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Carnets du Centre

Vendredi 13 janvier 2012 5 13 /01 /Jan /2012 14:31

Indre et Loire

 

 

L’Indre-et-Loire hormis sa capitale administrative de Tours, est éminemment rural et grandement agricole et viticole. L’Indre et Loire, encore un nom figé dans les annales de l’administration alors qu’ici on parle plus simplement de Touraine et les habitants de ce territoire sont des tourangeaux et non des indro-ligériens comme on a tenté de le faire dire. La Touraine, donc, et Tours qui comptabilise à elle seule 140 000 habitants sur les 597 000 qui vivent dans le département. Tours, ses services dits de qualité et son université Rabelais n’ignore pas que son développement économique aurait pu être plus évident. Du coup on se tourne vers un patrimoine terrien et historique qui occupe l’essentiel de l’espace. Illustration avec le site du département qui propose en page d’accueil un petit questionnaire-sondage : Pour vous ce qui représente le mieux la Touraine, c’est

1) sa gastronomie 2) la Loire. 3) ses Châteaux 4) Ses vins. Tout est dit dans ce questionnaire.

Vignobles de Rouvray et de Chinon, terroirs de Bourgueil dont la maison des vins est installée dans la maison natale de Jean Carmet (le grand comédien et surtout fin amateur des vins de soif). Châteaux de Chenonceau, d’Amboise, d’Azay le Rideau, les jardins de Villandry, les forteresses de Chinon et de Loches.

 

 

 

Economie

 

 

 

 

La ville de Tours mise beaucoup sur les actions culturelles pour dynamiser ses espaces. Sur le site de la ville, je compte pas moins d’une quinzaine de festivals. Je retiens que l’autre versant économique du département est très dépendant de la production agricole et de l’essor de sa partie biologique qui se justifie par les rendez-vous en région du Printemps Bio autour des 6 principaux groupements d’agriculture biologique du département et de Bio centre, la vitrine de la filière bio en région centre. D’ailleurs si vous allez sur son site, www.bio-centre.org, vous trouverez de nombreuses informations, car cette agriculture fait de plus en plus d’adeptes avec une moyenne de 300  nouveaux producteurs bio chaque mois en 2009 (300 prod/par mois. Le calcul donne donc le nombre  de 3600 producteurs supplémentaires sur l’année !!!). Ce résultat est un étrange écho à la situation toujours alarmante des autres agriculteurs embourbés pour certains dans des fossés de non rentabilité inquiétante. Pour preuve encore, si besoin est, cet article de la Nouvelle république du centre Ouest qui rappelle que parmi les bénéficiaires du RSA, Revenu de solidarité active, figurent de plus en plus de paysans. La Chambre d’agriculture d’Indre et Loire a reçu 80 demandes d’inscription. Toutefois, on souligne que par manque d’informations, potentiellement 500 à 600 agriculteurs sont concernés.

 

 

 

 

La Touraine, terre des initiatives voire des échanges internationaux comme l’atteste la géniale association Fioretti Solidarité basée à Richelieu. Aurélien a vraiment bien fait de nous adresser un courrier qui donne le ton des projets conçus par cette association culturelle qui dépend de l’ITEP, l’Institut Thérapeutique Educatif et Pédagogique de Chinon. L’institut accueille principalement des jeunes souffrant de troubles psychologiques et comportementaux et Fioretti Solidarité prolonge les « missions intégratives » de l’ITEP au profit des jeunes en grandes difficultés.Les membres du conseil d’administration de cette association sont des éducateurs et psychologues de l’institut. Les adhérents eux sont à 80% extérieurs à l’établissement. Or Fioretti Solidarité, depuis 2002, organise des missions dites intégratives au Burkina Faso. Quatre d’entre elles ont déjà conduit 55 jeunes en terre africaine. Je reviens au courrier d’Aurélien pour la suite de l’explication car ses mots sonnent justes : «  les jeunes difficilement insérés dans notre société sont perçus différemment par les personnes qu’ils aident à l’étranger. Ils ne sont plus des cas ou des pathologies, mais des personnes sur lesquelles on peut compter. Sur place, dans la commune de Tenkodogo, où se déroulent les échanges,  ces jeunes participent à différents chantiers : carrelage de dispensaire, peinture des murs d’école ou animations sociales et culturelles et depuis cette année, précise le même Aurélien, une activité agro-biologique avec la création d’un jardin. Le principe est de participer à l’auto-suffisance de cette commune. Le budget du voyage est couvert par les manifestations que l’association organise pendant les deux ans qui ont précédé le voyage et, Aurélien toujours, « les valeurs drainées par le projet sont nombreuses et les retombées se font sur tout l’établissement ». A vrai dire, je découvre cette structure tardivement. J’ai consulté son site et j’avoue sincèrement avoir été touché par la qualité de la démarche. En plus si vous appréciez la musique, chaque page en laisse échapper une. www.fiorettisolidarite.com

 

 

 

 

 

Culture

 

 

La ville de Tours possède un centre unique en France : le centre international de la Mélodie française. Cette association organise chaque année depuis plus de 10 ans l’Académie Francis Poulenc d’interprétation de la Mélodie. Le principe premier étant d’accueillir des stagiaires professionnels ou en voie de professionnalisation en provenance du monde entier durant les 15 jours d’académie. En parallèle l’académie propose des concerts et des expositions liées aux thématiques annuelles. Le principe dépasse donc le simple cadre des master classes en offrant des spectacles aux publics français et étrangers. Le reste de l’année, le centre met à disposition des chercheurs en musicologie et  en arts de la scène, des musiciens, des chanteurs et des organisateurs de concerts un fond exceptionnel de documentation.  Livres sur la mélodie française, disques dont beaucoup de raretés (le catalogue des grandes productions est assez pauvre en ce domaine), enregistrements vidéo de concerts et des documentaires, des ouvrages littéraires et poétiques et bien sûr une gamme très large de partitions. Mieux une encyclopédie musicale est accessible sur le Net et répertorie 15000 mélodies, romances et chansons françaises. www.melodiefrancaise.com

 

 

 

 

 

 

L’association la Touline, installée dans l’ancienne auberge du village d’Azay Sur Cher, gère une étrange salle de spectacle de 49 places aménagée dans un troglodyte. Depuis 4 ans une saison culturelle est programmée dans cet endroit plutôt inédit avec pour invités des artistes non claustrophobes comme Romain Bouteille, Xavier Couture et Didier Super. La petite équipe de la Touline songe à développer ses actions à l’air libre en aménageant une scène extérieur où elle poursuivra ses propositions de spectacles à très bas tarifs autour de la musique, du théâtre ou de la danse. Elle vient de s’embellir d’une sculpture monumentale réalisée par HL. Bergey, plasticien tourangeau. Le site de la Touline est à www.latouline37.com. Quant au plasticien fou de touraine, un site donne un aperçu de ses extravagances à http://h.l.bergey.free.fr/PagesFr/1.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est un principe de plus en plus partagé, a fortiori lorsque l’on vit dans des zones rurales mal desservies, qui consiste à proposer des services mobiles ou itinérants. Le domaine de la culture ne s’en prive d’ailleurs pas dans notre département d’Indre et Loire avec de nombreuses initiatives telles que le Cinémobile. Il est facile de comprendre qu’il s’agit là de salles de ciné qui se déplacent dans les villages. Plus précisément ce cinémobile basé à Château-Renault a été mis au point par la région centre afin d’offrir des séances de cinéma aux communes éloignées de plus de 15 km d’une salle. Réalisés sur mesures, 3 semi-remorques alimentent 46 communes en projection de films. Ces salles tout terrain pour ainsi dire (en moins d’une heure, elles peuvent de déplier sur une place publique), ont une moyenne de 100 fauteuils avec un accès handicapés et sont toutes équipées sur le modèle des vraies salles ( Son THX, Projecteur numérique) et ont l’agrément du CNC (centre national du Cinéma). L’agence régionale du Centre pour le cinéma et l’audiovisuel donne moults détails sur son site avec une vidéo de présentation de ces salles mobiles : www.centreimages.fr

 

 

 

 

 

 

 

L’autre service itinérant est la « ferme bus’onnière », soit une ferme itinérante créée par Cédric Hallier qui va au-devant des enfants des écoles avec ses animaux et ses dossiers pédagogiques. A chaque arrêt, la ferme développe une série d’ateliers thématiques concernant les productions agricoles (le lait, l’œuf, les céréales, la laine). Le blog afférent est à http://la.ferme.busonniere.over-blog.com, il est très personnel à l’image de cette initiative qui correspond à la passion pour la ferme partagée par Cédric lui-même depuis sa plus tendre enfance.

 

 

 

 

Une étonnante association européenne dont l’antenne française est dans l’Indre et Loire : European House of arts : il s’agit d’un regroupement d’artistes et d’amateurs d’arts qui évoluent en associations liées les unes aux autres par un souci de dialogue culturel interactif. Le souhait tout à fait légitime est, je cite, «  de constituer une identité européenne qui englobe à la fois l’identité nationale existante et la conscience européenne émergeante ». le terrain d’exercice de cette prise de conscience est celui de festivals partagés par chaque pays adhérents : France, Angleterre, Bosnie Herzégovine, Allemagne, Roumanie, Pologne, Autriche et Espagne. Ce réseau né en 2003 prend corps en Normandie lorsque des artistes de différentes provenances décidèrent de se retrouver chaque été pour partager leur savoir-faire. Ateliers arts plastiques, concerts, exposition ont commencé à mobiliser les énergies. Cette année un festival en tournée européenne a été conçu sous le nom de « Culture Trail ». Les sentiers culturels s’arrêtent aujourd’hui et demain à Mazières de Touraine : Au programme, des ateliers sculpture, musique, danse irlandaise, des tables rondes autour de l’art et l’Europe, des concerts (ex. musique renaissance avec un ensemble polonais) et du théâtre sont proposés gratuitement à tous les intéressés. www.europeanhouseofarts.org

 

 

 

 

 

 

 

 

Loiret

 

 

Le Loiret est organisé principalement autour de la ville principale d’Orléans et de la Loire, un fleuve qui entre à partir de Sully sur Loire donc bien en amont d’Orléans dans le patrimoine mondial de l’Unesco. Le Loiret est partagé en trois arrondissements, Orléans, Montargis et Pithiviers et 7 régions naturelles : le fameux Val de Loire classé, la Beauce au nord-ouest, la Forêt  de l’orléanais au sud de cette Beauce et la Sologne plus bas. Alors que l’est du département se découpe du nord au sud en Gâtinais, Puisaye et Berry, autrement dit ce département propose une belle palette de paysages. Cet environnement naturel de qualité a sans doute participé à la vague montante d’initiatives écologiques et de production biologiques. A titre d’illustration, nos confrères de la République du centre révélaient dernièrement que L’agriculture bio fait un bon exemplaire dans ce département à hauteur de 20% en 2009 soit le double de la moyenne nationale et les conversions augmentent chez les agriculteurs conventionnels. Au syndicat du Gabor qui regroupe 85% des producteurs bio du Loiret, on a le sourire (pour une fois qu’une agriculture sourit, on en profite). Sur l’ensemble de la région centre, 93 dossiers de conversion ont été déposés l’année dernière au bureau du syndicat contre 41 demandes en 2008 et seulement 25 en 2007 ! En revanche les conversions ne s’entreprennent pas toujours facilement, des témoignages attestent entre autres d’un changement décisif sur le mode d’organisation. « En conventionnel, on peut comparer les prix avec le voisin, là on ne peut comparer avec personne. Il faut se créer un réseau ». D’autres témoignages portent sur les difficultés d’accès au foncier. Le même article mentionne un axe de distribution et de consommation du bio dans les cantines des lycées de la région. Une SCIC s’est créée à cet effet et prévoit de servir 1,5 million de repas bio par an dans les lycées d’ici trois ans. Toutes ces données à l’égard de l’agriculture bio doivent être lues à l’aune du pourcentage de surface utilisée : soit, dans le Loiret, 0,5% de la surface agricole utile. Je vous rappelle que le Grenelle de l’environnement a misé sur 6%. Nous en sommes encore loin.

 

 

 

 

 

Economie

 

 

 

 

Comme il est rare en ce moment d’établir des comparaisons et des bilans positifs, ce département va nous permettre de relativiser le mauvais état de l’économie et le manque de développement local. On commence par la démographie : avec 651000 habitants, le Loiret affiche une augmentation de population et un solde migratoire positif. Ensuite, même si l’économie locale a été touchée (les pros disent « impactée ») par la crise, il n’empêche que taux de chômage restait au dernier trimestre 2009 sensiblement inférieur à la moyenne nationale. Le tissu économique local est plutôt bien structuré avec des entreprises spécialisées dont certaines comme Faurecia, équipementier automobile, est pleine croissance. Ça pourra vous étonner, mais cette filiale de PSA, dont l’unité du Loiret se consacre aux sièges auto,  et qui assure 800 emplois, annonce une hausse des ventes de 41% au premier trimestre 2010. L’ensemble des départements de Faurecia donne un chiffre d’affaires en hausse de 59,5% à 3,20 milliards d’euros. Cette santé presque insolente ne cache pas par endroits des hémorragies d’emplois (les marchés sont par définition cyniques). Autre illustration propre à ce territoire, l’imprimeur Maury sur le bassin économique de Pithiviers qui, avec 1100 salariés prend la quatrième position de l’imprimerie en France et donnait un chiffre d’affaires de 111 millions d’euros en 2008. Les autres points forts de l’industrie sont Hutchinson  et EDF à Montargis. Ainsi la répartition active du  Loiret se partage à 46% pour l’industrie et le BTP, 48% pour les services et 6% pour l’agriculture.

 

 

 

 

J’ai souri au titre que nos confrères de la République du centre ont trouvé pour parler du pass touristique qui a été créé afin de réunir les 19 sites classés du val de Loire sur un unique ticket de visite à prix bas : «  les offices de tourisme sont des maisons de pass ». Il fallait oser. Ce qui m’a fait moins sourire est une note d’alerte sur la chute inquiétante de la démographie médicale. Le même journal fait en effet état de l’atlas de la population médicale réalisé par le conseil national de l’ordre des médecins. Le trio de tête de la plus forte baisse des médecins est constitué de la Picardie, la Bourgogne et donc la région Centre. Entre 2008 et 2009 le seul département du Loiret a enregistré une baisse de plus de 6% du nombre de médecins inscrits à l’ordre. Ici, comme dans d’autres départements prééminence rurale, le problème n’est pas tant le nombre de médecins et leur répartition que celui du renouvellement des futurs retraités de la médecine. Nos confrères du Parisien ouvraient d’ailleurs leur édition de mercredi dernier sur une projection des 15 années à venir qui va enregistrer la disparition de 30 000 généralistes. Et il ne fait aucun doute que les jeunes promus à la médecine préfèrent travailler en ville ou en zone péri-urbaine et se destinent pour la plupart à un exercice de leur métier en milieu hospitalier.

 

 

 

Culture

 

 

 

Serge Ceccaldi  dirige une école de musique assez peu ordinaire depuis  24 ans à Orléans : Musique & Equilibre. Rien d’acrobatique mais plutôt  un souci de marier musique et bien-être. Sans être attachée à la seule musicothérapie qu’elle pratique toutefois, cette école qui a la dimension d’un vrai conservatoire prodigue différentes sortes d’enseignement de la musique : cela commence par une formation sous forme de pédagogie active, autrement dit l’initiative de l’élève est prise en compte. Cela se poursuit par un travail d’animation auprès de publics variés (de la crèche au foyer pour personnes handicapées en passant par les maisons de retraite). C’est à ce niveau qu’interviennent des professionnels de musicothérapie et enfin une aide à la création qui passe par des salles et matériels d’enregistrement et un accompagnement des musiciens dans leurs projets artistiques. Les formations accueillent aussi des candidats à la professionnalisation à travers ce que cette école appelle le cursus tremplin qui permet d’obtenir un diplôme de Musicien Interprète et Musiques Actuelles, puisque la dernière particularité de l’école est de proposer des formations spécifiques aux musiques dites actuelles. L’action de Musique & Equilibre touche 600 personnes par semaine. Serge en profite pour souligner que cette structure continue à diffuser la musique sur l’orléanais malgré un faible soutien de la ville. Le site de l’école est à www.musique-equilibre.com

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Encore une remarque musicale cette fois avec le festival Orléans Jazz. C’est un des paradoxes actuels, le marché du disque s’effondre et celui du disque jazz vivote tant bien que mal, alors que les festivals poussent à tous les coins de nos régions. Celui d’Orléans n’est pas nouveau et il aurait pu jouer de la situation géographique pour promouvoir du jazz new Orleans (ah, ah), alors qu’en réalité il a le mérite d’offrir un tremplin, au milieu d’une programmation étoffée de grands noms du jazz, aux formations régionales. Ainsi 3 lieux se partagent le butin du programme aux premiers jours de l’été. www.orleansjazz.fr

 

 

 

 

 

 

Une petite note pour ne pas rester sur notre faim avec la dynamique franchement agréable à voir de la part des agitateurs de Vox populi. L’association qui a choisi la voix du peuple plutôt que celle des dieux est installée à Château-Renard, dans la partie est et rurale du Loiret. L’association gère un minuscule espace ciné-café-concert, le Vox, de 64 places (assises, précise Joël l’auteur du courrier que je vous transmets). C’est d’abord une salle de cinéma classée art et essais avec quand même 10 000 spectateurs en 2009. Depuis l’été dernier, l’aquipe propose des séances itinérantes de cinéma en plein air et surtout organise les 22 et 23 mai son festival de musique ( le festivox guinguette des Bords de l’Ouanne). 4000 personnes passent chaque week-end de la Pentecôte depuis 15 ans, www.festivox.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

Environnement

 

 

 

François natif de Tigy dans le Loiret nous a envoyé une série d’informations sur son département natal dont une consacrée au domaine du Ciran à 15 km de Tigy à la pointe sud du département. Cet espace est un conservatoire de faune sauvage de Sologne établi sur 300 hectares autour d’un château du XIXème siècle. Nous sommes à Ménestreau en Villette non loin de la Ferté Saint-Aubin. Le propriétaire de ce domaine depuis 1977 est l’association pour la Fondation Sologne dont les objectifs sont de maintenir une gestion agricole, forestière et piscicole sur le site, de faciliter l’observation des animaux et de développer des actions pédagogiques en faveur de la protection de l’environnement. Des aménagements sont réalisés à cet effet avec parcours, observatoires, vidéothèque et centre de documentation. Le château lui-même a reçu l’agrément Gîtes de France et des expositions se tiennent régulièrement au domaine dont des expos photos et une animation autour du bâti solognot. En plus, si vous taquinez de la petite balle, il y a deux golfs à proximité dont le beau 18 trous de Marcilly en Villette. www.domaineduciran.com

 

 

 

 

 

 

 

 

Loir et Cher

 

 

 

Le Loir et Cher compte en effet 51 habitants au kilomètre carré avec ses 326 000 habitants dont le tiers se partage entre les trois villes et agglomérations principales (Blois, 50 000 habitants et 91 000 avec l’agglomération, Romorantin-Lanthenay, 18 000 et Vendôme, 17 000). Sur 291 communes, 253 sont rurales. Ruralité et agriculture, les grandes zones céréalières dominent le département au nord de la Loire, l’élevage y  est bien représenté et évidemment terre et viticulture car ici les deux rivières du Loir au nord et du Cher au sud sont séparées par la Loire et offrent trois bonnes raisons du trouver des appellations qui doivent évoquer quelques arômes : on a laissé derrière nous Reuilly et Quincy pour aborder Menetou Salon, puis Montlouis, Vouvray avant de rejoindre les multiples vins de Touraine. La plupart de ces produits du val de Loire sont réalisés à partir d’un seul cépage de Chenin blanc dont la réputation n’est plus à faire. Modérez selon le mot d’ordre. Pour le reste de l’économie du Loir et Cher, c’est le tertiaire qui, comme partout, tient la tête du peloton avec un secteur plus particulièrement développé ici : le tourisme. 150 monuments sont classés, 285 sont inscrits et Bois et Vendôme sont des villes d’art et d’histoire. Coeur Val de Loire selon l’appellation patrimoniale avec ses 25 châteaux ouverts au public dont le seul édifice de Chambord attire plus de 700 000 visiteurs annuels. Travers des nostalgies musicales des seventies, Chambord rappelle chez moi les images d’archives du tournage de Peau d’Ane de Jacques Demy avec la silhouette de Jim Morrison, loin des Doors, aux portes d’une fin de voyage en France.

 

 

 

 

 

 


 

Certaines communes de ce département drainent de grandes cartes postales historiques à l’instar de Cheverny ou de Chambord. D’autres suscitent des images bien différentes, telle Lamotte Beuvron en Sologne qui aurait vu naître la tarte Tartin à la fin du XIXe siècle (c’est fou jusqu’où peuvent aller les Carnets de campagne). On la devrait aux sœurs Tatin qui tenaient une auberge à Lamotte. Plus vraisemblablement la tarte de ce type était répandue dans l’orléanais et c’est à son arrivée sur les tables parisiennes que le nom de Tatin aurait été officiellement attribué. (Oui, il était une époque encore proche où pour se faire un nom, il fallait « monter » à Paris). Une autre petite ville porte, quant à elle, une empreinte plus sombre puisqu’il s’agit de Montoire sur le Loir, dans le Perche, marquée par les deux rencontres de Hilter avec Laval le 20 octobre 1940 puis quatre jours plus tard avec Pétain. Montoire présente d’autres intérêts notamment dans sa politique de protection de la nature.  Dès 1980 un groupement s’est créé afin de limiter le saccage du bocage propre à cette région du Perche. Perche nature, c’est son nom, eut rapidement gain de cause auprès de défenseurs de la nature en région Centre et même au-delà de cet espace. Depuis Perche nature poursuit ses actions d’éducation  à l’environnement dans ce perche vendômois. Elle joue aussi un rôle de conseil, elle publie régulièrement des atlas de la faune et de la flore et organise des débats publics. Chaque année perche Nature assure 130 interventions sur le terrain et mobilise 3200 personnes. www.perchenature.fr

 

 

 

 

Etablissement public de la communauté d’agglomération de Blois depuis 2003, Agglopolys regroupe 26 communes soit 92 000 habitants. Le site de l’établissement précise sur cette réunion de communes de l’agglomération a été décidée « afin d’assurer un développement harmonieux du territoire et une gestion cohérente des services ». Au-delà de la formule de circonstance, l’établissement s’investit dans l’économie locale, le social, l’habitat, l’enseignement artistique, la collecte des déchets ou  encore les transports. Illustration avec une initiative originale, encore une : le TAD, Transport à la Demande. Il s’agit d’un service de transport destiné plus particulièrement aux ruraux et adapté aux besoins des particuliers pour des déplacements ponctuels. Cela peut être un rendez-vous chez le médecin (il y a de moins en moins de généralistes dans le rural), une démarche administrative à  Blois ou plus simplement même la pratique d’un loisir. Pour l’occasion, question de communication, on a créé le personnage de Zélia l’abeille, symbole du développement durable, et le TAD de Zélia ne coûtera au bénéficiaire que deux euros. A suivre sur www.agglo-blois.fr

 

 

 

 

 

 

Culture

 

 

 

Annie Chaplin et  Jacques Auxenel sont installés à Montoire sur le Loir, village dans lequel ils ontaménagé depuis 1999 leur théâtre dans un silo de coopérative paysanne. Ce silo comme la plupart de ceux qui ont poussé dans les années 60 dans les campagnes n’avait rien pour plaire. Une immense structure métallique portée vers la rouille et destinée à devenir une verrue dans le paysage. C’est à la fin des années 80 que le metteur en scène jacques Auxenel va découvrir le pays vendômois alors qu’il est sollicité pour animer des stages de théâtre. Dix ans plus il va faire l’acquisition de ce silo avec Annie, avant-dernière enfant de Charlie Chaplin. Ils y installent leur compagnie, réhabilitent le site et conçoivent une salle de spectacles de 250 places. Le théâtre du silo a vu aussi simplement le jour avec le soutien d’une population locale qui fréquente assidûment le lieu d’autant que les représentations se prolongent autour d’une table. Un site tout neuf en cours de construction, et donc encore incomplet, vous attend à www.theatrelesilo.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Loir et Cher ne manque pas de rendez-vous musicaux et principalement de jazz. Le plus connu d’entre eux demeure celui de Salbris, dont la relation à la musique est d’avoir été la commune de mariage de Django Reinhardt. C’est d’ailleurs dans la veine du jazz manouche qu’est né Swing 41 qui organise depuis 8 ans un festival aux premiers jours de juin. Cette petite ville de 6000 habitants située au sud est du département tente de conjurer le mauvais sort économique qui l’a frappé avec la fermeture de Matra Industries il y  a quelques années et là encore les rendez-vous culturels prennent le relais du tissu économique défaillant. Autre rendez-vous jazz à la mi-juillet, le festival de jazz en Val de Cher » associé à un stage d’une semaine qui réunit 50 musiciens amateurs dans le petit village de Mareuil sur Cher, cette initiative a été lancée par le saxophoniste, Xavier Trotignon et puis enfin « Jazz et convivialité » créé en 2005 par d’autres musiciens amateurs. De toute évidence la musique jazz porte ses fruits puisqu’après le maintenant célèbre Jazz sous les pommiers de Coutances dans la manche, « Jazz et convivilaité » secoue le prunier. Pour cause il est implanté à Pruniers-en-Sologne. Seul dommage son titre nettement moins original que celui de l’association qui l’organise, Destock Jazz. Michel un des fondus fondateurs du festival nous a d’ailleurs envoyé un courrier d’un des musiciens invités qui se dit avoir été impressionné par le dévouement et l’engagement des intervenants, puisqu’outre les inévitables concerts, l’association met au point des stages multi-instruments en partenariat avec l’école de musique de Romorantin Lanthenay http://destockjazz.fr

 

 

 

 

Par Philippe BERTRAND - Publié dans : Carnets du Centre
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Samedi 17 septembre 2011 6 17 /09 /Sep /2011 17:46

 

La région comprend 6 départements qui en font la 4ème région de France par la superficie, après les régions Midi-Pyrénées, Rhône-Alpes et Aquitaine. L’unité du Centre se dessine autour de la Loire qui la traverse d’est en ouest, Plaines et plateaux bordent de chaque côté le plus long fleuve de l’hexagone. Beauce, Sologne et forêt orléanaise au nord, Champagne berrichonne, Brenne et Touraine au sud.

 

 

Le Cher


Commençons donc par le département du Cher, Bourges dont il sera fréquemment question et une presque célèbre sous-préfecture au sud du département immortalisée par Brel «  t’as voulu voir Vierzon et on a vu Vierzon » (suivent Vesoul, Honfleur, Hambourg, Anvers et ta sœur –et on a vu ta mère-). A peu de choses près, cette fabuleuse chanson aurait pu porter pour titre le nom de Vierzon, manque de chance, c’est Vesoul qui a remporté la timbale. Et puis question timbale, il y a surtout l’improvisation vertigineuse de Marcel Azzola, chauffe Marcel, chauffe. Bon, voilà, c’était ma petite note nostalgique au milieu d’un monde  de brutes. Le conseil général a lancé une opération intitulée «  Cher, 2015 » qui vise à freiner l’érosion démographique qui touche la province sur la diagonale qui va des Ardennes au Massif central. Ce phénomène connu sous le nom de «  diagonale aride » semble s’infléchir légèrement depuis que des programmes d’accueil sont projetés ici et là. Le constat pour le département du Cher dont «  la Nouvelle république » se faisait l’écho est lourd avec ses problèmes démographiques, sa crise de l’emploi et un manque évident d’infrastructures. Ce qui faisait dire à nos confrères de la presse écrite qu’il y a, selon la formule consacrée, du pain sur la planche.

315 000 habitants. Une dominante fortement rurale hormis Bourges au centre du dispositif et Vierzon au  nord-est qui marque la frontière entre la champagne berrichonne, terre de culture intensive et de vignobles (ceux du Quincy) et la Sologne, espace forestier important. Le sud avec le pays Saint-Amandois (autour de Saint-Amand-Montrond) est une région d’élevage et cette capitale locale est également reconnue pour l’imprimerie et la bijouterie). Restent enfin à l’est le Sancerrois au célèbre vin et le pays Loire Val d’Aubois dont le fameux marché d’animaux a participé à la notoriété des lieux et surtout de Sancoins. Ce rapide tableau a priori bucolique et champêtre n’exclue pas un tissu industriel en grande partie orienté vers la mécanique et la métallurgie.

 

 

 

"C" comme Cher et comme Culture

 

 

 

Pour ne pas modifier nos habitudes, Muriel nous rapporte une belle histoire. C’est un rêve de gosse à l’origine et l’histoire d’un enfant devenu adulte, Franck. Aujourd’hui chef d’entreprise, Franck éprouve  une passion dévorante pour la musique classique. Pianiste à ses heures, il possède un vrai Steinway. Pour les initiés de la chose, c’est la Rolls du piano. Son tarif aussi, mais quand on aime, on ne compte pas. Chez Franck et Anne-Marie on pratiquait régulièrement les rendez-vous musicaux, sorte de salons musicaux modernes mais à la longue l’envie était d’ouvrir ces rendez-vous au public. C’est là où le rêve va devenir réalité. Une grange en sommeil jouxte la maison de Bourges, la hauteur sous charpente fait rêver et le dessin d’architecte confirme le possible : le théâtre Saint-Bonnet voit le jour. Un théâtre ? Mieux une mini Scala, soit un théâtre de poche (120 places) conçu à l’italienne auquel s’ajoute un studio d’enregistrement. Premiers coups de pioche en début d’année 2006, suivront  murs, puis  trompes l’œil, fausses loges mais vrai balcon, dorures et moulures et 10 mois plus tard le théâtre sera inauguré en grande pompe. Aujourd’hui la mini Scala de Bourges s’offre des concerts de haut niveau. www.theatre-saint-bonnet.fr

 

 

 

Je retiens le long courrier de Patrice qui porte sur la maison école du Grand Meaulnes à Epineuil-le-Fleuriel. Il faut entendre évidemment que cette école reçut pendant une partie de son enfance Alain Fournier, l’auteur du grand Meaulnes, dont les parents instituteurs travaillèrent et vécurent dans cette maison communale au début du siècle dernier. C’est en 1994 que le bâtiment fut reconditionné et remis à l’état initial d’école de 3ème république. Depuis cette date une association  assure les visites pédagogiques et les animations littéraires. Jean-François Goussard, ardent défenseur du patrimoine littéraire et fondateur de la fédération des maisons d’écrivains, fut un  des premiers à s’investir dans la conservation des manuscrits d’Alain Fournier et dans l’animation de la maison d’Epineuil. Je vous conseille vivement de consulter le site de la fédération qui est un outil d’information et de recherche passionnant. Une carte interactive vous invite à choisir un département. Vous avez ensuite à choisir les maisons d’écrivains qui y figurent. Chacune s’ouvre ensuite sur une fiche détaillée, une note biographique et sur les événements consacrés à cet espace. Ressources, activités pédagogiques et actualité du patrimoine littéraire accompagnent l’ensemble des pages et c’est une vraie mine de voyages par les œuvres qui s’offre à vous. Vous y trouverez aussi bien les rencontres Marguerite Duras au Château de Duras dans le Lot et Garonne que le colloque Henri Pourrat à Clermont-Ferrand. Enfin, pour revenir à Alain  Fournier, une page est dédiée à sa maison natale à la Chapelle d’Angillon dans le Cher. L’adresse du site de la fédération des maisons d’écrivain est www.litterature-lieux.com

 

 

 

 

 

 

Bon, voilà les musiques traditionnelles genre vieille à roue revival, ce n’est pas tout à fait ma tasse de thé. Alors quand je reçois le courrier de Yoann qui cafte ses beaux-frères, Cyril et Bastien Berthet, promoteurs et diffuseurs des musiques traditionnelles berrichonnes, je botte en touche ou presque, parce que Yoann précise que ce qui peut paraître ringard avec les vielleux affublés de leur biaudes faisant danser le village le dimanche, prend ici une autre tournure vers des musiques métissées qui attirent de plus en plus de jeunes. L’association Viellux des beaux frères organise donc des bals folks, met sur pied des stages et des rencontres entre musiciens. Sur le site de l’association, on peut entendre quelques échantillons de ces musiques. Pas de doute, ça rafraîchit grandement les fonds de la tradition. Si vous y allez par curiosité vous pourrez entendre une étonnante formation de voix féminines, qui armé d’un seul percussionniste, enchaîne des canons vocaux revigorants.  Et Yoann de conclure « les joyeuses actions qu’ils mènent, participent à une redynamisation du milieu rural ». L’adresse du site est www.viellux.com

(et surtout ne confondez pas ce portail avec une fenêtre !)

 

 

 

 

 

 

Nous sommes à Lignières en Berry, 1500 habitants, lieu d’installation des Bains Douches dont la salle du même nom ouvre ses portes en 1978. Une programmation très chanson française tout au long de l’année avec un festival, l’Air du Temps, qui a lieu pendant la semaine de l’Ascension. 30 ans plus tard les Bains Douches ont gagné une réputation nationale et cette entreprise culturelle est devenu  Pôle Régional Chanson, autrement dit c’est elle qui assure les principales actions de découverte et promotion de la nouvelle chanson de la région Centre. Si j’ajoute que les Bains douches assurent des concerts à la ferme, des stages musique et des formations musicales, des résidences et s’ouvre aux expositions, vous comprendrez que le mouvement n’est pas prêt de s’arrêter. www.bainsdouches-lignieres.fr

 

 

 

 

Jean-Pierre nous écrit depuis un lieu d’exception. Nous sommes à Nançay à 30 minutes de Bourges. Nançay et son observatoire de Radioastronomie qui possède le 4ème plus grand radiotélescope du monde et le premier d’Europe. En effet le radio télescope décimétrique de Nançais se présente sous la forme de deux miroirs, l’un orientable en fonction de la zone stellaire analysée fait 200m par 40 et le second, fixe et sphérique cette fois, mesure 300mètres sur 35 mètres de haut. Ces deux monstres de réception captent les ondes radio émises par les astres. Ces ondes de même nature que la lumière sont d’une longueur plus grande et apportent une grande précision dans les résultats d’analyse. L’observatoire possède également un radiohéliographe qui enregistre les activités du soleil. L’intérêt de ce site est de s’ouvrir au public et c’est là où notre correspondant, Jean-Paul, entre en action puisqu’il dirige le pôle de l’espace et des étoiles. Cet organisme propose à tout intéressé des observations et des séances de découvertes scientifiques guidées par des professionnels. Les plus jeunes peuvent suivre des projections vidéos adaptées portant sur le ciel austral, sur l’histoire des connaissances de Vénus ou la mission saturne qui correspond à la plus grosse sonde jamais envoyée dans le système solaire. C’est évidemment passionnant de A à Z. Jean-Paul conclut qu’il est important de mettre l’accent sur cet équipement scientifique planté au milieu de la Sologne alors que la plupart des grands instruments d’observation émigrent vers le sud de la France. Le site référent est à www.cielouvert.obs-nancay.fr

 

 

 

Pour conclure nos pages culturelles berrichonnes, je retiens le coup d’œil que suggère Christophe aux œuvres de Catherine Chaillou, artiste installée à Charenton-du-Cher. Catherine sculpte en céramique un bestiaire incroyable. Certaines pièces monumentales font vivre un zébu, un orang-outan et une tribu de serpents dont le réalisme est tel que certains visiteurs de ses expositions repartent en courant. Son site est à www.catherinechaillou.com

L’autre information concerne une compagnie artistique qui a installé son siège à Bourges : la compagnie Car’Avan est le fruit de deux danseurs professionnels Laurence Couzinet et Thierry Sirou qui ont fait leur gamme chez Maurice Béjart et Maguy Marin, avant de développer leur art et de l’adapter à d’autres expressions comme le conte . Ainsi ont-ils adopté le travail de jean l’Océan, conteur caribéen, qui fait désormais partie de la Cie. Depuis 8 ans Car’Avan mène des actions pilote en direction des écoles de la région mais aussi des Antilles. Le site de ces créateurs est à www.car-avan.fr

 

 

 

 

 

 

 

L'Eure et Loir

 

 

L’Eure et Loir  avec sa préfecture Chartres et une histoire suffisamment dense pour que les actions de sauvetage et de recherches archéologiques se multiplient depuis quelques années, mais sachez que la ville dont les origines remontent à la préhistoire, fut une importante place économique durant l’antiquité. Capitale du territoire des Carnutes, Chartres possédait un immense amphithéâtre, des temples et était alimentée par deux aqueducs. Lieu de pèlerinage, la ville va ensuite gagner une très grande notoriété intellectuelle et spirituelle. Fulbert de Chartres, évêque de la ville, sera à l’origine de l’école de Chartres dont l’enseignement va rayonner sur toute l’Europe. La qualité des églises atteste de ce rayonnement et surtout l’incontournable cathédrale, inscrite au patrimoine mondial de l’humanité depuis 79  et réputée pour ses vitraux façonnés entre autres avec le célèbre bleu de Chartres. Chartres possède ainsi un centre international du vitrail, lieu de formation et d’exposition. Pour sa version ultra moderne Chartres a un IUT qui depuis 10 ans travaille sur la révolution scientifique des nanotechnologies. Le dictionnaire donne pour définition à la nanotechnologie, celle qui s’intéresse aux objets à l’échelle moléculaire ou atomique et qui trouvent des applications dans les domaines de la physique, de la chimie et de la biologie. Un groupe de chercheurs a été constitué à l’IUT et s’est déjà fait remarqué par un brevet validé par le milieu international de la recherche. De plus les chercheurs sont comme souvent désormais en lien avec les industriels et les développements des découvertes semblent considérables. On parle, par exemple, dans les nanotechnologies, de futurs nano-robots utilisables en micro-chirurgie ultra précise.

 

 

Echos économiques

 

L’Eure et Loir, comme tous les départements, cherchent des débouchés économiques et veut activer la création d’entreprises en proposant des conseils et des aides. Le Codel, Comité de Développement Economique d’Eure et Loir, a mis au point un  site d’informations bien utile baptisé CIEL. Cette fois il faut entendre «  Clés pour s’intégrer en Eure et Loir », mais le montage est plutôt bien fait. D’abord vous pouvez télécharger les fiches des entreprises recensées sur le territoire. Ensuite vous ouvrez une carte détaillée du département et enfin vous épluchez les articles mis en ligne. Exemple la création d’un nouveau fonds de garantie pour les femmes qui se lancent elles aussi dans la création d’entreprise. Ce fonds  d’un montant minimum de 5000 euros par entreprise doit faciliter l’accès des candidates au crédit bancaire. D’autres informations vous sautent aux yeux tel ce compte approximatif de 1000 emplois en  prévision sur le drouais. ( ce beau calcul est lié à l’implantation d’une demi douzaine d’entreprises qui vont de la vente par correspondance ( Matelsom soit 100 emplois) à la restauration collective( Sodexo soit 135 emplois) en passant par une plateforme d’appels commerciaux ( Phone marketing soit 420 personnes recrutées) pour citer les principaux acteurs de l’opération. Bien sûr ces créations de postes ne vont pas émerger en même temps et certains emplois ne seront opérationnels que dans les mois à venir. Le site complet du comité économique est à www.nouveauciel.com

 

Proche des Yvelines et de l’Ile de France, la partie nord de ce département accueille de plus en plus de franciliens en quête d’espace à l’opposé du sud dont le solde démographique est négatif. L’Eure et Loir est organisé autour de sa capitale et préfecture Chartres et de ses trois sous-préfectures, Châteaudun, Dreux et Nogent le Rotrou, Chartres dont un célèbre préfet organisa ses premières actions de résistance sur ce territoire : Jean Moulin.

Géographiquement une partie du bassin parisien empiète sur une bonne partie de ce département avec au centre la Beauce tandis que les collines du Perche apparaissent à l’ouest. C’est ainsi que cette partie entre dans le Parc naturel régional du Perche. On retient surtout l’image de la Beauce et de ses plaines qui s’étendent à perte de vue mais si votre regard bute de plus en plus que sur des haies de hallebardes éoliennes qui raccourcissent l’horizon et qui ajoutent des verrues au déjà très conséquent réseau de lignes à haute tension.  Le conseil général a toutefois conservé le symbole agricole dans son logo en intégrant un épi de blé entre les deux d’Eure et de Loir. Economiquement le département ne résume pas à la production agricole mais défend des secteurs de pointe nombreux, industries du caoutchouc, du bois, de l’agro-alimentaire, du pharmaceutique et des parfums cosmétiques. Ce dernier secteur entre dans ce qui est appelé «  la cosmetic valley » et qui constituent le premier réseau mondial de l’industrie de la beauté et du bien-être. Implantée sur 6 départements dont en premier lieu l’Eure et Loir cette industrie  remonte aux années 70 et  à la politique de décentralisation prônée à cette époque. Exemple avec Guerlain, Copy-Lancaster et Paco Rabanne qui sont les premiers à s’investir en terre eurélienne. Aujourd’hui ce pôle de compétitivité comprend 300 entreprises soit 24500 emplois, fait un chiffre d’affaires de 7 milliards d’euros et dépend de 4 universités, 178 laboratoires de recherches et 136 établissements de formation. Enfin cette industrie est à la quatrième place de l’exportation française derrière les boissons, l’Automobile et l’aéronautique. Le site référent est www.cosmetic-valley.com

 

 

 

Musique!

 

 

 

Un coup de chapeau à un ensemble orchestral professionnel du département. Cet orchestre fort de 45 musiciens est un véritable symphonique composé de musiciens de la région mais aussi de virtuoses de l’orchestre national de France, notre voisin de Radio France. Pour cause cet ensemble baptisé « les voyages extraordinaires » est dirigé par un jeune chef assistant du Maestro Kurt Masur, Joachim Jousse. Joachim lauréat à 21 ans de la classe d’orchestration du Conservatoire de Paris  remporte deux ans plus tard le concours de direction d’orchestre radio-France au festival de Montpellier. Assistant de Pierre Boulez, il est également invité de nombreuses formations en Lorraine, à Lyon ou en Languedoc. Soutenu par le département, les voyages extraordinaires sont en quelque sorte l’orchestre symphonique d’Eure et Loir et son fonctionnement dépend largement de ses prestations scéniques et enregistrements. En particulier l’orchestre a réalisé une création de la messe solennelle dite messe de Chartres dans le cadre du millénaire de Fulbert de Chartres. Cette création est disponible en CD. www.lesvoyagesextraordinaires.com

 

 

 

 

 

Je salue un voisin dans tous les sens du terme, géographiquement et professionnellement, puisqu’il s’agit d’Henri Wotjkowiak, membre de l’orchestre philharmonique de Radio France. Henri est eurélien lui aussi depuis quelques années et  a eu la bonne idée d’implanter la musique à Dreux avec d’autres musiciens du philharmonique et du national, soit les deux grands ensembles de Radio France en créant l’Académie de la chapelle royale de Dreux. Une association des amis de l’académie s’est créée en 97 en même temps que l’ensemble. Il s’agit d’un orchestre à géométrie variable dont la base est un orchestre de chambre de douze musiciens. Cette académie se retrouve missionnée par le conseil général pour donner des concerts et elle a obtenu le soutien des communes du pays drouais afin de réaliser un enregistrement dont vous trouverez les références sur le site de l’orchestre à www.academie-chapelle-royale.org/

 

 

 

 

Encore un regard sur les activités musicales du département qui finalement sont plus nombreuses que nous ne l’avions imaginé. Commençons par l’Arsenal, scène de musiques actuelles de Nogent le Rotrou. Destinée à recevoir une vingtaine de concerts par an, cette structure s’attache à programmer des formations en marge des circuits habituels et officiels de production. Très local dans son ancrage puisque 50% des groupes sont issus de la région, l’Arsenal dispose d’un centre de ressources, de studios de répétition et aussi de moyens de formations à la scène relayées par la Fracama. La Fracama est un produit très régional et spécifique, il s’agit de la Fédération Régionale des Acteurs Culturels Associatifs-Musiques Amplifiées, or ce pôle régional propose un site d’information bougrement bien fait. Sur fracama.org vous aurez les contacts régionaux, vous pourrez promouvoir vos propres activités, lire les dernières nouvelles du secteur des musiques amplifiées, passer une annonce, télécharger les ressources et découvrir et écouter les productions musicales. Une playlist des groupes sélectionnés donne à entendre par exemple des Traines Savates, au jazz brillant et de qualité ou un certain Tonio dans la veine de Bénabar. C’est très professionnel et facilement accessible. De la même façon vous avez accès au magazine radio du pôle, Fracamag, diffusé sur Radio campus Orléans.

www.fracama.org.

 

 

 

 

 

 « La voix du lézard » est une association sise sur la commune de Maintenon et dont l’objet est de promouvoir et soutenir les musiques actuelles, musique électro-acoustique comprise. La voix du lézard possède une petite salle typiquement rurale, pour cause elle s’appelle l’Etable, qui accueille chaque mois tout ce qui peut se faire en musique actuelle et réunit tous les acteurs directs et indirects de son réseau chaque année dans une fête d’Eté. L’association va au-delà de la simple programmation et diffusion puisqu’elle assure des prestations administratives (aide à l’établissement de budgets, gestion des cachets d’intermittents, tenue de comptabilité) grâce à un groupe d’une dizaine de permanents. La voix du lézard édite une lettre d’informations trimestrielle pour informer ses prestataires et ses adhérents. Enfin elle produit des spectacles et  participe avec la région Centre à la création d’œuvres de musiques contemporaines interprétées par l’ensemble piano et percussion de Jean-Claude Pennetier. Bref les actions culturelles et la diffusion des créations en milieu rural peuvent être de très haute volée et non pas un bricolage amateur pour incultes de la France profonde. Prenez en lien de notre page d’émission le site de lavoixdulézard.org et vous serez convaincus http://www.myspace.com/lavoixdulezard

 

 

 

Une autre belle initiative au profit de la musique et de la chanson. Comme par hasard le point de départ se situe à Nogent le Rotrou et c’est Christian, partie prenante dans l’aventure, qui en témoigne. Cela s’appelle les scènes à suivre de la chanson et le principe est né en 2005 d’un réseau d’opérateurs culturels d’Eure et Loir. D’abord regroupés de façon informelle au début des années 90, ce réseau s’est consolidé lorsque les services culturels se sont développés au sein des collectivités territoriales. Le collectif a pris le nom de Réseau de développement culturel d’Eure et Loir dès ses premières réalisations comme le festival de Jazz de Mars. Le Réseau a travaillé ensuite à destination du jeune public et a apporté son soutien aux compagnies oeuvrant en faveur de ce public. Enfin après la constitution d’un livre blanc de la politique culturelle défendue par le département, le même réseau a étendu son engagement en s’unissant aux autres partenaires département. Scènes à suivre est donc le dernier bébé du collectif et il réunit 7 salles de spectacles afin de promouvoir la jeune chanson française et francophone.. Christian enfonce le clou en affirmant l’originalité de cette opération à l’heure où on sacrifie beaucoup au vedettariat et où souvent les lieux culturels fonctionnent en solitaire. Le terme fréquemment employé est celui de la mutualisation des moyens en mettant dans la même corbeille des outils de travail divers mais complémentaires.  L’illustration en est donné par les membre du bureau de ce réseau qui sont soit responsables de services culturels municipaux (de Mainvilliers, Nogent le Rotrou, Luce ou Dreux) soit directeurs d’espaces culturels (le théâtre de Chartres, l’espace Soutine de Leves ou de l’Atelier à Spectacle de Vernouillet). www.rdcel.fr

 

 

And Culture!

 

 

 

 

La région vient de mettre au point un dispositif de développement culturel baptisé « Culture O Centre ». L’idée est non seulement de réfléchir sur l’apport de la culture dans la vie des territoires avec des programmes de festivités et de spectacles, mais aussi de favoriser de nouveaux emplois dans le secteur culturel. Ce mouvement avant d’être régional est d’abord national. Ici il s’agit de créer des plates-formes d’observatoires de la Culture en région en répondant à toutes les questions essentielles : quelles propositions ? Pour quel public ? Avec qui ? Et enfin avec quels moyens ? Des journées de travail ont été lancées avec les professionnels de la culture, les réseaux existants de production et de diffusion  et avec les élus. Le premier résultat est un festival qui porte le nom d’Excentrique (puisque tout part du centre pour rayonner vers la périphérie. Tout s’y mélange, danse, cinéma, musique, cirque et même art culinaire (parce dans le Cher entre autres on apprécie la bonne chaire). www.excentrique.org

 

 

 

Un réseau baptisé « Les scènes à suivre » a été installé sur ce territoire et il regroupe les salles de spectacles unies par des opérations communes. Plus précisément 6 d’entre elles (de la plus petite de 50 places à la plus grande de 900 places) se sont associées pour promouvoir des artistes de la chanson francophone. Une majorité de ces artistes sont des locaux à l’image des fameuses sœurs Moustache. Outre la diffusion des concerts, des résidences réparties entre Chartres, Nogent le Rotrou et Vernouillet offrent l’opportunité à chacun de finaliser les spectacles comme l’écrit Christian qui est le grand coordonateur de ces scènes. Les origines de ce mouvement de promotion remontent l’année 97, date de la création du réseau de développement culturel départemental qui faisait lui-même suite à des initiatives musicales antérieures. Parmi les exemples de lieu, je retiens celui de l’Arsenal à Nogent le Rotrou, petite salle de 180 places qui programme une vingtaine de concerts par an et qui est surtout un point central d’aide à la pratique musicale. Un studio de répétition accueille toute l’année ses adhérents pour un tarif plus que dérisoire et l’espace accueille lui aussi des résidents occasionnels et dispose d’un centre de ressources. La politique tarifaire est la même pour les spectacles à raison d’abonnements de 15 euros pour 3 soirées. Allez sur le site de la ville de Nogent pour le contact et surtout pour laisser emporter par le son des groupes qui y sont domiciliés. www.ville-nogent-le-rotrou.fr.

 

 


 

 

Merci Patrick pour le message car j’allais oublier non pas l’essentiel, mais le plus illustre d’entre tous les anonymes, Picassiette. Raymond Isidore, né en 1900, balayeur de cimetière et propriétaire d’un bout de terrain, rue du repos à Chartres, ça ne s’invente pas. Jusqu’à sa disparition, Raymond dit Picassiette, va construire sa maison couverte d’une mosaïque extraordinaire, née au hasard d’une découverte de débris de vaisselle et de verre. La vocation de Raymond naquit ainsi par un …heureux hasard. Il s’attaquera à l’intérieur de sa demeure remodelée à sa façon, à la cour transformée en immense pièce d’artiste. Picasso rendra visite à Picassiette. Robert Doisneau lui tirera le portrait et la maison sera classée monument historique en 1982. Dans l’esprit de Picassiette est née une régie de quartier qui gère un atelier de mosaïque et des rencontres internationales de mosaïque. Cette régie est gérée par l’association les 3R (Rénover, restaurer et réhabiliter). L’essentiel de cette régie est de favoriser l’insertion professionnelle. Ainsi chaque année c’est une centaine de personnes engagées sur une cinquantaine de postes encadrés par une dizaine de formateurs permanents. Les 3R ont développé un véritable arsenal d’activités afin d’améliorer ses formations et ils interviennent sur les quartiers sensibles de la ville. Outre l’atelier de production de mosaïque, la régie comprend également un atelier bois qui reçoit et accompagne des demandeurs d’emplois et des chômeurs de longue durée. Cette section répare et fabrique des jeux forains. www.chartres-mosaique-les3r.com

 

 

 

Solidarité

 

 

Un exemple d’une petite œuvre devenue grande depuis sa création à Chartres est le Foyer d’accueil que préside Bruno Payre. Destiné à résoudre tous les cas possibles d’exclusion, ce foyer héberge chaque soir entre 350 et 400 personnes (des personnes isolées, des familles ou encore des demandeurs d’asile) et fait travailler une trentaine de personnes en insertion. Des précisions s’imposent : pour recevoir cette population, le FAC, comme il se fait appeler, dispose de logements à son siège chartrain mais aussi d’appartements disséminés sur l’agglomération dont 35 places en appartements partagés, 18 appartements relais (du T1 au T5) ainsi que 25 appartements en sous location pour les familles. Au-delà de l’hébergement et de l’accompagnement, le foyer d’accueil aide chaque demandeur à construire un parcours avant une autonomie durable. Pour ce faire le site dispose d’ateliers de travail et de formation (orientée vers les métiers du bâtiment et de la construction en grande partie). Et puis pour recréer un espace social, le Fac gère son bar, son équipe de football, son espace informatique et son journal interne destiné à tous les adhérents. Enfin le foyer ouvre ses portes aux étrangers en situation précaire avec des conseils en matière de législation sur les droits de séjour et d’asile. Un centre d’accueil en périphérie de Chartres offre 70 places en appartement et également 50 places supplémentaires afin de répondre aux situations d’urgence. Le site est à www.fac.asso.fr et il donne à comprendre le fabuleux dispositif mis en place.

Toutefois, à Chartres, comme ailleurs, il y a des débats publics parfois agités et l’association «  Energies citoyennes » créée en 2000 secoue les élus, les décideurs et les acteurs sociaux et économiques. Les outils de l’association sont double : des cafés politiques mensuels et un journal impertinent « l’Aiguillon ». Apparemment à Chartres ces paroles font du bruit.

 

 

 

J’aime bien cette idée lancée par Jean-Claude Genet. Jean-Claude fut alpiniste durant 20 ans avec une première mondiale en 1987 au sommet de la cordillère des Andes à 6960 mètres jusqu’à un interdit des autorités népalaises sur les ascensions himalayennes en 94. Jean-Claude abandonne sa passion pour revenir sur ses terres, lui le natif de Beaugency. C’est finalement non loin de là à Bonneval en Eure et Loir qu’il invente une marche populaire qui convoque la population du canton, une marche qui dure 2 jours pour parcourir 125 km. Ainsi est née la Godillose, association organisatrice de ce défi unique en France qui fédère 20 communes et les élus locaux.  Bien avant les questions de cohésion sociale et de mutualisation des moyens, notre alpiniste a inventé un étonnant lien social qui nécessite à chaque édition quelques centaines de bénévoles pou un demi-millier de candidats. www.lagodillose.fr

 

 

 

L'Indre

 

 

 

L’Indre est organisé autour de Châteauroux et des sous-préfectures de le Blanc, Issoudun (nous y rejoindrons le jeu des 1000) et La Châtre. Avec ses 232 000 habitants, le département a une bien faible densité de population, 34hab/km2. Dans ce plein centre de l’hexagone, l’activité principale demeure liée à la terre que le département tente d’orienter en grande partie vers la filière environnementale. Ainsi l’agence de développement de l’Indre, dont le site est à www.objectifindre.com, met en avant la filière bois utilisé en combustible et en matériau de construction, la filière paille (800 000 tonnes sont produites chaque année en Champagne Berrichonne) avec une nette utilisation de la paille en éco-construction. [Le département de l’Indre s’est en effet engagé très officiellement dans la filière paille et bois.] D’autres productions bénéficient de priorités comme la filière huile végétale qui ouvre la voie aux produits bio-lubrifiants et enfin une filière matériaux isolants qui inclut le chanvre, le lin oléagineux et la laine naturelle. Pour être complet, il faudrait mentionner les nombreux projets éoliens et photovoltaïques prévus à cet endroit. Donc l’agriculture se taille la part essentielle de cette économie locale. Il existe toutefois un autre secteur sur lequel l’agence de développement mise ses espoirs qui est celui de la logistique. Chateauroux est en effet au cœur d’un marché de 23 millions d’habitants dans un rayon de 300km, soit 4 heures de camion. L’autoroute A20 y contribue, mais aussi l’aéroport de fret de la capitale départementale.

 

Qui décolle...

 

Aussi étonnant que cela puisse paraître pour certains d’entre vous, l’Indre possède un aéroport international de fret. Pour préciser il fat en revenir à l’histoire de l’aéronautique ici-même puisque Marcel Dassault y implanta une première usine de construction aéronautique en 1936…En 1951 l’US Air Force choisit encore Châteauroux pour y installer une des ses plus importantes bases aérienne. Au départ des américains (ils ont été jusqu’à 8000 à travailler sur cette base !) en 1967, l’aéroport est cédé à la France et il faudra attendre 1974 pour qu’une activité commerciale soit lancée. En 94 le site prend le nom de « aéroport Marcel Dassault » et étend encore ses infrastructures dont sa piste principale portée à 3500 mètres. Outre sa vocation de plate-forme commerciale, cet aéroport est aussi le 1er site européen d’entraînement des pilotes civiles et militaires. Pourquoi cette autre vocation ?: parce que sa piste permet le passage de gros porteur, l’espace aérien  est sans contrainte et les conditions climatiques permettent des exercices toute l’année, de nuit comme de jour. Les pompiers de l’ensemble des 35 aéroports français viennent également s’y former. Le dernier avantage pour le département de posséder ces infrastructures est d’accueillir plus facilement certaines entreprises liées à l’aéronautique. Je vous donnerai l’exemple de « Bartin Aero Recycling » qui est la première plate-forme européenne de démantèlement aéronautique. D’autres entreprises notamment de maintenance sont voisines de celle-ci. En tout c’est une trentaine d’entreprises qui s’activent directement en lien avec cet aéroport, soit 2500 salariés. Cet aéroport de Châteauroux Centre, dernier nom en cours, est géré par le Conseil régional du Centre.

 

Un art social

 

 

L’association « Pour que l’esprit vive » a une histoire peu commune et poursuit de grandes actions  dans son abbaye. Pour que l’esprit vive a vu le jour en 1932… sous l’impulsion d’une figure du monde caritatif : Armand Marquiset. Né en 1900 et disparu en 1981, A. Marquiset avait créé les petits frères des pauvres en 46, Frères des Hommes en 1965 ou encore les frères du ciel et de la terre en 68. A l’origine, en 1932 et donc dans contexte économique et social très ébranlé par la crise de l’après guerre, l’association de Marquiset se destinait à aider les artistes et les intellectuels vivant dans des conditions très précaires. A partir de cette époque cet altruiste abandonna lui-même une carrière de compositeur et de pianiste pour se porter auprès des plus démunis. Il organisa entre autres de nombreux concerts, expositions et de nombreux prix. Pour que vive l’esprit a poursuivi son entreprise de solidarité artistique et est présidée depuis 2007 par le violoncelliste Dominique de Williencourt avec quatre objectifs : aider à la création de jeunes artistes, contribuer à la promotion de leur travail, développer la fonction sociale et civique des arts et préserver l’œuvre posthume des créateurs. Le domaine de La Prée est le centre de cette stratégie avec des résidences, des rencontres musicales et des expositions in situ et à la galerie photo de Robert Delpire «  Galerie Fait et Cause » à Paris. www.pqev.org

 

 

 

 

 

Une petite note qui s’achève par cette affirmation qui a tout pour nous séduire « l’action culturelle en milieu rural, ça marche ! ». Je rends l’assertion à son auteur, Eric, responsable de la scène nationale de Châteauroux, Equinoxe. Encore une et c’est tant mieux. Car cette scène, comme la plupart des autres structures de ce type proches du milieu rural, permet de diffuser des spectacles professionnels là où leurs productions seraient impossibles. Cette scène nationale accueille chaque année 2000 collégiens dans son enceinte et offre le restant de l’année un programme large qui touche au théâtre, à la danse, aux arts de la piste, aux musiques y compris classique ou du cinéma avec l’Eden Cinéma. Le plus de l’équinoxe est d’afficher sur son site un service de covoiturage avec une liste d’attente dans laquelle chacun peut trouver le meilleur moyen d’organiser sa soirée à Châteauroux : www.equinoxe-lagrandescene.com

 

 

 

Une association excessivement performante de l’agglomération de Châteauroux : Caïman. Dédiée depuis plus de 10 ans qu’elle existe aux musiques nouvelles dites amplifiées, Caïman a élaboré de nombreux événement musicaux, voire la majorité dans le département, avant d’étendre ses compétences. Jugez-en par vous-mêmes : elle est l’origine du dispositif « Gros Tom ». Il s’agit en l’occurrence de repérer les nouvelles formations, en sélectionner les plus retentissantes et les soutenir dans leur perfectionnement avec des résidences, des formations, une aide à la diffusion et une aide à la sortie du premier disque. Elle est relais sur service « Initia’son », soit des modules courts de formation portant sur le technique et l’administratif du milieu artistique musical. Elle est aussi référent dans le suivi administratif des intermittents (déclaration d’embauche, attestations, déclaration de spectacle, gestion des cachets artistiques…). Elle est encore relais du service « Propul’son » de la région Centre. Ici il s’agit d’un accompagnement individualisé des candidats musiciens. Enfin elle édite guide et annuaires des artistes, continue à programmer des concerts et cherche même en ce moment un chargé de mission. Tout cela apparaît à www.federation-caiman.fr

Par Philippe BERTRAND - Publié dans : Carnets du Centre
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