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Carnets de Bretagne

Mercredi 7 septembre 2011 3 07 /09 /Sep /2011 19:50

 

 

L'Ille et Vilaine

 

Une capitale départementale et régionale, Rennes et les sous–préfectures de Fougères, Redon et Saint-Malo. Une densité de population qui atteint le million d’habitants avec une croissance qui est quasiment coutumière sur cette région. L’Ille et Vilaine, c’est un peu l’œil de la Bretagne à l’image du logo du département qui correspond au grand cercle rouge qui trône dans le triangle breton. La variété économique des lieux a nécessité un découpage en pays dont celui de Rennes au centre, le pays de Saint-Malo au nord (puisque le département bénéficie de cette petite part de littoral si fameuse qui dépend de la côte d’Emeraude), le pays de Fougères au nord-est, celui de Vitré à l’est, le pays de Brocéliande (ça fait toujours rêver) à l’ouest, les Vallons de Vilaine au sud et enfin le pays de Redon et Vilaine au sud-ouest. Economiquement ces pays se partagent entre la logistique, l’automobile, l’agro-alimentaire et les nouvelles technologies, en rappelant les bonnes bases qui en font le premier département laitier et producteur de viande bovine français et un acteur premier du tertiaire puisque les transports, services aux particuliers et aux entreprises et les services publics  représentent 71% des emplois. L’agriculture est toujours en proie à des reconditionnements. Enfin pour la bonne nouvelle, même si ce sont des résultats valables pour l’année 2008, l’Ille et Vilaine est le premier créateur d’entreprises de Bretagne avec 3855 entreprises nouvelles enregistrées en 2008.

 

 

 

 

 

 

Un mot sur l’association Certi’Ferme née dans la commune de Saint-Grégoire. L’appellation désigne une démarche entreprise par les éleveurs de volailles du Grand Ouest et qui donne une totale transparence à leur production. Mieux un site permet des échanges entre consommateurs et producteurs et favorise cette transparence. Ainsi 350 professionnels de la filière avicole se sont engagés à respecter un cahier des charges de qualité qui recouvre la traçabilité et la qualité du produit, le respect de l’environnement, la santé et le bien-être de l’animal et la sécurité. Exemple concret de la traçabilité : avec un numéro de lot sur l’emballage, chacun peut revenir aux sources de l’élevage. Le principe a pris une ampleur inattendue au point que le site Certi’Ferme a enregistré cette année plus de 3 millions de visites et les pages du Web sont accompagnées de vidéos par lesquelles les éleveurs font partager leur savoir-faire mais donnent aussi des astuces de cuisine ou de jardinage. 12 000 recettes sont mises en ligne actuellement ainsi que 300 vidéos qui assurent une vitrine unique en son genre. Du coup les producteurs de canard du Sud-Ouest ont bien retenu la leçon et viennent d’ouvrir eux aussi un  site www.fermadour.com afin de donner à voir les coulisses des lieux de production dans les Landes. L’adresse des éleveurs du grand Ouest est du même style : www.certiferme.com

 

Culture et medias

 

 

La région a lancé un label « café de pays » qui permet de repérer les bistrots culturels qui suscitent une dynamique locale et participent au lien social. Ce label concerne 40 établissements en Bretagne dont récemment le Coquelicot de Fougères. Fougères, la ville, le coquelicot, l’esprit de Mouloudji, parce qu’en fait ce café de pays est des scènes principales malgré sa taille réduite de la chanson française (et parfois d’ailleurs) du département. Dominique nous a adressé un courrier fleuve pour vanter les mérites du lieu et surtout de son créateur, Patrick Diard. Nous sommes en 79 et ce touche à tout (plombier, vendeur ambulant), change de cap et achète pour deux francs et six sous un vieux bistrot de Fougères. 30 ans plus tard et 2000 concerts plus loin qui ont fait entendre les vieux loups, Vassiliu, Servat, Greame Allwright ou découvrir les futurs donneurs de voix, Alexis HK, Tryo, Jeanne Chéral, le lieu ne désemplit pas (il faut avouer qu’avec ses 80 places, c’est vite fait).  Une association est née pour soutenir les programmes du lieu, « le jazz et la java ». A chaque nom, on ne se trompe pas sur l’esprit. Le site de référence est à http://site.voila.fr/le-coquelicot/

 

 

 

 

 

 

Le développement des chaines de télévision locales est encore et toujours d’actualité. Certaines ont fait le pari de la diffusion « classique » hertzienne », d’autres ont choisi de proposer  des programmes à la carte sur le Net.  Un des pionniers en la matière en sans aucun doute TV Rennes 35 qui est né en 1987 sur le mode hertzien et dont les programmes n’ont rien à envier aux grands groupes de diffusion. Ici, évidemment, on a choisi la proximité et elle est de mise 22 ans plus tard.  L’historique de la chaîne régionale en atteste « dans le flux surabondant des images provenant du monde entier, il faut assurer la présence d’images de notre territoire de vie, territoire où l’on travaille, où l’on exprime sa solidarité de voisinage, où l’on  se déplace, où l’on consomme, où l’on bâtit des réseaux sociaux ». Toutes ces activités méritent, dit encore l’éditorial de la chaîne, que celles-ci soient commentées et soutenues. Plus encore, une majorité de personnes ont choisi délibérément de s’informer, hélas, que par le seul canal télé, d’où la nécessité de leur fournir un contenu local indispensable. Une belle morale s’en suit que donne encore l’édito de Tv Rennes : «  si l’écran de télévision n’ouvre pas sur le monde de la proximité, cette proximité deviendra plus étrangère que le reste du monde ». L’ensemble des informations et des programmes apparaît à www.tvrennes35

 

 

 

 

Certaines chaînes ont choisi une version plus décalée avec le Net, parfois très poil à gratter, tout en restant néanmoins informatives. C’est la cas de 23h60 gérée par une immense équipe dirigée par Sébastien, qui est notre correspondant, à savoir Augustin au son et Céline aux interview et reportages.  La vie sociale, culturelle, sportive et politique de Rennes passe au tamis de la petite chaîne dont les plateaux de lancement ont un côté Deschiens et un  esprit Groland. Ça donne  des thématiques « géniales » : l’émission du dimanche, l’émission du mercredi, et le très prisé rendez-vous des « gros sujets ». Pour avoir visionné une série de reportages, on se laisse facilement porter par le ton de la petite entreprise d’information: www.23h60.tv

 

 

 

 

On l’appelle le « magicien » dans son petit collège. Stéphane Fourreau est né dans la musique et vit par elle. Il l’enseigne à Fougères et retape ses instruments dans son atelier de luthier d’Andouillé. Non content de faire le prof au collège, Stéphane fourreau a décidé de développer la pratique instrumentale aux collégiens qui n’avaient pas accès à une école de musique. 300 heures de réparation de trompettes, flûtes traversières et autres tubas chinés ici et là et son orchestre de collégiens était prêt à souffler. Au collège l’équipe pédagogique l’a tout de suite suivi dans son projet et même si l’inspection académique est peu emballée par l’aventure, les collégiens se sont découverts une vocation au point que les résultats scolaires s’en sont trouvés améliorés.  Désormais la classe de musique répète deux heures par semaine et les premiers concerts n’ont pas tardé à être programmés. Ce fut le cas à l’opéra de Rennes et surtout lors d’un défilé du 14 juillet sur les Champs Elysées où les apprentis ont pu s’exprimer face à la tribune présidentielle. Mais l’histoire ne s’arrête pas à cette expérience : une association a été créée à l’échelle nationale, il  s’agit de l’Orchestre à l’école dont l’objectif est de développer des programmes pédagogiques et de soutenir les projets musicaux en sollicitant l’éducation nationale et les collectivités locales. Le site est à www.orchestre-ecole.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Morbihan

 

 

Et le développement durable...

 

 

Un observatoire très particulier destiné au plancton marin : Créé sous forme associative à 1993 à Port-louis à 10 km d’Hennebont, cet observatoire prélève, étudie et observe l’évolution entre autres du  plancton végétal qui est à la base de la vie océanique. Agressé par l’industrie du siècle dernier, dégradé et maltraité maintenant, le plancton marin fait l’objet de rapports scientifiques mondiaux très alarmistes. L’association dispose d’un outil de sensibilisation et d’information mobile qu’elle partage avec les jeunes publics comme avec les adultes et surtout les professionnels de la mer. Deux fois par an, elle édite un journal baptisé « l’écho pépode » (c’est comme cela que j’ai appris que les copépodes sont des petits crustacés qui font partie du plancton animal). www.observatoire-plancton.fr.

 

 

Le développement durable est également au cœur des enjeux portés par les Parcs naturels régionaux. Nés en 1967, ces espaces de sauvegarde et de promotion des savoir-faire et des productions des territoires, n’ont jamais été autant en accord avec les nouvelles règles de vie et de travail à l’égard de l’environnement. Ils sont 46 sur le territoire français et en outre mer dont un des plus grands est en Corse, tandis que la Guyane en possède 2 et la Martinique 3. Tous les arguments du développement local y sont concentrés : l’éco-tourisme avec des séjours nature, l’agriculture et les produits locaux, le patrimoine culturel,  les entreprises durables et la cohésion des populations sur un même territoire. Là aussi des alarmes se font entendre à la perspective d’une réforme territoriale qui pourrait entamer le financement de ces espaces privilégiés. http://www.parcs-naturels-regionaux.tm.fr/fr/accueil/

Le Morbihan projette lui aussi de créer son parc naturel et il a toutes les bonnes raisons d’entrer dans cette grande fédération à la seule nuance que des résistances locales freinent la réalisation de ce PNR.

 

Fabienne dirige le CPIE forêt de Brocéliande. CPIE autrement dit, centre permanent d’Initiatives pour l’environnement. Créé il y a 20 ans, écrit-elle pour sortir du marasme ambiant de l’exode rural et créer un nouveau type d’emplois, le cpie de brocéliande compte 12 salariés et fait un énorme travail à destination des enfants,des familles, des élus et des professionnels. Implanté au cœur du pays Gallo, le centre propose des programmes d’éducation  à l’environnement et est désormais un outil de développement local non négligeable. On y rencontre des spécialistes en développement local, en développement associatif, des chargés de mission environnement et des professionnels de l’accueil et de la restauration. Le CPIE est à Condoret, village aux façades de schiste rouge, teinté du sang des fées selon les légendes qui se transmettent là-bas. www.cpie-broceliande.fr

 


 

Cohérence, qui regroupe une centaine de structures ou groupements associatifs, détient un outil très original expérimenté aux Pays-Bas : le baromètre du développement durable. Ce baromètre devenu ici breton, permet aux communes bretonnes de mesurer leur efficacité en matière de développement durable et offre la possibilité aux associations comme aux particuliers de dialoguer avec leurs élus. Lancé depuis peu, cette mesure moderne fédère petit à petit les communes du territoire. L’agglomération brestoise y a adhéré récemment et vient de publier ses résultats de mesure. Ce type d’outil, qui séduit de plus en plus les collectivités, a convaincu la région Paca, les Pays de la Loire et le département de l’Essonne. Véronique, qui nous écrit depuis la région Rhône-Alpes, suit actuellement l’installation de ce baromètre chez elle. Quant au réseau Cohérence, il regroupe des acteurs qui travaillent à inventer des alternatives à la production et à la consommation en cours. Par exemple, il s’agit d’explorer d’autres champs pour la production porcine, de favoriser la production agricole biologique et son application à la restauration collective ou de soutenir les entreprises locales engagées dans le développement durable. www.reseau-coherence.org

 

 

 

 

 

L'intelligence de la mémoire...

 

 

 

Nous sommes à Pluneret au milieu des jardins de mémoire, des jardins très particuliers puisqu’il s’agit d’un cimetière unique en son genre. Pas d’allée, pas de dalles façonnées. Pas de niches de columbariums, pas de marbre lourd. Des arbres, seulement des arbres. Il s’agit d’un site cinéraire, donc où sont déposées les cendres des défunts. Chaque emplacement est signalé par un arbre. L’espace de verdure borde le golfe du Morbihan et l’endroit respire le calme et l’harmonie. L’idée de l’arbre de la mémoire a vu le jour en 1998 dans un domaine qui portait un nom prédestiné, le bois sacré qui jouxte le tout petit port du Bono. D’une superficie de 35 hectares, ce parc sera planté à terme de plus de 10 000 arbres. Un architecte paysagiste a recensé une trentaine d’espèces d’arbres et a dessiné un reboisement type. Des raisons écologiques s’imposaient dans ce choix : plus les essences sont nombreuses sur un même site, moins les maladies des arbres et autres parasites se propagent. La diversité des arbres évite aussi la monotonie et enfin pour des raisons qui lui sont propres, une personne peut préférer un arbre à un autre. C’est ainsi  moyennant un contrat d’entretien, la personne intéressée choisit son arbre et a la garantie d’un suivi rigoureux authentifié par un acte notarial. Une concession de 98 ans est alors accordée sur votre arbre. Depuis 10 ans ce domaine du bois sacré a déjà reçu des chênes, des ifs, séquoias géants, des érables, des marronniers d’Inde ou des micocouliers de Provence, pour ne donner que quelques variétés parmi celles qui figurent sur le plan des jardins que vous trouverez à www.jardinsdememoire.com

 

 

Echos d'économie

 

 

Histoire de souligner des directions novatrices empruntées par les entreprises locales, la chambre de commerce et d’industrie du Morbihan fait découvrir par quelques vidéos les bons élèves de l’économie locale. Outre une séquence sur les vertus potentielles de l’aéroport de Lorient, en réalité l’aérogare de Lorient-Ploemeur, qui relie Lorient au monde entier, dit la voix off, et d’abord à Lyon et Paris, j’ai trouvé un point de vue plus intéressant sur une entreprise lorientaise, l’usine de Kervellerin. Spécialisée depuis 60 ans dans les cosmétiques à base d’algues traitées, cette usine reconditionne aujourd’hui aussi les coquilles d’huîtres (non pas pour votre fond de teint, mesdames, mais pour fabriquer la peinture blanche de signalisation routière). Réduite en poudre, la coquille calcaire devient un parfait pigment blanc  Les ostréiculteurs trouvent par la même occasion un nouveau débouché. Si vous ne me croyez pas, allez jeter un œil à cette page de la cci à www.morbihan.cci.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

Book hémisphères, dont la première fonction est de redonner vie aux vieux livres, est une belle entreprise soilidaire. Le slogan de cette entreprise unique est « une 2ème chance pour un homme, une 2ème vie pour un livre. Suite à la dernière année d’exercice, book hémisphères dispose de 150 000 livres récupérés et triés dans l’entrepôt de l’entreprise et 20 tonnes ont été revalorisées au cours des premiers mois. 4 emplois ont déjà été créés dont 2 dédiées à des personnes en difficulté. Surtout le principe novateur dans la récupération tient à des boîtes à livres qui sont installées dans tout le département avec la complicité d’une trentaine de villes et de communautés de communes. L’autre pertinence de la démarche de Benjamin dans son entreprise est de redistribuer les livres aux associations en Bretagne, en France ou à l’étranger (exemple 1200 manuels scolaires expédiés au Burkina Faso). Cette société est devenue une importante plate-forme spécialisée dans le tri du livre et surtout elle s’est donnée une fonction environnementale en orientant les livres trop usagers vers un papetier du Grand ouest pour les transformer en pâte à papier. www.bookhemispheres.org

 

Télégrammes de Bretagne et pas uniquement de Brest...

 

 

Je souhaite ici évoquer une des grandes figures de la peinture moderne, j’ai nommé Pierre Tal-Coat, né en 1905 à Clohars-Carnoët près de Quimperlé et décédé 80 ans plus tard dans sa demeure de vernon dans l’Eure. Pierre Tal-Coat, de son vrai nom Pierre jacob, aurait choisi ce pseudonyme afin de se démarquer de Max Jacob, son voisin poète originaire de Quimper. Tal-Coat, fils de marin-pêcheur, commence à dessiner et à sculpter à Quimperlé avant de poursuivre son travail à Paris. Ami de Giacometti, Picabia, Gertrude Stein, Hemigway ou Balthus, il prend fait et cause contre la guerre d’Espagne et se réfugie à Aix en Provence après la démobilisation de 40. Il y peint et apparaît dans une exposition des vingt jeunes peintres de la tradition française organisée par Bazaine. Après 1945 sa peinture devient non figurative et entre dans une nouvelle ère de recherche de formes, de matériaux et de couleurs. Il participe avec Miro et Ubac aux aménagements de la Fondation Maeght en 63 et obtient le grand prix National des Arts 5 ans plus tard. Le Grand Palais lui consacrera une rétrospective en 76. Aujourd’hui Tal-Coat revient chez lui d’une certaine manière par le projet de création d’un Centre d’Art orchestré par le Conseil général du Morbihan.

 

 

 

                                                                Crédit photo: www.tal-coat.fr

 

 

Décidément la Bretagne dispose d’une belle offre culturelle en particulier par ses centres nationaux et scènes nationales. Après le centre du théâtre de Bretagne de rennes, le Quartz, scène de Brest, voici le CDDB de Lorient, centre dramatique national dirigé depuis 1996 par Eric Vigner. Sa mission précisément définie : découvrir, produire et accompagner les artistes de demain dans la perspective d’inventer l’avenir en associant à ce projet des créateurs, des jeunes compagnies mai aussi des acteurs du théâtre vivant dans une volonté de croisement des savoirs et des arts », le centre de Lorient est reconnu comme pôle de référence en France et en Europe. Outre sa programmation et ses productions le CDDB développe des actions en direction des scolaires, des étudiants, des amateurs et des professionnels du Morbihan. Evidemment le centre possède un site truffé d’informations à www.cddb.fr

 

 

 

 

 

Histoire d'en rire ou presque.

 

 

La Bretagne, comme beaucoup de régions, bénéficie de son magazine dont le dernier numéro bimestriel (qui paraît tous les 2 mois) est en grande partie consacrée à la pêche à pied. Le problème est que ceux qui font la grève (mais qui ne manifestent pas pour autant) sont de plus en plus nombreux. Je m’interroge alors sur les vertus d’un dossier, bien fait au demeurant, mais déployant la carte des lieux de pêche. J’imagine que les autochtones les connaissent parfaitement à l’image de l’écrivain Marc Legros qui ramasse palourdes grises et crevettes de roche dans un petit port de la baie de Morlaix à l’aide de la cuillère que lui a transmise sa grand-mère Laurencine, autrement dit les jardins salés se transmettent de génération en génération. Quoiqu’il en soit les coins de pêche sont légion y compris sur la côte sud, des Etrilles, ces petits crabes à la chair bien fine, aux palourdes en passant par les crevettes, les couteaux, les huitres plates ou les ormeaux difficiles à débusquer en période grandes marées et surtout abondant sur les côtes voisines du Finistère nord. Maintenant nous sommes loin du temps des glaneuses de la mer qui allaient sur l’estran poussées par la nécessité, puisque aujourd’hui ce sont des vagues d’amateurs qui se pressent à marée basse pour cueillir les pépites de la grève. Le magazine reproduit une photo d’un site de pêche qui a quelque chose de la foule de touristes sur une côte varoise au mois de juillet. La légende stipule « pour l’instant, aucun lien n’a été établi entre la multiplication des cueilleurs et la raréfaction des espèces ». Ah, bon ?

Par Philippe BERTRAND - Publié dans : Carnets de Bretagne
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Lundi 5 septembre 2011 1 05 /09 /Sep /2011 21:42

 

Finistère

 

La Bretagne suite et pas fin, loin de là, avec des éclairages sur le département du Finistère. La fin de terre. L’ultime bras continental européen. La Mer d’Iroise, parfois sauvage et traître lorsqu’elle est battue par les vents. Les cendres de Gabin s’y sont répandues et Yann Tiersen la chante souvent sinon toujours. On le comprend. La capitale départementale au cœur de la Cornouaille avec Quimper et des villes adjointes qui ont absorbé l’essentiel de la population à l’image de Brest puis Morlaix et plus modestement Chateaulin. Sa côte est hachée et envoûtante submergée par les légendes dont le terme est inscrit dans le littoral extrême entre Ouessant et la pointe du Raz. Le Finistère est un des départements français les plus peuplés, le dernier recensement lui accordant près de 900 000 habitants soit 132 habitants au kilomètre carré. Historiquement ancré (c’est l’expression employé par le Conseil Général) dans  l’agriculture, l’agroalimentaire et la pêche, le département tente de tirer son épingle du jeu adapté à sa réalité géographique à savoir par le tourisme et l’industrie nautique. Il n’empêche que les trois principales filières engrangent l’essentiel des emplois. L’industrie agroalimentaire et l’agriculture représentent 41% des emplois salariés du département. Le département est au troisième rang national en productions animales. Sans parler d’orgueil, on ressent toutefois une évidente fierté à appartenir à cette vieille terre.

 

 

Echos d'économie


 

Le Finistère, territoire encore fortement agricole puisque cette activité recouvre les 2 tiers de la superficie du département. On y dénombre environ 11000 exploitations agricoles qui emploient approximativement 26 000 personnes et une bonne majorité tirent leurs ressources des productions animales. Malgré la crise engendrée par le prix des carburants, la pêche représente toujours un secteur d’activités important, mais c’est du côté des nouvelles technologies et de l’innovation que je souhaitais attirer votre attention. La semaine de l’innovation en Bretagne qui s’est tenue en juin dernier a donné à voir l’exemple d’entreprises performantes et inventives. Un site vous en donne le menu détail, vidéos à l’appui, à www.innovons.fr. je prends pour exemple cet entreprise des côtes d’Armor, Ecocéane qui met au point des bateaux employés au nettoyage des plans d’eau. Le premier est baptisé cataglop, petit bateau qui absorbe déchets solides mais aussi liquides en surface, le second, le catamar, est une version de précédent plus sophistiquée et plus conséquente, 18 mètres de long, et destinée à éponger les marées noires. Les résultats sur une maquette au un dixième sont très concluants et les résultats enregistrés par la société sont du même tonneau (si vous me passez l’expression) puisque Ecocéane emploie 23 personnes et 90% de son chiffre d’affaire dépend de l’exportation. Pas mieux pour cet artisan brasseur de Trégunc dans le Finistère qui avec Britt est devenu en 7 ans le premier brasseur artisanal français/ Jean-François Istin, à l’origine de cette aventure, enregistre un chiffre d’affaires de 3, 2millions d’euros, emploie désormais 27 personnes. Pillouer, directeur du TNB.

 

 

 

Lepaysanducoin.fr est un site de vente directe de produits agricoles dans Finistère. Martin, qui est lui-même producteur de viande bovine dans les montagnes noires, est un des initiateurs de ce site qui répond à la question qui vend quoi près de chez moi. Une carte départementale s’affiche avec tous les exploitants et producteurs correspondants. A vous ensuite de constituer votre panier virtuel et avis aux agriculteurs qui peuvent se brancher directement sur ce réseau et non seulement mettre ses produits en ligne mais aussi expliquer ses propres méthodes de production. La lecture est claire, simple et les tarifs affichés  sont évidemment complètement attractifs avec une moyenne inférieure au prix normal de 30 à 40%. On peut aussi se fournir au détail. On y trouve également des légumes et on peut même se procurer du bois de chauffage parce que l’hiver sera, peut-être, rigoureux….. www.lepaysanducoin.fr

 

 

 

J’ai trouvé l’information intéressante et originale et je n’attends pas la journée internationale de la femme pour vous la confier : il existe en Bretagne un réseau de femmes entrepreneurs qui s’entraident et accompagnent les nouvelles adhérentes à créer leur entreprise. Créée en 2008 cette structure a permis à plus de 100 entreprises de voir le jour nous dit Delphine. Camille témoigne que par ce réseau solidaire, elle pu donner vie à Paysages vivants, entreprise de création de jardins écologiques. Claudie reconnaît qu’après un licenciement sec, elle a pu avancer un projet grâce à ces femmes depuis le siège de l’association à Daoulas. www.entreprendre-au-feminin.net

 

 

 

Finistère solidaire

 

 

Deux premiers exemples d’initiatives solidaires : d’abord l’association « bien vieillir ensemble » créée en 2004 à Quimper et dont le souhait était de défendre, aider et garantir les conditions de vie des personnes âgées des maisons de retraite. Depuis l’association a intégré aussi les personnes fragilisées vivant à leur domicile et s’est étendue en fédération nationale, la FNAPAEF, Fédération Nationale des Associations de personnes Agées et de leurs Familles.  C’est depuis le Finistère par l’intermédiaire de Joëlle le Gall que s’est constituée cette fédération qui regroupe 29 associations différentes. Sans nulle doute la tragédie de l’été 2003 a été à l’origine de la création de ce réseau qui se bat sur tous les fronts pour faire respecter la « Charte des droits et libertés de la personne âgée dépendante », charte établie en 1996 et comme on le constate, peu suivie à certaines périodes. La fédération intervient auprès des professionnels et des pouvoirs publics concernés et peut procéder à des signalements auprès des autorités médico-sanitaires. www.fnapaef.fr

 

 

 

 

 

 

 

La citoyenneté ensuite avec l’association « les productions Préparons demain » sise à Carhaix et composés de particuliers, de parents essentiellement, et de professionnels de l’enfance. Les deux ont décidé de prendre en main les grandes questions de l’éducation et de la parentalité et de les aborder par le film.  L’association réalise et produit des films à visée pédagogique dont la durée s’échelonne de 15 à 30 minutes. Tous les moyens sont bons pour informer et éveiller des questions et il faut reconnaître que celui-ci est franchement original.

 

www.lesproductionspreparonsdemain.com Les films sont proposés à la vente en DVD, afin de financer la réalisation des suivants.

 

 

 

J’ai bien aimé le courrier de Pierre. Au chômage depuis août 2010, auto-entrepreneur, auto-financé, Pierre a monté seul son projet, les pieds dans l’eau au fond de la rade de Brest (la formule vient de lui). Pierre a donc créé un nouveau réseau social, encore un, sauf que celui-ci se consacre à une amitié vraie, en tout cas à ce qui peut le devenir puisque l’essence de jsuissympa .com (c’est le nom de son réseau) est d’offrir gratuitement des services ou de les rechercher sur cette nouvelle toile. Son argumentaire s’entend facilement : ‘malgré ou à cause de la prolifération des réseaux et la multiplication de nos « amis », je constate que nous nous trouvons souvent isolés’. On peut avoir des amis sur le Net et oublier de saluer son voisin de pallier. Pierre n’a pas tort.  Sa devise : tout le monde a des besoins et tout le monde peut rendre service. Etre membre c’est s’engager par une charte à être sympa. Pierre rêve par sa petite entreprise de pouvoir créer des emplois en généralisant ce principe de services réels par et pour des amis qui le deviendront peut-être effectivement.

http://www.jsuissympa.com 

 

 

 

Culture encore et tant mieux

 

 

Un mot sur l’association créée par Eric Thomas dans le Finistère sud, à Clohars Carnoët. Nous sommes à 8km au sud de Quimperlé, lieu de naissance de l’association LAMA, Les Autres Musiques Aujourd’hui. Le principe est de supporter de nouvelles musiques rares  auprès du plus large public en produisant les concerts dans tous les lieux où la musique peut se faire entendre et si possibles des lieux insolites. Ça donne une violoncelliste, Noémie Boutin,  dans un ancien supermarché ou « les chevals » (c’est leur nom avec faute d’orthographe voulue et même souhaitée), fanfare dada, dans le port de Doëlan ou encore cette chose inédite qui s’appelle  « la soustraction des fleurs » (violons, voix, zarb) dans un hangar à bateaux en service. Yves qui nous a envoyé un long plaidoyer en faveur de ces iconoclastes dirigés par le sus-dejà nommé Eric Thomas qui oblige « de pauvres hères à devenir bénévoles et d’autres à devenir des spectateurs fidèles ». A chaque soirée de concert se déroule en parallèle une exposition de travaux d’artistes sans oublier un espace restauration bonne franquette. Comme la lettre était sympa, les réalisations dans ce bel espace qui laisse apparaître au loin les îles de Glénan, sont plutôt innovantes, je vous donne le lien www.lelama.fr

 

 

Si on longe le littoral jusqu’à Penmarc’h, ont peut croiser régulièrement des écrivains auteurs de polars, puisque c’est devenu presque une tradition que le noir vienne jeter son encre sur cette pointe de terre. Tout au long de l’année l’association « Le goéland masqué » (ça me rappelle le concombre masqué de Mandryka) invite auteurs de polars ou auteurs de BD (on y arrive) à des rencontres au bistrot, à l’école voire en maison de retraite. Et puis surtout ce goéland bizarre organise un salon du roman et de la Bd noire chaque année à la mi juin. Enfin la même association instaure des résidences d’auteurs à Ouessant. Le blog regorge d’informations à cette adresse http://goelandmasque.free.fr/

 

 

 

Ils méritent au minimum un coup de pouce et pour notre part un coup de projecteur. « Ils », ce sont les bénévoles de l’Aprèm Jazz à Quimper. Cette structure créée en 2001 a eu la bonne idée d’investir la ville en après-midi musicaux de très bonne qualité, libres d’accès pour la plupart des rendez-vous. Structure unique en son genre en Bretagne, le principe est d’organiser une quinzaine de concerts par hiver en accueillant autant de musiciens locaux que de musiciens français et étrangers. L’essentiel repose sur la proximité des échanges entre public et musiciens. La finalité du travail mené par cette petite équipe quimpéroise est de voir construire prochainement une salle dévolue aux spectacles vivants sur Quimper.  www.apremjazz.com.

 

 

 

 

Un coup de chapeau à des animateurs et -trices quimpérois qui font un énorme travail pédagogique, inventif (mieux que récréatif) et culturel en région de Quimper. Leur compagnie s’appelle le Très tôt théâtre, entendez qui commence tôt puisque l’essentiel des missions du groupe se porte vers l’enfance. Missionné depuis 2000 par le conseil général, nos correspondants animent et coordonnent un réseau départemental jeune public dans un souci d’aménagement du territoire. Le principe est non pas d’organiser des spectacles à la place des professionnels locaux mais de structurer la dynamique présente en la soutenant et en l’accompagnant. Soutien, administratif, soutien technique (prêt de matériel, conseils d’aménagement des salles) conseils sur les programmations, formation de personnes relais sur le terrain, bref une logistique complète qui permet au réseau de fonctionner toute l’année et non seulement pendant les vacances scolaires avec une pointe en novembre-décembre par un festival Théâtre « A Tout Age ». L’équipe met au point des résidences d’artistes et entretient le relationnel avec 60 structures du Finistère,  élus, associations de développement local ou employés communaux.

Le site alléchant du groupe est à www.tres-tot-theatre.com

Par Philippe BERTRAND - Publié dans : Carnets de Bretagne
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Lundi 5 septembre 2011 1 05 /09 /Sep /2011 18:11

 

 

 

 

 

Les Côtes d'Armor

 

Une première particularité du département est son nom officialisé en 1990 alors que le premier avis favorable à un nouveau baptême date de 1962. C’est un peu le défaut de la girafe administrative où le cerveau est trop éloigné des pattes arrière. Enfin bref, nous sommes dans les côtes d’Armor longtemps appelées Côtes du Nord. Côtes d’Armor autrement dit côtes du pays de la mer. Saint-Brieuc, la préfecture, et une des plus grandes baies de France après celle du Mont Saint-Michel et les sous-préfectures de Dinan, Guingamp et Lannion. Autre particularité du département, sa culture parlée avec ses deux langues traditionnelles qui se partagent le territoire. Le gallo étant plus répandu à l’est du département et le breton à l’ouest. Je pourrais baragouiner quelques mots en breton pour ouvrir ce numéro mais comme je redoute d’être ridicule je vais m’en abstenir. Quoique. En parlant de baragouin, j’utilise déjà la langue bretonne puisque ce terme vient de bara, pain, et gwin, vin, dont la réunion proviendrait  d’un lointain moyen-age et correspondrait aux mots employés par les pèlerins bretons qui demandaient l’hospitalité dans les auberges. Le plus amusant dans l’affaire est que le baragouin a entre autres comme synonyme le charabia. Or le charabia désignait au 19ème siècle l’émigrant auvergnat. Je ne vais pas m’étendre en baratin mais on remarque que l’étranger, le pèlerin nomade, le déplacé émigrant sont tous traditionnellement associés à un langage douteux et peu compréhensible. C’est l’avantage de la langue de laisser transpirer certaines attitudes et ici en l’occurrence un évident ostracisme à l’égard de l’autre et de l’étranger.

Le relief économique des Cotes d’Armor se dessine par l’agriculture, l’industrie agroalimentaire, l’élevage, la pêche évidemment et les nouvelles technologies dont celle des télécommunications, secteur presque entré dans la tradition comme le prouve le musée de Pleumeur Bodou. Les Côtes d’Armor et les ports, port et porc. En effet depuis plus de 30 ans le prix du porc se décide au marché de Plérin pour toute la France avec des conséquences européennes et même mondiales comme le disent les internautes de Wikipédia que  j’imagine fiers d’êtres bretons.

 

 

Par où tu pêches?

 

La Bretagne un des fiefs de la pêche en France puisque près de la moitié de l’activité nationale se concentre sur cette région. La filière pêche emploie environ 9000 marins auxquels doivent s’ajouter tous les emplois que procurent les secteurs connexes. Par exemple les quelques 180 mareyeurs bretons ( ils sont 400 en tout en France) représentent un peu plus de 2000 salariés en Bretagne qui traitent 120 000 tonnes de produits par an. Seulement aujourd’hui de nombreux problèmes se posent. Le marché n’est pas au beau fixe. Les navires de pêche maritime ont diminué de moitié sur les 20 dernières années et ce parc de bateaux prend de l’âge. Plus de la moitié des navires ont 20 ans ou plus. Le tonnage a chuté dans les différentes criées. Enfin les ressources marines ne sont pas inépuisables. La bande côtière subit en outre des pollutions multiples et des dégradations de certains habitats, ce qui explique le contrôle des zones de pêches et des expériences sont menées pour une pêche sélective dans le Golfe de gascogne afin d’adapter les techniques de pêches à la fragilité du système biologique marin. A titre d’exemple de réglementation,  la pêche de la coquille saint-Jacques en baie de Saint-brieuc n’est autorisée que 25 heures par an.

 

 

 

Les Côtes d’Armor, indicatif 22. ça rime avec Saint-Brieuc. Avec "Piano Bleu" aussi. (Souvenir d’une belle soirée France Inter dans ce bar à musique). Saint-Brieuc encore et un appel de la mer, un besoin de mer selon le tire de l’essai d’un écrivain briochin célèbre, Hervé Hamon. Et puis enfin, c’est aussi à cet endroit, dans ce pays briochin, une offre culturelle importante et originale En effet six scènes du pays de Saint-Brieuc ont décidé depuis un bon moment de travailler en réseau afin de proposer des spectacles à moindre coût et en grand nombre. Les six nommés sont la Quai des Rêves à Lamballe, le Grand Pré à Langueux, la Salle Horizon à Plédran, l’Espace Victor Hugo à Ploufragan, Bleu Pluriel à Trégeux et le centre culturel de la Ville Robert à Pordic. Eloignées d’une quinzaine de minutes de route les unes des autres, ces six scènes offrent chaque année une centaine de spectacles et de créations. La dernière citée présente l’originalité de façonner son programme à partir du prénom de Robert. Ça passe par exemple par une fête littéraire (c’est prévu pour la saint Robert justement) et le personnage de Robert est devenu une sorte de guide propriétaire virtuel des lieux. Ce centre culturel de Pordic donne à voir des spectacles de danse, de chanson française ou de théâtre au cours de sa saison et il organise une biennale d’art contemporain au début de l’automne. La dernière ayant eut lieu en octobre 2010, il faudra patienter jusqu’en 2012 pour la suivante. Il n’empêche que les autres propositions sont toutes très originales et se dévoile sur le site de la ville en cliquant sur le centre culturel à www.pordic.fr

 

 

Outre les deux grands pôles de télécommunications spatiales et nouvelles technologies autour de Lannion avec le technopôle Anticipa et celui du zoopôle de Saint-Brieuc qui abrite 700 techniciens en recherche animale et analyse biologique, le département possède une plate-forme associative d’aide à la création d’entreprise, Armor Initiative. Ici les repreneurs ou créateurs d’entreprise avancent un projet qui est examiné puis obtient un agrément grâce à un comité composé de chefs d’entreprises, de banquiers et de partenaires. Lorsque l’accord définitif est obtenu, un contrat de prêt est rapidement mis en place et le bénéficiaire est suivi et parrainé pendant toute la durée de sa prise en charge. Les prêts d’honneur s’échelonnent de 6000 à 24000 euros et ont permis en 10 ans à près de 190 entreprises de voir le jour. Alain nous donne l’exemple dans son courrier de trois femmes artisans qui ont créé leur boutique atelier à Moncontour, bourg de 930 habitants (www.laboutique-atelier.com)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                         Photo: S.U. Le Télégramme.

L’association  d’aide aux projets est à www.armorinitiative.asso.fr

 

 

 

 

 


Don't  touch à ma culture

Il existe de nombreuses associations qui privilégient  la valorisation du patrimoine breton qu’il soit culturel, social ou environnemental. Simon nous a envoyé une série de références qui sont toutes attachées les unes aux autres par ce souci d’entretenir une mémoire locale et de l’adapter à la modernité. Kendalch est la première référence en tant que confédération de valorisation des arts populaires bretons (notamment de la danse) qui regroupe 15000 membres. Simon précise que Kendalch a son siège régional dans le Morbihan et une antenne dans chaque département (il écrit les 5 départements bretons ainsi qu’en Ile de France). La Loire Atlantique est donc incluse dans ce réseau. [Sur le sujet de retour de ce département à la carte bretonne, nous avons encore reçus de nouveaux messages. C’est une histoire sans fin qui souvent dénonce le jacobinisme permanent refusant cette logique historique bretonne. Or je répète que nous suivons la géographie administrative telle qu’elle est dessinée actuellement. Ce n’est pas à nous, malgré toutes les raisons qui sont invoquées, aussi bonnes soient-elles, de redéfinir ces contours régionaux. Ceci n’excluant aucunement des partenariats entre le département de Loire atlantique et la région Bretagne qui existent déjà. Donc Kendalch possède de nombreuses antennes qui apparaissent à www.kendalch.com

Simon, toujours nous soumet le comité d’action culturelle sud 22 qui est un centre de ressources au profit du développement socioculturel du Centre Bretagne. Ce Cac est autant l’interlocuteur des associations que des collectivités soucieuses de leur avenir culturel. Parmi les services d’activités de ce centre, il y a l’audiovisuel, la diffusion culturelle, la lecture, le théâtre, la jeunesse et les services à la vie associative. Son lien est dans le portail associatif etrarie à http://etrarie.net/rubrique89.html

 

Une économie en supension....

Elle est jeune et dynamique. Plutôt séduisante et elle commence à faire parler d’elle. Il s’agit de l’entreprise « A un fil » sise à Trémargat. Ronan nous informe qu’elle  a créé un concept qui se laisse appeler « Plum’arbres », nouveau mode couchage arboricole. Plus précisément la jeune et dynamique société a déposé un brevet et une marque sur le principe qu’elle exploite de suspension en un seul point. Déclinant différents types de couchages suspendus, l’entreprise s’est attaquée aussi aux tables et étagères en suspension. A la limite du poétique, le concept a d’abord très bucolique et économiquement viable et durable. La société fait appel à des entreprises de la région pour réaliser ses modèles. Propriétaire de sa marque cette jeune entreprise assume sa diffusion et se répand maintenant en Blgique, dans les Landes, Les Pyrenées. Bref elle ne manque pas d’air. www.a-un-fil.com

 

 

 

Pour boucler la boucle économique, du moins provisoirement, je retiens encore l’exemple d’Eclis. Cette scic dont le nom complet est « Eco Construction Locale et Initiatives Solidaires » fait la promotion de l’éco-habitat sur le pays de Dinan. Installée à Quévert cette société coopérative renseigne et informe tous les intéressés collectifs ou particuliers, fait de la formation et surtout suit les projets de construction en activant son réseau de contacts avec les professionnels de l’éco-construction. Eclis, par son caractère solidaire, veut élargir l’accès des publics  à l’éco habitat et tente de solliciter prioritairement les fournisseurs de matériaux locaux. Ce type de structure n’est évidemment pas la première en France, mais depuis 2007 qu’elle existe, elle a pris une place dans le développement de nouveaux modes de vie dans les côtes d’Armor. Actuellement Eclis ouvre une nouvelle session de formation destinée aux demandeurs d’emploi en catégorie restauration du patrimoine. http://scic-eclis.org/

 

 

Des gens presque ordinaires...

 

Encore une découverte qui donne à lire et à voyager différemment. C’est Jean-Pierre qui nous a alerté de l’existence d’un journal pas comme les autres et donc comme je les aime. (Son siège est à Rennes, mais s'intéresse à toute la Bretagne). Il se trouve sur le Net et s’appelle histoires ordinaires, parce qu’il traite tout simplement des anonymes, inconnus qui étonnent et fascinent, parfois même nous font sourire tel ce rennais, fier d’être un contemporain de Johnny et collectionneur de vinyles. Son appartement en abrite 130 000 et notre collectionneur souhaiterait léguer ce patrimoine à un conservatoire. Ce monsieur s’appelle Robert Lacire (ça ne s’invente pas). Mais le journal ne tient pas de l’anecdote exclusivement puisqu’il relate l’histoire d’acteurs locaux à l’instar des invités des carnets dans le monde entier. Résolument conçu comme un journal, sa page d’accueil s’ouvre sur des reportages et témoignages. Actuellement le témoignage des bouleversements en Egypte vécus de l’intérieur. Histoires ordinaires, c’est une équipe de 8 journalistes réunis par un ancien grand reporter et qui ont choisi de dresser les portraits des citoyens du monde. Je pourrais reprendre l’argumentaire en l’adaptant à  nos carnets tellement les points de vue se rapprochent : « « Partout vivent des gens ordinaires surprenants, à des degrés divers, d’énergie, de créativité, de solidarité, de convictions, de passion pour l’intérêt général, en un mot d’humanité. Ces personnes ou ces groupes, nous voulons les rencontrer, les faire parler de leurs initiatives, de leurs luttes, de leurs bonheurs et leur permettre de partager leurs actions ». Illustration avec Michel Brochet, agronome, accroché à sa terre haïtienne ou avec Simon ; animateur nature de la forêt de Brocéliande parti s’installer dans le Vermont pour satisfaire son  rêve d’Amérique.

www.histoiresordinaires.fr

 

Par Philippe BERTRAND - Publié dans : Carnets de Bretagne
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