Vendredi 12 avril 2013
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Le projet était presque insensé: restructurer un quartier populaire d'une ville mal en point et secouée par la crise
sociale. Roubaix fait en effet partie des villes les plus pauvres de France. Le projet s'appelle Baraka, la coopérative Baraka, un nom doublement prédestiné, puisqu'un début d' incendie, une
semaine après son inauguration, aurait pu anéantir tous les espoirs qui lui étaient attachés. la coopérative Baraka, "fabrique de biens communs", est d'abord une prouesse architecturale avec sa
façade en bois qui abrite un bâtiment bioclimatique. Un rez-de-chaussée avec un restaurant bio, un étage pour des ateliers informatiques, des séminaires et rencontres culturelles et
une terrasse transformée en jardin d'apprentissage. Le restaurant mérite le détour pour la convivialité et la qualité, mais surtout pour sa vertu sociale. Géré par une association, elle assure
120 repas/jour à une clientèle peu aisée voire en situation précaire et permet d'employer du personnel en voie d'insertion. Afin de garantir un fonctionnement autonome et sans subventions, la
coopérative prolonge, ses activités par des service de catering-traiteur et par la location de ses espaces d'exposition et salles de rencontres.
www.cooperativebaraka.fr
Par Philippe BERTRAND
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Mardi 12 mars 2013
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la Coursive, avant.....
Cela se passe à Dijon, quartier des Grésilles. C'est un peu la Courneuve de la cité des Ducs. Mixité sociale habituée aux minima
sociaux et cadre de vie en béton sans âme. La cité Boutaric, c'est le nom de l'immeuble vilain, était promise à la démolition avec ses 147 logements dont un tiers totalement abandonné. 300
personnes y vivaient dans des conditions précaires et devaient être appelées à se faire loger ailleurs. Pendant plusieurs mois des entreprises culturelles de Dijon en quête de nouveaux
bureaux ont entamé une réflexion avec les responsables de l'Opac afin d'envisager une éco-réhabilitation de l'immeuble, moyennant une utilisation d'une partie du bâtiment en logements et une
autre à des fins d'activité économique. Une première entreprise culturelle, Zutique productions, prit le parti de s'installer dans l'immeuble en 2007 en entamant un travail de médiation et de
lien avec les habitants. trois autres entreprises suivront le mouvement en 2008 et 2010. D'emblée il ressort que la cité suscite l'intérêt du voisinage cassant l'isolement dans laquelle elle
était confinée. Le cadre de vie des habitants est aussi modifié et amélioré grâce aux actions des entreprises culturelles. Ces dernières profitèrent de cette installation groupée pour mutualiser
les moyens de production et établir une gouvernance démocratique de leur fonctionnement. Enfin des projets culturels seront réalisés avec la participation des occupants des
logements. Autour d'un noyau d'une quinzaine de salariés, la coursive Boutaric pour désigner ce collectif, élargit son cercle de travail auprès de 200 salariés artistiques et
techniques en fonction des besoins de production et est animée par une centaine de bénévoles, principalement habitants du quartier. Devant l'ampleur de la réussite, une pépinière
d'entreprises devrait s'installer au même endroit tandis que l'esplanade de la cité, étendue sur 5000 m2, recevra des jardins partagés et un théâtre de verdure. La Coursive Boutaric a été
lauréate du concours régional ESS 2012 en Bourgogne.
la Coursive, aujourd'hui...
(1) L'équipe de la Coursive n'est pas à l'origine du titre de l'article, mais n'est qu'un choix arbitraire de ma part.
Pour préciser, le collectif n'a pas cherché à "sauver" l'immeuble mais à y tenter un projet de mixité habitat-travail.
www.la-coursive.fr
Par Philippe BERTRAND
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Vendredi 9 novembre 2012
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L'idée est presque insensée. Disons, inespérée. Elle émane de deux jeunes employés de la boutique de gestion de Nantes. Comme
par hasard, c'est en donnant une pièce à une personne de la rue, que l'idée est née. Pourquoi donner quelques pièces alors que la collecte de celles-ci pourrait être utilisée plus efficacement.
Par exemple? En ouvrant un crédit pour financer l'achat d'un logement destiné aux SDF. Le premier emprunt bancaire fut lancé en 2007 sur une base très modeste de quelques dizaines de
donateurs. Denis et Gwenaël durent apporter leur propre garantie pour obtenir le prêt. Le calcul de départ est de convaincre 100 personnes à verser 20 euros par mois à l'association. La réduction
d'impôt fait fondre la participation à 5 euros mensuels. En 2011, Toit à Moi avait déjà fait l'acquisition de 4 appartements occupés par 8 personnes. L'autre pari était de ne pas définir une
durée limite de séjour afin d'éviter toute sanction pour les occupants. Pourtant, aucune personne logée ne "profite" du principe, car l'association a pour soin d'accompagner ces sauvés de
la rue vers la sociabilité et le retour à une vie active. Denis et Gwenaël sont maintenant salariés grâce aux aides des entreprises mécènes qu'ils ont démarché et dont la participation permet de
prendre en charge les frais de fonctionnement de Toit à Moi. Aux dernières nouvelles, l'association vient de signer l'achat de nouveaux logements, ce qui porterait l'ensemble à 8 appartements et
à quelques sauvetages supplémentaires. Comme toutes le bonnes idées, celle-ci pourrait prendre une envergure nationale. Denis et Gwenael n'y voient aucun inconvénient.
www.toitamoi.net
Par Philippe BERTRAND
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Vendredi 27 janvier 2012
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Rien ne m'agace davantage que d'entendre ou de lire régulièrement que les associations profitent du bénévolat et sont toutes des
dévoreuses de subventions. Lorsque subventions il y a, c'est souvent en gage d'un service que les collectivités ne peuvent pas assurer ou délèguent à des groupes associatifs. Pour
résumer à des collectifs citoyens. Il est vrai que plus de 85% des associations en France ne fonctionnent que par le bénévolat. En revanche il est enthousiasmant d'apprendre, selon les données
2009 et 2010 rapportées par Ressources et Solidarités, que plus de 178 000 associations ont employé 1.773 000 salariés en 2009. De plus, si le nombre de créations d'associations est
en recul en 2010, le nombre de créations d'emplois n'a pas cessé d'augmenter. Ces employeurs de l'associatif ont distribué plus de 33 milliards d'euros de salaires. Si vous divisez cette
somme par le nombre de salariés, vous aurez un salaire médian mensuel de 1550 euros. ça va mieux? La moyenne était de l'ordre de 11 salariés par association en sachant que 77 % d'entre elles
emploient moins de 10 personnes et 4% ont un effectif supérieur à 50 employés.La progression des emplois au premier trimestre 2010 était de l'ordre de 1,6% contre 1,4% l'année précédente. Ensuite
il faut tenir compte des états d'âme des employeurs qui pour beaucoup sont en situation de tension économique fragile. A cela une explication apparaît avec deux emoployeurs sur trois craignant
les effets de la réforme territoriale sur leur sort. Dans les bonnes nouvelles de ces résultats, les jeunes sont autant mobilisés que les plus âgés par le travail associatif. Pour les échoués de
l'emploi traditionnel, on est rassuré par le fait que les embauches les plus importantes sont réalisées après 40 ans. Enfin l'emploi féminin est fortement présent dans ce secteur associatif. Au
total plus de 330 000 emplois supplémentaires ont été généré par ce même domaine en 10 ans.
www.recherches-solidarités.org
Par Philippe BERTRAND
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Lundi 23 janvier 2012
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Le Rhône ne manque pas
d'initiatives et de bonnes idées au regard de la densité
de sa population. Il en est une dont nous avions évoquée l’existence lors d’un précédent passage : Habicoop. Cette association qui prône un habitat social en propriété collective, vient
enfin de poser la première pierre de son village Vertical. Après 3 ans de lutte comme l’écrit Colette, membre de cette coopérative d’habitants unique en France, Habicoop a obtenu
gain de cause et démarre son chantier de construction à Villeurbanne. Ce
village associatif en ville est un projet pilote très novateur puisqu’il est conçu par ses futurs habitants et sera géré démocratiquement et sans but lucratif. L’immeuble ou village vertical
abritera un laboratoire d’écologie urbaine. Une fois achevé, l’édifice comprendra 14 logements dont une dizaine de logements sociaux et quatre très sociaux. Des espaces collectifs sont prévus sur
les terrasses ainsi qu’une salle commune avec cuisine et un jardin. D’autre part l’immeuble sera totalement écologique par le choix des matériaux d’isolation, le type de chauffage et l’usage de
panneaux solaires. L’impact sur l’environnement sera aussi diminué par la gestion des déchets, les achats groupés, les échanges de services entre voisins et la limitation de l’usage de la
voiture. Seule ombre au tableau, les partenaires nombreux dans l’édification de ce projet dont la ville, le Grand Lyon et la région, se font plus discrets depuis le lancement de la construction.
Si tout se passe bien, les habitants devraient prendre possession de leurs logements en 2013 et le village vertical pourrait devenir un acteur solidaire de pointe en région en fédérant d’autres
coopératives de ce type.
www.village-vertical.org
Par Philippe BERTRAND
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