ans un festival
d’été réunit artistes et public en totale gratuité sous le titre des Rencontres de Monthelon. Là-bas on a dit non au commerce intéressé et apparemment ça fonctionne : www.monthelon.org
Par Philippe BERTRAND
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Mercredi 6 avril 2011
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Un site donne à voir,
ce qui est peu visible en Lorraine, en France et parfois dans le reste du monde. Yves est chercheur à Nancy et a une passion pour la photo (argentique) et le patrimoine bâti en friche et
abandonné. Le résultat photographique est totalement surprenant et souvent magnifique. Des fantômes de pierre, des châteaux en faillite ou des usines en jachères, Yves Marocchi traque l’interdit,
souvent le menacé de vandalisme. « Son credo, nous dit le courrier, ne rien casser, ne rien voler » et de fait, il souhaiterait être autorisé à photographier plus facilement
ces grands corps de pierre, de métal ou de verre qui sommeillent dans une quelconque impasse de la mémoire des pays. Les réalisations photographiques les plus récentes apparaissent dans la page
nouveauté du site comme l’ancienne prison de Charles III à Nancy, mais que dire du fascinant château de Noisy qui perd ses plafonds à chaque nouvelle saison, de la gare internationale
de Canfranc dans la vallée d’Aspe où moisissent des trains entiers ou
encore de cette imposante usine de charbon d’une campagne américaine le long du Mississippi. Chaque incursion dans un nouveau lieu de mémoire fait l’objet d’un carnet de notes et d’impressions.
Le site a pour nom residues (residus in french) c’est magistral et c’est aussi une alerte pour les collectivités et les propriétaires sur la valeur inestimable de ces vaisseaux
abandonnés : www.residues.net
Par Philippe BERTRAND
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Jeudi 10 février 2011
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Saint Jean de Couz. Il faut bien chercher sur la carte. 250 habitants. Perdu au cœur de parc naturel régional de la
Chartreuse. C’est ici qu’Héloise Vallin et ses amis ont élu domicile en retapant l’ancien bistrot du village pour y installer le siège de leur association « Instinct ‘Taf »
(l’explication du nom est la suivante: le groupe adopte « une manière de travailler instinctive où l’ingéniosité et le système-D sont de mises pour trouver des solutions simples et
économiques »). Felix, qui témoigne pour le collectif, donne un avant-goût des opérations menées dans cet endroit excentré, peut-être même excentrique : des spectacles, bien sûr, un festival de l’humour (le zygomatic festival) et un programme de soirées dites
« gustato-musicales ». Dans le détail, l’association a d’autres atouts comme un atelier de construction de décors (avis au gens de théâtre et de cinéma qui tournent localement en
périphérie de Chambéry), des compétences en scénographie, de l’assistance technique pour les spectacles voire l’organisation entière d’événements culturels et enfin, cerise on the cake, instinct
taf pratique également la solidarité internationale au Sénégal auprès d’associations de handicapés moteurs et de centres socioculturels. Finalement j’ai envie d’appliquer à ces personnes cette
citation que Pasteur accordait à la nature : le rôle de l’infiniment petit dans la nature est infiniment grand. www.instinctaf.net
Par Philippe BERTRAND
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Jeudi 3 février 2011
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13:28
« 12 personnes en situation de handicap mental devenues musiciens professionnels. Ils fêtent prochainement leur 20 ans ». Olivier est l’auteur de ces quelques lignes.
Il précise toutefois que cette réalité n’est pas le fruit du hasard ou de la chance, ce qui revient à peu près au même, mais du seul CAT (centre d’Aide par Le Travail) en France qui forme à la
musique. L’histoire commence en 81 par la création dans l’Aube d’un atelier d’expression musicale pour de jeunes déficients intellectuels. Afin de prolonger cette passion, le centre Arc en ciel
ouvre ses portes en 1990. Il demeure encore aujourd’hui le seul CAT dédié exclusivement à la musique et à la formation de musiciens professionnels. La belle et forte histoire se poursuit par la
création d’un groupe, Signes Particuliers, composé de 8 musiciens de 4 techniciens eux aussi handicapés psychiques ou mentaux. Le groupe tourne depuis 17 ans avec son propre répertoire. 5 albums
ont été réalisés dont 2 en public. Plus de 350 concerts en France, Suisse, Belgique ou aux Antilles, des zéniths et printemps de Bourges, des premières parties souvent et un résultat qui
bouleverse quand on connaît l’histoire de cette formation. En 17 ans le groupe a connu deux départs et un décès, mais poursuit sa fabuleuse histoire et fêtera ses 20 ans le 16 avril
au théâtre de Champagne à Troyes. La réussite de cette expérience très touchante ne tient pas du miracle mais bien de la magie de la musique et
l’Esat Arc en ciel (il faut dire ESAT puisqu’il est désormais un établissement et service d’aide par le travail) a étoffé son action en concevant des spectacles et en organisant depuis 2003 le
festival récréation qui accueille des artistes handicapés de toutes les disciplines. Enfin cet établissement de l’Arc en ciel a créé une association de diffusion des projets culturels :
T’âmes T’âmes comme la belle âme d’une autre musique. http://signes-particuliers.free.fr
Par Philippe BERTRAND
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