coup de gueule

Mercredi 26 février 2014 3 26 /02 /Fév /2014 22:11

Cet article, qui n'en est pas vraiment un, risque d'être long. je vous avertis à l'avance au cas où vous auriez mieux à faire que de lire une longue complainte d'un blogeur pris en tentative d'explications. Je réagis à la télévison et à son  information. Toujours critique à son égard et c'est plus que normal. Je suis le produit d'une éducation fraternelle qui m'a mis en condition très tôt sur les aléas sinon les dangers de l'addiction télévisuelle. Merci mon frère. Ce soir, comme il arrive fréquemment, je passe d'I Télé à Bmf et vice-versa. La première est plus souple et moins démagogique que la première  et la seconde est parfois plus orientée sociétale que ne l'est la première qui, bras secondaire de canal+, serait davantage dans une sorte de complicité culturelle avec son téléspectateur. Bref. la dite BFM avec ses voix de journalistes compressées pour rester dans le son voix de canards neutres, diffuse un reportage sur une antenne mobile du secours populaire  qui véhicule des biens de première nécessité  dans les campagnes esseulées. Des personnes témoignent, RSA, chômeurs de longue durée, femmes divorcées avec enfants et sans emploi, tous avouent leur honte à s'afficher pauvres. Etre pauvre à la campagne, c'est être dans le colimateur d'une collectivité resserrée plus exigente qu'ailleurs et plus fustigeante qu'ailleurs. A la campagne, il faut jouer des apparences pour ne pas tomber sous le couperet de la vindicte de voisinage. Etre pauvre à la campagne, c'est faire comme si. C'est aller dans la seule épicerie du village  acheter deux paquets de pâtes en comptant les pièces jaunes qui gisent au fond du porte-monnaie. C'est laisser croire que l'on n' a pas pris suffisammment, que l'imprevu nous empêche de régler comptant les achats qui se résument, pourtant, à des dépenses de première urgence. C'est peine perdue malgré tout, parce qu'à la campagne, en moins d'une journée, le voisin a compris que la vie avait basculée dans la déshérence, le calcul et le faux-semblant. l'anonymat de la ville possède cette seule vertu d'absorber ce jugement et cette connaissance de l'autre. La campagne n'est pas  complaisante, elle sait, elle sent et elle juge aussitôt. Alors, inévitablement, je pense à mon enfance dans ma campagne et à ceux qui n'avaient pas "beaucoup de moyens" mais qui n'avaient pas à jouer un double jeu. Ce n'est ni une question de solidarité perdue, ni l'effet d'une immonde crise qui continue à répandre son cancer d'indigence. Non, le changement tient à nous, seulement à nous. A nos prétentions, aux mirages de ce que la réussite pouvait incarner. Réussir ici, dans ma campagne, c'était avoir le standing de vie de catalogue: salon et canapé, télévision et congélateur, hygiène et éducation. j'ai croisé bien des personnes, dont une famille proche de celle de mes parents, dont les enfants se lavaient le dimanche soir dans la bassine installée au centre la cuisine en s'enduisant d'un savon de Marseille gras et épais. J'en avais la nausée, fils de petits notables de province que j'étais, bénéficiant d'une salle de bains avec eau chaude à volonté. je ne saisissais pas ma chance, mais je ne voyais qu'une différence insupportable. l'image reste gravée dans ma mémoire. Je n'ai pas jugé, je n'ai pas considéré cette différence honteuse, mais je ne comprenais pas pourquoi eux la bassine et moi la baignoire. Surtout je parvenais à me convaincre que cette démonstration d'hygiène ostensible et pauvre, ne me concernerait jamais. Elle ne m'a jamais affecté certes directement, j'y ai échappé, mais elle est là, blottie dans un coin de ma mémoire. Rien ne pouvait malgré tout me permettre de fustiger ces personnes et cette famille. J'avais de la chance, une chance normale, logique et naturelle. Point. Alors que s'est-il passé pour que cela change? L'organisation sociale, les réglementations, les prérogatives, les normes et les cadres administratifs, oui tout cela a ordonné un monde nouveau, en tout cas, différent. Nous ne vacillons pas sous le poids d'une nomenclature publique et administrative éreintante, mais nous sommes écrasés par les contraintes que le monde moderne a souhaité à commencer par une hygiène sociale outrancière. Elle peut paraître symbolique, elle est néanmoins dévastratrice. A défaut de vies, nos campagnes se sont voulus propres, sécurisantes. Si les commerces disparaissent et le lien social qui les accompagnent aussi, il faut au moins préserver la quiétude des derniers vivants. L'électoralisme a assimilé le troisième âge comme le silence envahit les pierres tombales.Pas d'herbe folle et gardons la sépulture intacte. La mode consumériste a  pris le dessus. La boucherie du village a abandonné son héroïque commerce face aux emballages sous céllophane de la grande distribution. L'accompagnement familial de nos parents a été supplanté par l'établissement adapté et a priori sécurisé, afin de garantir les fins de vie. Les liens se sont distendus. Le voisin n'est plus un ami avec lequel les échanges de service vont de soi, mais il devient un concurrent à la survie. Ces images, ce soir m'ont plus que peiné, elles m'ont rappelé que la nostalgie qui nous étreint à ce moment-là ne doit surtout pas être gagnée par la cause du parti d'extrême droite qui n'a qu'une règle d'existence: l'exclusion catégorique de l'autre, l'autre c'est-à-dire celui qui a volé notre dignité.

Par Philippe BERTRAND - Publié dans : coup de gueule
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 16 décembre 2013 1 16 /12 /Déc /2013 19:50

C'est un peu fâcheux. Je suis comme tout le monde, mon oreille se tend à l'annonce d'une brève dans les informations qui, comme son principe l'indique, va envahir l'espace. Pardon, mais quand c'est bref, c'est facilement compréhensible, ça donne du petit grain à moudre et ça fait ressurgir encore une fois des élans de communautarisme. La famille Le Pen est en grande partie l'heureuse bénéficiaire de ce processus. Donc vous avez entendu qu'une gentille directrice de maternelle de Montargis avait envisagé un temps d'interdire la présence d'un Père Noël dans l'enceinte de son établissement pour une raison tout à fait louable de laïcité. Le maire de Montargis s'est interposé et a refusé ce refus (redondance, encore une- nous sommes entrés depuis longtemps dans l'ère de la résonnance qui a pris le pas sur celui de la raisonnance). donc le Père Noël viendra bien dans la maternelle de Montargis dans l'horrible costume prêté par la municipalité. Le maire a même signalé que des adjoints pourraient remplir cette noble mission. Le Père Noël est hélas ou heureusement laïcisé depuis belle lurette. D'abord il a été absorbé très trôt par le marché. Quand un suppôt de Satan osera dire que toute religion est en grande partie conduite aujourd'hui par des pulsions économiques, l'humanité aura fait un grand pas. Le religieux et l'économique, beau sujet de thèse. Ensuite les versions sur la naissance de la figure du Père Noël sont variables et multiples. Santa Claus,-Klaus, Saint-Nicolas, certes, mais le tout inspiré d'un lutin nordique qui distribuait des cadeaux aux petits bouts. Et puis la racine turque de Saint Nicolas en la figure d'un évêque généreux parce que fortuné qui partagea son épargne. C'était au 3ème siècle du calendrier...chrétien. 3 siècles après JC, Jean-Claude pour les intimes. De fait, des familles arabes chrétiennes fêtent le papa Noël, de même qu'en Israël, Papa Noël fait bonne figure alors que la tradition judaïque ne célèbre pas Noël. Coca Cola est intervenu entretemps, il est vrai. Il est vrai aussi que l'effacement du Père Noël dans l'apprentissage des magies de la vie chez les enfants au profit des cadeaux qu'on commande sur catalogue, participe pleinement à la construction des consciences consuméristes à venir. Alors je vais passer pour vieux crétin, fier de l'être, en disant que la découverte à l'école communale de mon village de la non-existence du Père Noël, fut certainement la plus grande déconvenue que j'ai pu connaître dans la vie. Si si, je vous promets. Un camarade d'école m'avoua effectivement qu'il avait observé ses parents en plein préparatif des cadeaux au grenier de la maison, alors que les présents devaient tout bonnement tomber de la cheminée. Je me souviens surtout des veillées de  Noël. Je ne fermais pas l'oeil afin de surprendre le généreux donateur en action. Malheureusement je m'endormais bien avant l'aube laissant à ma chère mère le loisir de poser le cadeau au pied d'une cheminée éteinte (elle n'a jamais fonctionné). Je me souviens du garage en contreplaqué avec son ascenseur mécanique, une petite manivelle actionnait la montée et la descente d'un plateau en fer. Il me manque terriblement aujourd'hui. Si si je vous promets. Je me souviens de l'unique chaîne de télé en noir et blanc qui consacrait des émissions spéciales Noël avec l'incontournable Gilbert Bécaud, Gilbert dont mes parents possédaient deux 45 tours que j'écoutais pieusement sur le tourne-disque monophonique Phillips. Un jour, j'ai rencontré Bécaud. je le redoutais un peu, car peu de temps auparavant il avait éconduit un animateur-journaliste pitre. Je lui ai dit que son nom était associé indéféctiblement à mes Noël d'enfance. Je l'ai vu chaviré et moi, bouleversé.

Conclusion: ça n'a rien à voir avec les carnets de campagne. Peut-être. mais c'est mon blog. Conclusion donc: suite à l'anecdote du Père Noël de Montargis, de pauvres cons ont pris position  sur leur site en rappelant les valeurs essentielles de la patrie-nation-française qui n'appartient pas aux autres-etc- ils se font photographiés en treillis et hurlent à la mort des manants-ils donnent envie de vomir- et moi, de pleurer, simplement pour les soirées de Noël, Bécaud, tiens, dimanche j'irai à Orly....

Par Philippe BERTRAND - Publié dans : coup de gueule
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Jeudi 20 décembre 2012 4 20 /12 /Déc /2012 11:00

Le salaud, il n'y a pas d'autres mots. Le salaud, c'est nous. L'humanité mène une absurde course à la pêche aux requins qui passe en grande partie inaperçue pour des raisons de préjugés stupides. Le méchant requin, les dents de la mer ou le surfer qui laisse un membre entre les mâchoires de la vilaine bête.

A l'opposé, Claire Nouvian pourrait être une sirène des mers, sauf que son milieu marin est bien plus profond, dans les abysses pour tout dire. Pour cette journaliste documentariste, la découverte de l’exploitation outrancière et catastrophique des fonds marins depuis 30 ans, la pousse à réagir. Elle écrit un livre, dirige une exposition à ce monde des profondeurs océaniques et entre en bataille avec BLOOM, association qu’elle fonde à Paris en 2005.  Les études menées par le petit groupe d’experts de l’association ont permis d’ interpeller des acteurs politiques et économiques. C’est ainsi que les mers et océans ne peuvent plus supporter d’être exploités, pollués et dévastés par des méthodes de pêches industrielles. Des actions urgentes s’imposent comme  la lutte contre l’extinction dans l’indifférence totale des requins. A ce sujet, le premier acheteur de squalane, substance extraite de foies de requins évoluant dans les profondeurs, est le secteur cosmétique. 90% de l’huile de foie de requin seraient destinés à cette industrie, ce qui correspondrait à une capture annuelle de 2millions 700 000 requins. La pratique de la capture est de recueillir les foies et de rejeter les carcasses à la mer à l’instar des ailerons prélevés sur des animaux balancés au jus vivant et voués à crever lentement sur place. Tout ça pour de l’anti-ride… Les chiffres rapportés ici sont ceux communiqués par  l’association, à lire à  www.bloomassociation.org

 

 

 

 

 Crédit photo: Sébastien Losada. M'Bour, Sénégal.

 

 

 

Le marché très juteux des ailerons de requins dont les vertus thérapeutiques n'ont jamais été démontrées (!) est encore plus indécent. Les compteurs des nombres de spécimens sacrifiés s'affolent entre 1996 et 2000 car les estimations oscillent entre 25 et 75 millions de requins massacrés par an!!!!

Le pire serait de se dédouaner de toute responsabilité dans cette horreur puisque plusieurs pays européens à commencer par l'Espagne possèdent un contingent de bateaux destinés à tuer du requin. C'est ainsi que l'Europe expédie en Asie l'équivalent de 15% de la consommation asiatique d'ailerons de requins. La cerise sur la farce revient à la France, qui est le premier importateur d'ailerons en Europe. Salauds, je vous disais.

 

 

Par Philippe BERTRAND - Publié dans : coup de gueule
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 20 novembre 2012 2 20 /11 /Nov /2012 11:04

Comme chaque année les banques alimentaires organisent leur collecte nationale. Celle-ci est prévue vendredi et samedi prochains (23 et 24 novembre 2012). La grande distribution joue le jeu encore cette année en permettant aux bénévoles d’intervenir dans 9000 magasins et puis ce n’est pas  plus mal pour l’image des grandes enseignes qui distribuent à grande échelle mais jettent aussi à la même échelle. Cette année 3500 épiceries de proximité adhèrent à l’opération ainsi que de nombreux médias et partenaires. Il est clair que la prise de conscience de la crise et des besoins de solidarité se confirme. Pour rappel la banque alimentaire est un réseau composé de 79 banques et de 18 antennes regroupées au sein d’une fédération. Il est un fait cruel aujourd’hui face à la demande des 79 millions de citoyens qui en Europe vivent sous le seuil de pauvreté, c’est le gaspillage alimentaire.  L’Europe toute entière concernée a choisi de créer en 2014 une année européenne de lutte contre le gaspillage alimentaire. En France, ce sont 20 à 30 kilos de produits alimentaires qui sont jetés par foyer et par an dont un tiers encore sous conditionnement. Associé aux rebus de la production, par exemple les produits de la terre mal calibrés pour le marché, aux rejets des industries, par exemple les défauts d’emballage ou d’étiquetage, près d’un tiers des produits et articles de l’ensemble la chaîne alimentaire du producteur au consommateur est gaspillé. Ajoutez les déchets de la grande distribution et de la restauration, près de 50% d’aliments sains sont gaspillés chaque année dans l’union européenne. Dans ce contexte, les banques alimentaires n’attendent seulement  pas un geste mais une réflexion citoyenne et politique. Comme je vous le disais, ça vient ou ça va venir (le parlement européen souhaite réduire de moitié ce gaspillage d’ici 2025, dans 13 ans….)

www.banquealimentaire.org

Par Philippe BERTRAND - Publié dans : coup de gueule
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 13 septembre 2011 2 13 /09 /Sep /2011 16:04

 

L'art d'informer n'est pas de tout repos. Il y a dans la grande "famille" des journalistes, les professionnels du terrain qui vont parfois tutoyer les pires zones de l'humanité en crise ou en guerre. Certains y ont donné de leur sang et de leur vie. Reporters voire grands reporters, derniers aventuriers d'une terre que nous connaissons presque aussi bien que le fond de notre poche. Mais le journaliste n'est pas que cela. C'est aussi celui qui se frotte aux mots. C'est l'héritier d'un Kessel ou le lointain admirateur (et non plagiaire) d'Hemingway.   La fonction, la place du journaliste et son crédit sont pourtant régulièrement remis en cause comme si un doute planait sur l'éthique du métier. D'ailleurs le terme même de déontologie a disparu des conversations. On se souvient des admonestations parfois touchantes parce naïves d'un Georges Marchais " Vous ôtres, les journalisses"... Journalisses. Oui. Lisse comme le papier sur lequel s'inscrivent les lettres de celui qui est, au demeurant, journaliste. Demeurant. Deux mourants aussi, le journal et le journaliste. Chute des ventes, perte du lectorat ou éparpillement vers d'autres sources d'informations. Demeurant au chevetdes deux mourants, Demorand. Vu de mon rang,  la perspective est différente, car Libé vit "une riche rentrée" (Libération, édition du 13 septembre, page 8), par Nicolas Demorand. Une pleine page adressée " à nos lecteurs" et surtout destinée à "mes actionnaires et employeurs". Une page de publi-reportage comme je n'en n'avais pas vue dans un journal d'INFORMATION depuis 40 ans. Un gros cadeau d'autoglorification. Du jamais vu et surtout jamais écrit dans un assemblage conceptuel proche de la cotation boursière.  Le titre marque "une progression de +5,2%. Une performance d'autant plus remarquable que, dans le même temps, l'ensemble du marché de la presse écrite a connu une baisse très significative". Reprenons le "texte" et mettons-le à la sauce Airbus ou Renault. Même combat. Justement, Combat et ses grandes plumes. le Matin et ses enragés de la colonne qui décoiffe. Saint Nicolas se félicite et abreuve son sillon des formules du marché. Le contenu? Tu veux dire l'information? Va plus loin (dans l'article, mais aussi dans la réalité): "L'actualité du premier semestre fut d'une richesse extrême: révolutions dans le monde arabe, tsunami et catastrophe nucléaire au Japon"... Encore un petit effort pour l'apprenti journaliste. Recommence avec moi, cherche d'autres combinaisons de mots: révolution dans le monde nucléaire? -Pas mal. Tsunami arabe? -Bien. C'est amusant un édito, vous ne trouvez pas? mais alors le publi-reportage c'est encore mieux, parce que t'as encore plus de place et plus de combinaisons de mots à faire. Si si. Au Demorand, "les ventes sont en hausse": "notre application iPad, reconnue comme l'une des plus innovantes du marché"... Texto, dans le texte. Ce n'est plus du journalisme, mais de la quincaillerie. Comme Tintin, Nico de Libé, ajoute "Objectif 2012":  "un 'hub' bimédia a été constitué pour la couverture de l'élection présidentielle". La quincaillerie a même intégré l'onomatopée numérique. Hub. " Le flux d'information sera traité, (virgule) tout au long de la journée, (virgule) au mieux des intérêts et des spécificités des deux supports, papier et web". Ouf, j'ai eu peur, je croyais qu'il s'agissait de l'intérêt  des lecteurs. C'est tout Net un journalisse et ça gère le flux du gros tuyaux sur l'ensemble de la canalisation. C'est vachement pratique, moi qui pensais que c'était pour apprendre des choses sur le monde. Vive la robinetterie et l'auto-savonnage. Salut.  -Hub!

 

Par Philippe BERTRAND - Publié dans : coup de gueule
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Présentation

Recherche

Calendrier

Mars 2014
L M M J V S D
          1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30
31            
<< < > >>

Liens utiles

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés