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carnets de Champagne Ardenne

Mardi 10 janvier 2012 2 10 /01 /Jan /2012 15:44

HAUTE-MARNE

 

Peu ou mal connu, ce territoire qui connaît une très faible densité de population conserve par voie de conséquence un cadre naturel authentique. Nous sommes dans un des départements les plus boisés de France. 245 000 hectares de feuillus pour la plupart des espaces boisés avec une économie qui dépend encore en partie de ce patrimoine. Qui dit faible densité d’habitants, dit espaces agricoles et, là encore, agriculture et agro-alimentaire jouent un rôle conséquent dans l’économie locale. Restent quelques traditions persistantes à l’image de la Fonderie avec cette particularité que les fameuses entrées du métro parisien dans le style art nouveau ont toutes été crées en Haute-Marne. Mais revenons à l’actualité de ce département qui, tente logiquement, de jouer un rôle de pointe (encore discret) avec le Pôle technologique de Haute-Champagne dans le bassin nogentais au sud de Chaumont. Chaumont, capitale locale avec langres au sud du département et Saint-Dizier au Nord. Nous allons comme toujours rencontrer cette semaine les acteurs locaux afin de sortir des grandes catégories de la modernité selon le site du département. Ce dernier donne en effet en exemple le mémorial Charles De Gaulle ouvert en octobre 2008 et le parc d’activités de Damblain-Breuvannes. Ce dernier promet la création de 1500 emplois.

 

 

 

ECONOMIE

 

Langres avance depuis quelques temps sa candidature au patrimoine mondial de l’Unesco. Je ne sais pas si l’acte aurait ravi Denis Diderot, l’enfant du pays dont la statue surveille les passants du centre ville, puisque le philosophe prit soin de quitter les lieux et le giron familial pour tenter sa chance à Paris. Il n’empêche que la ville mérite le détour. Le patrimoine peut animer des espoirs, mais c’est encore l’économie qui préoccupe les décideurs du département. C’est ainsi que depuis 2008 la Cci (chambre de commerce et d’industrie) et les chambres de métiers et d’agriculture font la promotion de la création et de la reprise d’entreprise Dizier. www.creezenhautemarne.com.

 

 

 

Le même type de dispositif est mis en place à l’échelle régionale sous le nom de génération entreprendre. A cet endroit on parle d’esprit d’entreprise, de sens de l’initiative, de réussite et de diversité (on a le droit de rêver). Le site d’information est à www.generationentreprendre.com. (Evitez le trait d’union entre les deux sinon vous arrivez aux pages de la région PACA).

 

 

Signalons une action importante lancée depuis 2002 afin de revitaliser le tissu économique local avec l’association du Pôle technologique de Nogent, APTN. Initié par le Conseil général et des partenaires institutionnels tels l’université technologique de Troyes, l’APTN voulait améliorer l’attractivité du territoire et profiter d’un secteur de nouvelles techniques déjà implanté sur le territoire avec le CRITT, centre régional d’innovation et de transfert de technologies. Autre atout était la présence d’une association, Nogentech, qui réunit 65 entreprises du bassin de Nogent et fournit de l’emploi à 1800 personnes. Le Pôle fait l’assemblage de toutes ses données. Aujorud’hui le chantier de construction d’un site en dur avec un pôle d’accueil est en route. Coût total de l’opération  en immobilier en moyens technologiques, 19 millions d’euros. Entre un secteur administratif, des laboratoires, une halle industrielle et une pépinière d’entreprises, le site devrait devenir le centre économique principal de la région au cœur du triangle St Dizier, Chaumont, Langres. Soutenu par un ministre de l’industrie élu haut-marnais de Chaumont, Luc Chatel, ça facilite en ce moment les démarches. Faut en profiter quand on peut, c’est le principe du jeu politique, d’autant que celui-ci prévoit un groupement d’entreprises spécialisés en matériel chirurgical de pointe et en prothèses. Déjà présente à Chaumont, le développement de cette filière au sein du pôle technologique pourrait faire du bien à l’économie locale. Le site du pôle est à www.poletechno52.com.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

FORMATION

 

Il existe en Haute-Marne une école nationale unique en son genre. Pauline est une des étudiantes, qui comme tous ceux qui viennent des six coins de la France ( je dis 6 parce que nous sommes dans un hexagone), vient de faire sa rentrée à l’école nationale d’osiériculture et de vannerie de Fayl-Billot.. Comme elle l’écrit très bien s’il y a transmission de savoirs traditionnels, il y a aussi une ouverture sur les nouvelles techniques ( comme l’architecture végétale, ou la dépollution des sols ). Le lycée agricole attenant, écrit encore Pauline, a développé une filière écologie qui lui a permis de recevoir le label de éco-école. Résultat, les élèves qui sont en maraîchage bio produisent des légumes et des fruits qui arrivent ensuite sur les tables de la cantine. L’adresse de l’école est www.ecole-nationale-de-vannerie.com.

 

 

 

Le tissu associatif ne cesse de grandir et de créer aussi des emplois. Les économistes qui jonglent encore avec les PIB vous diraient que cette économie associative représente en ce moment un dizième du PIB. Qu’il s’agisse du bénévolat ou du salariat, le milieu associatif exige aussi des compétences précises en fonction des secteurs d’activités. C’est pourquoi la ligue de l’enseignement de la Haute-Marne élabore un programme conséquent de formation des acteurs de la vie associative. Chacun peut envisager un parcours de formation personnalisé dans le cadre du Certificat de Formation à gestion Associative. www.ligue52.org

 

 

....ET SOLIDARITE

 

 

 

Tout n’est pas simple du côté de nos départements et en particulier de la Haute-Marne. Exemple l’excellent festival international de l’affiche et du graphisme de Chaumont a bien des soucis pour pérenniser son rendez-vous comme cela ressort du journal de Haute-Marne. Le sud de la Haute-Marne fait face lui aussi à des soucis de développement. C’est pourquoi s’est constituée l’ADECAPLAN, Association de Développement des Cantons du Plateau de Langres afin de toucher 50 communes représentant 7500 habitants en axant ses objectifs sur le tourisme, la culture et le cadre de vie. Depuis 93, date de création de l’Adecaplan, 3 festivals ont vu le jour, des aménagements de plan d’eau ont été réalisés et des actions menées en matière de logement avec la remise sur le marché d’une centaine de logements nouveaux. Par ailleurs une opération dénommée ORAC destinée à la restructuration de l’artisanat et du commerce a permis de remettre aux normes plusieurs commerces. Je retiens parmi les acteurs pertinents de ce sud haut-marnais, « la régie rurale du plateau » née des brigades vertes et qui accueille les personne en difficulté d’intégration en les orientant vers des activités d’entretien d’espaces verts des collectivités ou vers du maraîchage et la vente des produits de l’agriculture biologique. Cette régie est implantée dans le village de Vaillant à 20 mn au sud de Langres possède un jardin de un hectare et demi qui fait partie du réseau des jardins de Cocagne. Le seul souci pour les surfeurs invétérés que vous êtes en grande partie, la régie ne possède pas de site mais une adresse électronique à [email protected]. et sinon l’Adecaplan et ses ramifications apparaissent sur le site de la communauté de communes de Prauthoy à www.ccpm-prauthoy.org.

 

 

 

 


Du patrimoine naturel au patrimoine historique

 

 

Officiellement annoncé en juillet 2009, la Haute-Marne du sud partage avec la Côte d’Or du Nord un nouveau parc naturel national. 80 000 hectares de feuillus sont au cœur de ce territoire entre Bourgogne et Champagne. C’est dans ce cadre que le département avance depuis plusieurs années un projet qui devrait enfin voir le jour sous le nom d’Animal-Explora. Implanté sur le site du Parc aux daims à Châteauvillain, l’ensemble comprendra un  parc animalier (mettant en valeur la faune sauvage de la forêt, même si un espace bisons est prévu. Connaissant assez bien cette région je vous confirme qu’il n’y a plus de bisons depuis belle lurette), un centre aquatique, un centre de loisirs et d’affaires et une résidence de 120 logements à vocation touristique. Les projections en 3D du site font apparaître des constructions en matériaux naturels qui semblent s’intégrer à l’espace paysager. Reste que le département assume la maitrise d’ouvrage des équipements pour un montant HT qui affiche 30 millions d’euros. Je vous laisse juger de l’opportunité de cet investissement en sachant toutefois qu’il correspond à un des rares vecteurs d’existence économique locale. Le site d’Animal explora devrait ouvrir en mai 2013.

 

 

 

 

le Grand Jardin de Joinville, réé à la Renaissance par le premier duc de Guise, est un superbe témoignage de l’art du XVIème siècle. Devenu centre culturel  de rencontre, le Grand Jardin programme toute l’année des concerts, des expositions ; des conférences et de multiples événements. Le Frac de Champagne-Ardenne investit parfois ce jardin. L’histoire  des centres culturels de rencontres qui sont très nombreux partout en France, le principe est de faire la synthèse entre un monument ayant perdu sa fonction originelle et un projet intellectuel et artistique qui assure sa réhabilitation. C’est le cas à Joinville avec ce jardin et son château renaissance et ce n’est pas un hasard si le calendrier des rendez-vous est de haute tenue. Vérifiez par vous-même à www.legrandjardin.com.

 

 

 

 

 

 

 

J’éprouve un intérêt sensiblement limité pour les reconstitutions historiques version  grand spectacle que certains collectifs locaux mettent sur pied. On peut certes saluer l’effort, mais beaucoup moins la lecture très approximative de l’histoire. Fumigène et écran de fumée sur des événements confus qui ne prêtent pas au carton pâte. Je n’éprouve pas plus de passion pour le jugement du Christ porte Maillot ou un combat de gladiateurs sous les paniers de bsaket d’une salle polyvalente. C’est pourquoi vous n’entendrez pas détaillé le travail des petits mains qui confectionnent la robe d’une Cléopâtre départementale. C’est un choix éditorial. En revanche, ce que réalise l’association histoire et patrimoine à Vignory est d’un autre acabit. Ici pas de Robert Hossein en herbe mais des artistes de rue qui se mêlent aux animateurs de l’association et aux historiens des lieux. Vignory c’est entre autre un château féodal, une église romane, un jardin médiéval, un musée et des demeures historiques pour lesquels l’association assure des chantiers de restauration et chaque année des chantiers de jeunes. Et puis ce sont aussi des manifestions dans le cadre des journées du patrimoine et du rendez-vous des Médiévales. Le cadre s’y prête complètement. Vous trouverez le compte –rendu des dernières médiévales qui ont eu lieu fin mai à www.patrimoine-vignory.fr

 



 

 ...En passant par la truffe

 

Tout le monde connaît la truffe noire du Périgord, la célèbre qui fait la fortune, toute proportion gardée, des producteurs, mais il existe d’autres variétés moins connues dont la truffe dite d’automne qui résiste davantage aux basses températures de l’est de la France. C’est autour de cet or noir des forêts champardennaises qu’est née l’association pour le développement de la production et de la promotion de la truffe de Haute-Marne (c’est plus simple à dire sous la forme suivante d’ADT52). Mais au-delà de la simple anecdote, l’association prétend à l’émergence d’une filière professionnelle trufficole en Haute-Marne. ADT52 a d’ailleurs son siège au CFPPA de Chaumont (centre de formation professionnelle et de promotion agricole). Ce centre est franchement pertinent, puisqu’il former, anime le territoire, participe activement à l’insertion professionnelle et expérimente de nouveaux secteurs d’activités. La trufficulture en fait partie. Il s’est équipé pour cela de formateurs, de matériel qu’il met à disposition des candidats et possède une truffière d’un hectare et demie. (Il est plus louable à mon sens de sonder le sol pour dénicher ces perles que de braquer notre environnement pour en extraire du gaz de schiste.). Au passage la principale truffe du nord-est est appelée tuber uncinatum (son enveloppe est noire comme la melanosporum du Périgord, mais sa chaire est couleur chocolat et dégage un arôme de noisette qui encense un bon plat de pâtes.) www.adt52.fr

 

 

 

CULTURE

 

 

 

La culture n’est pas  exclusivement synonyme de loisir, d’agrément ou d’accompagnement de nos heures de liberté, mais elle mobilise, anime les lieux et joue un rôle attractif avec des effets économiques indiscutables. La Haute-Marne est extrêmement intéressante pour cela. Nous en avons donné quelques exemples depuis lundi, mais j’ajoute aujourd’hui le rôle décisif que joue l’association Arts Vivants 52. Née timidement en 87, arts Vivants 52 assure l’éducation aux arts, l’enseignement spécialisé, la diffusion et la création de ce tout qui relève de la danse, de la musique et du théâtre sur l’ensemble du département. L’association fédère de nombreux artistes de pointe et des structures devenues indispensables. Une illustration avec le Château de Faverolles, lieu champêtre et idéal qui abrite des studios de répétition et d’enregistrement. Propriété d’un ingénieur du son, les studios affichent une longue liste de prestations au bénéfice des musiciens de la région et d’ailleurs. Laurie Anderson, Fémi Kuti ou Fred Frith ont enregistré dans ce petit paradis haut-marnais. www.chateaudefaverolles.com.

 

 

 

 Anne-Laure Lemaire de son côté pousse son théâtre contemporain avec le soutien de l’association arts vivants 52. Sa compagnie Nie Wiem (je ne sais pas en polonais) est basée à Langres et anime des groupes de travail dans plusieurs villes du département en dehors de ses créations propres : http://nw-theatre.over-blog.org/

 

 

 

 

 

Deux autoroutes, l’A5 vers Troyes et l’A31 vers Metz traversent le département sans pour autant favoriser une plus grande fréquentation des lieux. Parfois il faut se méfier des grandes voies de communication qui ne servent qu’à fabriquer du passage et seulement du passage. De Saint-Dizier au Nord à Langres au sud et Chaumont au quasi centre du territoire, faites donc des sorties d’autoroute, amis voyageurs et prenez les départementales de la liberté retrouvée. Allez sur les traces de Diderot, de Voltaire ou du général évidemment, ou encore de Louise Michel. D’ailleurs à propos des natifs du lieu figure un autre Michel Albin de son prénom, né à Bourmont en 1873 et créateur des éditions Albin Michel en …..1900. Parmi les micros initiatives je retiens celle de la géniale association du Chien à Plumes et de sa salle multiculturelle, La niche, située dans le village de Dommarien, qui porte un nom évocateur. Il n’a en effet que 80 habitants mais la niche installée dans une maison éclusière au bord du canal de la Marne  et qui offre 400 places, est un  lieu extraordinaire de concerts, d’expositions et de résidence de musiciens. L’association a cumulé les prix, celui de la fondation crédit coopératif pour son initiative d’économie sociale, le prix Gauby Lagauche pour ses emplois créés, celui de la Fondation de la Macif. L’association a créé également un  festival «  le chien à plumes en maillot de bain », qui a lieu l’été comme le nom l’indique ( l’hiver je leur conseille le festival du chien au ski ou husky). 12000 personnes pendant les 3 jours de l’événement viennent écouter des Thiéfaine, Goran Bregovic, Dionysos, Arno et autres Tiken Jah Fakoly.  Bref la bande des 200 bénévoles et quelques salariés à l’origine de tout cela fait des merveilles. Ils soutiennent aussi notre groupe des Tournelune et leur phénoménal Track’Tour, tournée rock en tracteur. L’adresse de ces inventifs haut-marnais est

 

 

 

Philippe nous conseillait dans son courrier de jeter un œil et éventuellement les deux sur un éditeur installé en Haute-Marne et leader mondial du livre sur les vaches. Diantre. Sans boire du petit lait, j’ai voulu en savoir plus. L’éditeur vache est donc Castor et Pollux qui voit plus loin encore que son museau. Je cite « c’est une maison d’édition un peu comme une maison de campagne. Où les animaux et les paysages sont tirés de ses livres. La nature s’y confond avec leur s pages, toutes fenêtres qu’ouvrent les photographes, que racontent les écrivains ». Bref ce serait un croisement de l’art, la photo et la manière, l’écriture, ou l’inverse si vous préférez. Créé par Valérie Sarrey et Philippe Nolot, Philippe qui n’est autre que notre correspondant, Castor et Pollux est à l’image de ce duo qui a trouvé l’inspiration de ces éditions en parcourant les expositions. D’où le résultat des publications en beaux livres avec plusieurs collections comme ‘portraits’ et le petit bestiaire et comme je disais que ces éditeurs voyaient au-delà du museau des bonnes vaches, parmi les derniers titres vous trouverez un  étonnant « voyage en Arbonie » de Jehan de Villiers. L’Arbonie terre d’imagination et d’invention presque de légende et résultat de sculptures naturelles de l’auteur. Un ouvrage des parcs et jardins en Champagne Ardenne répondra à la curiosité des lecteurs de la région et donc pour ne pas décevoir les amateurs de vaches, Castor et Pollux tient son best seller avec ‘ fous de vaches’ dans lequel 70 passionnés se sont régalés autour des belles ruminantes. Les autres titres relèvent d’une belle originalité de choix qui va du peuple Surma à un imagier des ponts en Europe. Le site de l’éditeur qui siège à Chaumont est www.castor-et-pollux.com.

 

 

 

 

 

 

MARNE

 

 

Nous demeurons en région Champagne Ardenne, mais cette fois nous résidons dans le département de la Marne, « Le » département du Champagne, puisqu’avec ses 23 000 hectares de vignoble, ce département représente 73% de l’ensemble  de l’AOC Champagne soit l’expédition annuelle de quelques 300 millions de bouteilles. 30 000 emplois sont induits par la viticulture. C’est encore le même produit qui tire vers le haut une agriculture très conséquente sur ce territoire, une agriculture qui connaît un malaise très partagé en ce moment. En effet la Marne est éminemment rurale et agricole. Pour illustration, on parle de Surface agricole utilisée, SAU, et la Marne correspond à 35% de la SAU totale de la région. Cette même surface composée de 559 000 hectares place le département au premier rang national. Enfin plus de la moitié des exploitations agricoles et viticoles de la région se trouvent dans la Marne, soit 13800 exploitations dont 9800 sont à orientation viticole.  Le vignoble s’étend principalement à l’ouest du département entre la brie champenoise au sud-Ouest et le Tardenois au nord-ouest. Au centre on parlera du plateau de la champagne crayeuse et au centre de ce centre d’une Champagne pouilleuse, non pas parce qu’elle est pauvre, mais parce cette craie est à fleur de peau, ou plutôt de terre. A l’est, la Forêt, l’Argonne, massif boisé dont le nom fait écho au bruit des canons qui ont inondé ces campagnes lors de la première guerre mondiale. Après le conflit, tout un pan de la marne se retrouva en zone rouge, réduite à néant et surtout incultivable et inexploitable. Contrairement au voisin ardennais, la Marne ne perd pas de population et entretient depuis 10 ans un même taux avec quelques 566 000 habitants dont 190 000 pour la seule ville de Reims alors que la Préfecture de Châlons-en-Champagne n’en compte que 46 000.

 

 

 

DES CULTURES QUI PETILLENT....

 

 

 

L’histoire est marquée du sceau d’une guerre féroce qui va engendrer plusieurs  batailles inscrites en profondeur dans le conflit, deux batailles de la Marne en septembre 1914 et juillet 1918 et entre les deux, l’épouvantable chemin des Dames en 1917 qui pendant deux mois de bombardement et fusillade laissera de chaque côté de l’Aisne et donc dans chaque camp environ 200 000 soldats tués. L’armée coloniale perdra près de la moitié de ses effectifs avec 7000 tirailleurs sénégalais fauchés par la mitraille ennemie. La Marne, version moderne, exploite grandement le champ culturel avec bien sûr des festivals et événements ponctuels, mais aussi avec des établissements et structures très opérationnels. Je prends pour exemple les agitateurs et acteurs rémois dont la Cartonnerie,  salle des musiques et cultures actuelles. La Cartonnerie, soit 4000 m2 d’espace sur 4 niveaux, avec deux salles de concerts (de 350 et 1200 places, un hall d’exposition, un espace multimédia, un centre d’information et  3 espaces restauration). Vrai village de la musique, la Cartonnerie rayonne avec cet équipement à 200km de distance et propose des outils de travail aux musiciens avec pas moins de 7 studios de répétition, un studio d’enregistrement. Annuellement la Cartonnerie, ce sont encore environ 80 concerts qui sont proposés aux publics de la région. Mieux encore, cette cartonnerie est un des 4 relais du réseau régional des musiques actuelles. Ce réseau baptisé Polca regroupe les principaux lieux qui soutiennent et  accompagnent les porteurs de projets musicaux. Polca, comme bon nombre de ses homologues, assure  des formations artistiques et possède un centre de ressources sur les musiques actuelles. Les trois autres relais outre la Cartonnerie de Reims sont la MJC Calonne de Sedan, L’Orange Bleue de Vitry le François et La Maison du boulanger à Troyes. www.polca.fr et www.cartonnerie.fr

 

 

 

 

En 1984 un certain nombre de radios associatives en région décidèrent de s’unir pour constituer une fédération : la FRACA., autrement dit la Fédération des Radios Associatives de Champagne-Ardenne. Le vœu d’origine, qui est toujours défendu de nos jours, était de mieux échanger les savoir-faire et de mieux organiser leur contenus et zones de diffusion. Les instigateurs de cette fédération étaient Reims Radio FM devenue aujourd’hui Radio Primitive, Radio des Poumons à Troyes (on ne manque pas d’humour) et radio Mau-Nau à Châlons-en Champagne. D’autres radios vont rapidement se greffer à ce noyau d’origine. Aujourd’hui la FRACA regroupe 19 radios associatives réparties sur l’ensemble de la Région. Le principe très louable est surtout la solidarité qui consiste à aider les antennes les plus fragiles. Des émissions sont mises en commun afin de proposer du contenu aux plus petites. Cette fédération soutient également les projets de créations de nouvelles radios et étend sa toile. L’ensemble couvre en effet 70% du territoire régional et touche 80% de sa population. Le site principal est à http://www.radiomaunau.com/fraca/

 

 

 

Champagne, encore et toujours, avec un étonnant édifice planté au milieu des vignes et construit en 1909 sur ma Montagne de Reims à Verzenay. Il était déjà question de communication pour le propriétaire de ce vignoble puisque cet édifice est ni plus ni moins qu’un phare. La chose peut étonner entre deux rangées de ceps. Abandonné pendant la première guerre, le phare des vignes a été sauvé par la communauté de communes Vesle-Montagne de Reims qui a ouvert en 1999 un écomusée de la vigne. Pour commémorer l’événement un belvédère a été ajouté au sommet du dit phare et la nuit, à l’instar de la Tour Eiffel, l’édifice scintille au milieu de ce terroir (au lieu de dire « scintille », je devrais dire « pétille »). Le site dédié à cet endroit improbable donne à entendre des légendes du phare écrites par Eric Poindron et lues par Robert Hossein. www.lepharedeverzenay.com.

 

 

 

Le parcours de Dominique Fradet n’est pas inintéressant, lui qui avant d’être créateur de ce qu’il appelle une édition artisanale, fut d’abord gestionnaire des revues professionnelles de la compagnie française d’éditions à Paris. Quand ce rémois reviendra sur ses terres, ce sera pour lancer un journal du vin,  sorte de magazine d’informations croisées sur les viticultures de l’hexagone. 5 ans plus tard il resserre son champ d’expertise au seul Champagne avec le Journal du Champagne. Suivront ensuite les premiers livres genre beaux volumes fouillés avec mitraillage de documents et de photos. Et puis il y aura enfin le coup de cœur pour la Turquie et plus précisément pour le Kurdistan où il se rend régulièrement pour assimiler une langue et une culture. Des titres vont naître aux éditions en correspondance avec ces voyages. Dominique Fradet est entre autres l’éditeur pour la France de Hrant Dink «  être arménien en Turquie », journaliste assassiné en 2007 et dont les funérailles à Istanbul avaient réuni plus de 100 000 personnes. (Dink avait crée un journal bilingue turc-arménien)  (Les rapprochements culturels peuvent être dangereux). www.editionsfradet.com

 

 

 

 

 

Pour compléter la carte des espaces culturels ouverts dans le département de la Marne, je dois vous parler aussi de Césaré, centre national de création musicale créé en juillet 2006 et installée depuis peu dans les anciens docks reimois. Six centres de même type couvrent l’ensemble du territoire national et ils sont tous conventionnés et missionnés par le Ministère de la culture. Le centre de Reims, comme ses homologues, se consacre à la musique contemporaine et aux relations que celle-ci pourrait entretenir avec le public. C’est une sorte de laboratoire où les compositeurs viennent concevoir et réaliser leurs projets musicaux. Le centre garantit la diffusion des œuvres réalisées et leur conservation. C’est pour cette raison que Césaré est aussi éditeur discographique. Le catalogue du centre contient les derniers disques de Yann Paranthoën et Christian Zanési , de Lionel Marchetti et Olivier Capparos ou encore de Hugues Germain, autant de noms qui normalement à part exception ne doivent pas vous dire grand-chose, une bonne raison pour enrichir vos découvertes musicales. Pour les professionnels intéressés, Césaré dispose de beaux outils de travail comme un espace de développement informatique et numérique et 3 studios de création musicale et vidéo.

www.cesare-cncm.com

 

 

 

Par Philippe BERTRAND - Publié dans : carnets de Champagne Ardenne
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Mardi 10 janvier 2012 2 10 /01 /Jan /2012 13:54

 AUBE

 

Le département de l’Aube est organisé autour de Troyes, son chef-lieu, planté en plein centre de la carte du territoire. Difficile de cerner ce département dont la population stagne voire diminue (308 000 habitants selon l’INSEE en janvier 2009 et plus que 300 000 en décembre de la même année.) Economiquement les chiffres donnent un tableau en demie teinte avec un chômage en forte augmentation au cours de l’année 2010 puisqu’il a bondi de 7,3% en un an, augmentation largement supérieure à la moyenne nationale de 3%. Le journal de l’Est-Eclair ajoute néanmoins que les raisons de cet accroissement des demandeurs d’emploi sont inconnues depuis que Pôle emploi et l’ancienne direction du travail sont incapables de donner des statistiques départementales. Pas pratique pour élaborer une contre-attaque. Il n’en demeure pas moins que les grands secteurs d’emplois sont les services et le commerce qui absorbent près de 65% des actifs. L’industrie est timide mise à part les dernières acteurs d’une économie du textile plus florissante au siècle dernier. L’exemple le plus connu en revient à la société Petit-bateau qui emploie onze cents personnes et Devanlay un peu plus d’un millier. A noter quelques sociétés dont les noms doivent vous rappeler des souvenirs : Vachette, les serrures et cadenas (600 personnes y travaillent) et de la vachette au chocolat au lait, la transition concerne la société jacquot. Cette dernière qui emploie elle aussi 600 personnes a été sauvée du dépôt de bilan par le groupe Cémoi en 2007, autre chocolatier bien plus puissant. Ça doit faire bizarre de diriger ce groupe et de dire le patron, c’est moi. Evidemment je ne terminerai pas ce survol sans mentionner l’agriculture auboise, première productrice de chanvre en France, grande céréalière également et 2ème en production de chou à ... choucroute (localement on confectionne la choucroute du Briennois). Et enfin le champagne, l’aube est au second rang de la production du précieux pétillant.

 

 

 

 

 

 

 

L’Aube, Troyes la capitale et ses deux sous-préfectures de Bar sur Aube et de Nogent Sur seine. Je ne peux pas m’empêcher de penser, en évoquant Bar-Sur-Aube, à Gaston Bachelard, philosophe des sciences et de la poésie. Bachelard, petit employé des Postes et télécommunications, promu plus tard professeur de physique dans sa ville natale avant d’être consacré maître d’une épistémologie moderne en Sorbonne. Bachelard révolutionne la pensée comme le regard et introduit une nouvelle approche de la rationalité par l’imaginaire qui va concerner une philosophie des sciences éclatante au 20ème siècle de Georges Canguilhem à Michel Foucault.  Rien ne vaut une bonne lecture de ces poétiques, celles de l’espace, par exemple, avec cette conscience humaine qui se forme au coeur de la maison. Il nous invite ouvrir les armoires où, reprenant la formule de Breton, pleines de linge, « il y a des rayons de lune que je peux déplier ». Une association perpétue le souvenir et la pensée de Bachelard (tout simplement celle des amis de Gaston Bachelard)  constituée en 1984 à bar sur Aube et dont l’adresse  est  http://www.gastonbachelard.org

L’aube, département hautement numérisé. C’est une des particularités de ce lieu qui possède un portail des collectivités afin de faciliter leur gestion. Le département a signé une convention avec sa direction des finances publiques afin de dématérialiser les milliers de mandats et de titres de recettes jadis édités sur papier ainsi que les rapports d’information. A voir que la page qui s’ouvre à www.collectivites-aube.fr

 

 

 

 

CULTURES

 

 

Il est toujours possible de réaliser un projet qui normalement ne se supporte que dans les grands tuyaux de l’économie et de la communication. Ici il s’agit d’une entreprise culturelle, ce qui ne l’empêche pas d’être une société de production à part entière. Nous sommes dans la petite bourgade auboise de Buchères. Lionel qui nous met dans la confidence de son créateur, Gérard Durantel, explique que la société de production et d’édition musicale fait dans l’excellence. La famille modeste et généreuse, écrit-il, de Gérard est aussi atypique que son entreprise, puisque ses quatre enfants sont des concertistes de haut niveau. La création de cette société, CDpac, remonte à 1997. Si son champ d’activité principale est l’édition phonographique, cette société assure aussi la prise de son, le montage, l’organisation de stages et de concerts. Ainsi est né  le label Polymnie en 2000 auquel s’est associé un distributeur indépendant. En 2005 la modeste entreprise s’est vue décerner un Orphée d’or par l’Académie du Disque lyrique et il suffit de feuilleter son catalogue pour être très impressionné par la qualité des pièces enregistrées. Depuis 15 ans Polymnie met à disposition des musiciens  le cadre prestigieux de répétition et d’enregistrement de Notre Dame en l’Isle à Troyes et c’est dans ces bâtiments que se déroulent les stages animés par Denis Pascal, Laurent Cabasso ou Régis Pasquier pour ne citer que quelques exemples. www.polymnie.net.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Thibault, roi, du cafardage nous propose de jeter un œil sur… le troisième œil (comme ça, ça en fera quatre). Une bande de bénévoles ont décidé il ya plus de 6 ans d’éditer un guide mensuel des sorties culturelles qui, au-delà du traditionnel agenda, offre des articles de fond fichtrement intéressants. Sans aucun contrat aidé, cette joyeuse bande tient la barre à http://www.le-troisieme-oeil.com/

 

L’intérêt supplémentaire est que cette revue entretient des liens permanents avec les principaux lieux de création du département et de la région dont la cartonnerie à Reims  ou encore les ateliers Ginkgo à Troyes. Ces derniers installés dans la maison dite maison du boulanger sont au nombre de 10 et reçoivent des artistes contemporains locaux pour un durée d’un an renouvelable afin de mettre en œuvre un projet culturel. Le résultat du travail fourni dans chaque atelier peu se suivre presque pas à pas sur le site www.maisonduboulanger.com

 

 

 

 

 

 

 

Notre département et sa région se sont dotés d’un portail très convaincant des musiques actuelles en Champagne Ardenne. Il s’appelle Macao et regroupe – Structures culturelles bienfaisantes.  Pour le département de l’aube, existent le collectif Alka ainsi que celui d’Aune Musiques actuelles dont nous avions parlé dans une vie précédente. Rémy qui préside la noble assemblée nous fait savoir que cet organisme est toujours bien en vie et même va de mieux en mieux avec 121 concerts dans l’année et 37 animations pédagogiques. Alka est un autre cas si je peux dire. Créé en 96, ce collectif à tendance jazz est dirigé par le vibraphoniste François Choiselat et le saxophoniste François Cotinaud. Improvisations, recherches et créations, Alka ne manque pas d’énergie et possède son label ainsi qu’une banque de données musicales très intéressantes. On le trouve associé au SPOUMJ, traduisez Sound Painting orchestra de l’union des musiciens de jazz dirigé par François Jeanneau. Le tout donne chez Alka des ensembles à géométrie très variable. Le site du collectif vous permet d’aborder le répertoire de création avec des partitions téléchargeables et ainsi leur version interprétée. C’est à www.collectif-alka.com. Quant au portail général des musiques actuelles vous devez taper www.macao.fr.

 

 

 

 

 

 

 

...ET SOLIDARITE


L’histoire commence en 81 par la création dans l’Aube d’un atelier d’expression musicale pour de jeunes déficients intellectuels. Afin de prolonger cette passion, le centre Arc en ciel ouvre ses portes en 1990. Il demeure encore aujourd’hui le seul CAT dédié exclusivement à la musique et à la formation de musiciens professionnels. La belle et forte histoire se poursuit par la création d’un groupe, Signes Particuliers, composé de 8 musiciens de 4 techniciens eux aussi handicapés psychiques ou mentaux. Le groupe tourne depuis 17 ans avec son propre répertoire. 5 albums ont été réalisés dont 2 en public. Plus de 350 concerts en France, Suisse, Belgique ou aux Antilles, des zéniths et printemps de Bourges, des premières parties souvent et un résultat qui bouleverse quand on connaît l’histoire de cette formation. En 17 ans le groupe a connu deux départs et un décès, mais poursuit sa fabuleuse histoire. La réussite de cette expérience très touchante ne tient pas du miracle mais bien de la magie de la musique et l’ESAT Arc en ciel (il faut dire ESAT puisqu’il est désormais un établissement et service d’aide par le travail) a étoffé son action en concevant des spectacles et en organisant depuis 2003 le festival récréation qui accueille des artistes handicapés de toutes les disciplines. Enfin cet établissement de l’Arc en ciel a créé une association de diffusion des projets culturels : T’âmes T’âmes comme la belle âme d’une autre musique. http://signes.particuliers.free.fr/

 

 

 

 

 

 

 

 

PEDAGOGIE-EDUCATION

 

Arnaud Bouillette dirige une maison exceptionnelle et même unique en France: la maison des sciences Hubert Curien à Troyes. Créée sous statut associatif, cette maison regroupe différentes associations scientifiques et d’éducation populaire et a pour objectif de vulgariser et médiatiser les connaissances scientifiques. Des expositions remarquables s’y tiennent tout au long de l’année et elles peuvent sortir des murs pour toucher d’autres publics. Des conférences et soirées débats sont régulièrement organisées ainsi que des ateliers pratiques pour les scientifiques en herbe. http://maisondelascience10.free.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Philippe BERTRAND - Publié dans : carnets de Champagne Ardenne
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Lundi 9 janvier 2012 1 09 /01 /Jan /2012 18:30

 

 

Ardennes

 

Bienvenue dans les Ardennes. Je vais être obligé de répéter : bienvenue dans les Ardennes. J’insiste parce que le département a mauvaise presse, ce qui fait sortir le Conseil général de ses gonds après un classement par le magazine l’Express en 2008 au 96ème rang des départements où on vit le mieux. Le département qui porte son message en bandeau de son site, « avec vue sur l’avenir », dénonçait les journalistes qui atomisent le département alors qu’ils n’y sont jamais venus. Ils ont tort évidemment pour suivre cette logique d’autant que le TGV met Charleville-Mézières à 1h35 de Paris. Ils ont toutefois raison lorsque l’on sait que ce département est un des rares à voir sa population diminuer progressivement depuis 10 ans et son chômage continuer à frapper sa population. Il faut comme toujours nuancer ces données car la diminution des populations urbaines se fait au profit des zones périurbaines. On préfère majoritairement vivre au vert, alors que le travail se concentre sur les espaces urbains. Avec une population de 284 000 habitants, les Ardennes s’administrent autour de Charleville-Mézières, sa préfecture, suivie de loin par Rethel, Sedan et Vouziers. Economiquement à la peine, le département a des difficultés à se refaire une santé après le déclin de la métallurgie et de l’agriculture (pour cette dernière on recense un peu plus de 3000 exploitations pour 24000 sur l’ensemble de la région Champagne-Ardenne, cela s’expliquant par l’absence d’exploitations viticoles sur son territoire contrairement aux voisins.  Restent des entreprises sous-traitantes de la métallurgie en particulier liées au ferroviaire et à l’automobile. D’ailleurs le plus gros employeur départemental demeure PSA dont la fonderie automobile de Villers-Semeuse emploie plus de 2000 personnes. Et il faut ajouter aussi les métiers du bois justifiés par un patrimoine forestier de 152 000 hectares. Je vais peut-être éviter de vous sortir tout de suite, mes marionnettes et son impressionnant festival, Rimbaud et ses semelles de vent, ou le magnifique château fort de Sedan, un des plus gros d’Europe, Sedan, ville natale de Yannick Noah.  

 

 

Cultures

 

 

 

Ardennes, terre sombre telle l’encre noire des poètes et romanciers. Ce n’est pas Rimbaud qui va ouvrir cette page, mais André Dhotel, écrivain et scénariste qui a longuement traversé le 20ème siècle : il est né avec lui à Attigny en 1900 et s’est éteint 91 ans plus tard en laissant dernière lui une ouvre considérable dont «  Le pays où l’on arrive jamais », prix Fémina en 1955. Pas facile de plaider sa cause quand on arrive derrière le duo féroce de Verlaine et Rimbaud et pourtant Dhotel a irrigué la terre ardennaise de son verbe et a influencé les choix littéraires de romanciers eux-mêmes attachés à cette région. Je pense en premier à Franz Bartelt. Son histoire n’est pas banale : né dans l’Eure, il a quatre ans lorsque ses parents, son père est menuisier, s’installent dans les Ardennes. Dhotel sera par la lecture son initiateur. A 16 ans, Franz Bartelt quitte l’école, à moins que ce ne soit l’inverse. Il accumule pendant 4 ans les petits boulots. Publie quelques textes dans des revues confidentielles. Il sera ensuite pendant 15 ans contrôleur dans une fabrique de papier à Givet et le soir il écrit. (Du papier à l’écriture, tout cela semble logique). En 1984, il abandonne son métier, à moins que ce ne soit l’inverse, pour se consacrer à par entière à sa passion. Il se fait journaliste à l’Ardennais et dramaturge pour France Culture. Son premier roman paraît chez Gallimard en 95 sous le titre de « les fiancés du paradis » (c’était son 35ème manuscrit). Depuis une trentaine d’ouvrages (romans, nouvelles, chroniques) ont été publiés. Il y a du roman noir, du vécu et une part d’irrationnel. Il y a de l’humour grinçant (peut-être humour noir aussi) avec « Terrine Rimbaud ». Par la même occasion, pour demeurer dans la même couleur noire, depuis 2002 existent les éditions Noires terres qui proposent de « beaux livres à caractère régional » selon la formule invoquée par Christian pour nous parler du travail de Jean-Marie Lecomte, éditeur à Louvergny. Un site donne un aperçu des publications : www.noires-terres.com.

 

 

 

 

Même si son siège est à Reims le «  facteur théâtre » est une compagnie très originale. Créée en 92, ce facteur théâtre fonctionne comme une troupe à part entière depuis 4 ans. Son objet principal est le texte et donc le spectacle. Défendre des auteurs dramatiques et développer la connaissance de cet art originellement populaire. Tous les moyens sont bons pour le groupe avec des ateliers de pratiques artistiques, des ateliers d’écriture, des formations professionnelles, des événements ou encore l’édition de livres. Le facteur, qui porte bien son nom, colporte sa parole et son travail aussi bien dans les théâtres, que la rue, les hôpitaux, les prisons et bien sûr les écoles. Il est également à l’initiative d’un événement qui porte le drôle de nom d’été en automne : ETE,les écrivains du théâtre en errance. www.lefacteurtheatre.com

 

 


Il s’appelle le cabaret vert et s’inscrit depuis 2005 en plein cœur de Charleville-Mézières. Organisé par l’association Flap, leader dans l’animation musicale en  région (Flap est entre autres l’antenne régionale des découvertes du printemps de Bourges), le Cabaret vert, comme son l’indique, est écologiquement engagé. Vous allez penser à juste titre que cela devient une manie, mais pas toujours une référence bien assimilée. Vous aurez raison et c’est pourquoi ce rendez-vous qui dure trois jours veut aller jusqu’au bout du processus écologiquement responsable. Le site du Cabaret vert en donne un aperçu en, précisant par deux lignes percutantes sa philosophie : « Hors des entiers battus, écolo, alternatif, adversaire de la malbouffe et de la mauvaise bière, le Cabaret vert est l’événement du nord est de la France avant la rentrée des classes ». ça communique sérieux là-bas. En vérité, tout est pensé : des poubelles de tri sélectif, des gobelets plastiques recyclés en Allemagne aux cantines qui ne sont fournies qu’en produits locaux biologiques et auprès desquels chacun est appelé à faire sa propre vaisselle. Il faut suivre la pancarte self vaisselle qui vous conduira à faire la plonge ! Mais le cabaret vert, ce n’est pas qu’une série de scènes musicales, puisque ses espaces se partagent aussi entre une scène des arts de la rue, un chapiteau de projection de courts-métrages et un espace BD. Le tout est réuni au sein d’un village associatif qui a rassemblé tout ce qui pouvait bouger dans la culture alternative : 200 partenaires publics et privés, 700 bénévoles et surtout 45 000 spectateurs www.cabaretvert.com

 

 

 

 

 

L’ensam, école nationale supérieure des arts de la marionnette, seule école en France de ce genre. Tous les 3 ans, 12 élèves entrent dans cet institut afin de suivre une formation complète. Cet art modernisé nécessite de former maintenant des acteurs marionnettistes d’où la polyvalence du programme de formation : arts plastiques, corps, dramaturgie, interprétation, voix sans oublier les disciplines voisines que sont la danse, le mime et aujourd’hui la vidéo et les nouvelles technologies. Certains auteurs contemporains commencent à écrire pour cette discipline. C’est le cas de Philippe Minyana qui a composé  une pièce pour les élèves de l’école. En outre l’institut organise des stages d’été et possède un centre de recherches et de documentation. L’institut international de la marionnette est 7 place Winston Churchill à Charleville (08000). http://www.marionnette.com/

 

 

  Economie

 

 Ilard : Informatique libre en Ardenne. Son objectif est, depuis 3 ans qu’elle existe, de promouvoir les logiciels et ressources numériques libres. Au vu de son nombre croissant d’adhérents, ce qui en fait une des structures les plus dynamiques après les régions Nord et parisienne, Ilard a multiplié les rendez-vous comme les réunions de formations auprès des associations et des entreprises sur le principe du système Linux et les logiciels libres.  Depuis décembre Ilard a embauché un permanent tout en restant financièrement autonome puisque l’association ne reçoit aucune subvention. Mais surtout Ilard, « dans un contexte d’austérité budgétaire annoncé dans un département qui manque cruellement d’emplois », a pour projet global, (je cite toujours Guillaume), de développer une activité économique alternative en revalorisant le vieux parc informatique à destinations des écoles, des associatifs et des personnes à revenus modestes. Notre correspondant ne cache pas ses ambitions de créer des postes rémunérés supplémentaires de techniciens. Pour ce faire connaître et surtout obtenir un agrément en tant qu’organisme de formation, l’association a inventé « Libre en fête » en mars dernier avec ce qu’elle appelle des install party, des expositions, animations radio et conférences. Elle avait d’ailleurs invités tous les élus qui se sont abstenus à 100%, constate Guillaume (« probable effet de mode du moment »). Pour soutenir ces actions libres et intelligentes, l’adresse est www.ilard.fr

 

 

 

La libération du marché de l’électricité suscite des initiatives parfois discutables et à d’autres moments plus respectables. Enercoop en est l’illustration puisque cette coopérative nationale dont l’antenne ardennaise créée en 2008 est une des premières en France à produire et redistribuer localement de l’énergie verte. Les membres d’Enercoop Ardennes sont des particuliers, des coopératives, des associations et des collectivités locales dont deux communautés de commune des Crêtes ardennaises et de Meuse et Semoy, soit 35 000 habitants. Hydraulique, solaire, éolien et biomasse sont les principales sources de productions qui permettent à 4500 foyers de se nourrir à cette énergie verte produite localement. La particularité ici pour ceux qui décident d’être sociétaires du collectif est de les rendre propriétaires des sources de production et aux adhérents de bénéficier d’une énergie qui ne sort pas du réseau local. Là où des doutes persistent, c’est sur le coût de cette énergie parallèle supérieure au prix du marché, même si les augmentations des factures d’électricité et de gaz réduisent les écarts. Il n’empêche que la différence se traduira à la longue par une consommation plus régulée et plus citoyenne. D’autre part ce type de production et de consommation locales à partir d’énergies renouvelables entre dans les actes du livre blanc sur les énergies renouvelables de la commission européenne. Concernant l’électricité, une directive européenne prévoyait la consommation à 21% en 2010. La France est encore loin du compte. Et merci à Perrine qui est à l’origine de cette information. www.enercoop-ardennes.fr

 

 

 

Merci Jeanne pour cette lettre qui nous informe de l’existence d’un centre de recherche et de formation en éco-éthologie. Les étudiants et doctorants, écrit-elle, suivent la recherche sur le comportement d’animaux typiques des campagnes françaises : blaireau, renard, furet ou hérisson. (j’ai un faible pour ce dernier). Ici l’éco-éthologie consiste à étudier la relation que l’animal entretient avec son environnement, les techniques de pointe utilisées sont plutôt variées et les recherches du centre participent évidemment à la protection des espèces et à la création de programmes de sauvegarde. Perdu au milieu de la campagne ardennaise,  ce centre baptisé 2C2A-cerfe (CERFE= Centre de Recherche et de Formation en Eco-éthologie) a été créé en 1999 et est soutenu par la communauté de communes de l’Argonne ardennaise (d’où 2C et 2A). Le site du centre donne de nombreuses informations et présente une rubrique « que sont-ils devenus,) consacrée aux étudiants des précédentes promotions. Il est intéressant de noter que tous ont trouvé des emplois divers en France ou en Outre mer. L’un travaille à la sauvegarde de la faune en Guyane, un autre est chargé de communication d’une zone naturelle ou encore un autre dirige une ferme pédagogique sans oublier ceux qui ont intégré des unités de recherche au CNRS. www.cerfe.com

 

 

 

 


Une note sur Sedan avec un bel acteur culturel et social : la MJC Calonne. Depuis 27 ans, cette maison dynamise le centre-ville avec un spectacle par semaine privilégiant les arts vivants, des festivals ou journées événementielles comme le 4 juin la soirée baptisée le peuple de l’herbe qui correspondant à une mosaïque de musiques contemporaines, hip hop, électro, house ou drumandbass et surtout la MJC Calonne a depuis très longtemps une vocation de centre de formation. Les modules proposés sont très variés : stages d’insertion pour les 16-18 ans, stages métiers du bâtiment, plan local d’insertion professionnelle des femmes et différents stages de contrats aidés qui se partagent à 50% en vague de formation et 50% en travail en entreprise. Evidemment la maison ne gère pas seule ces programmes mais est entourée d’un maillage de partenaires sociaux, institutionnels et associatifs. C’est de très haut calibre : www.mjc-calonne.com

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                                               

Par Philippe BERTRAND - Publié dans : carnets de Champagne Ardenne
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