Mercredi 9 janvier 2013
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Le titre n'est pas un miracle mais recouvre une idée très simple: Comment concilier qualité alimentaire issue d'une agriculture
respectueuse et distribution directe et non polluante à Paris et aux portes de la capitale? Réponse: en utilisant les voies fluviales. La fille de l'eau s'appelle Claire-Emmanuelle Hue. Une
dizaine d'années dans le design ne l'ont pas empêché de penser à un autre mode de vie et de consommation. Ainsi est né le projet du "Marché sur l'eau". Avec l'aide d'une couveuse d'entreprise
alternative, Claire-Emmanuelle prospecte les producteurs de la région Ile de France prêts à entrer dans ce réseau de distribution totalement nouveau au coeur de la capitale. Ils sont quelques
dizaines à adhérer au projet et plusieurs centaines à consommer frais. Le canal de l'Ourcq apporte la solution au transport des marchandises qui, à raison de 2 à 5 tonnes par voyage, sont
acheminées en 3 points de vente sur les quais à Pantin et à la Villette. Restait la question du bateau. L'association fait alors l'acquisition d'un chaland ostréicole réhabilité à cette
occasion et aménagé favorablement grâce à son fond plat. Malgré son jeune âge l'association crée ses premiers emplois et projette de se structurer en SCIC afin de mieux répondre aux 450 adhérents
de ce marché sur l'eau.
www.marchesurleau.com
Par Philippe BERTRAND
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Mardi 8 janvier 2013
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Je ne pouvais pas mieux choisir comme titre que cette citation de Charles-Edouard Vincent. Charles-Edouard, portrait type d'une
éducation bourgeoise comme son prénom, qui le propulse vers le grand marché. D'abord polytechnique, puis Sanford et enfin la Silicon Valley, dernière marche avant le Cac 40. Pourtant le
multiplômé qu'il est se souvient de son enfance et de la rencontre de "clochards" avec lesquels il entretint une relation d'amitié. Et puis les questions qui germent dans l'esprit de l'enfant.
Elles l'accompagneront tout au long de sa formation et participeront à cette voix intérieure qui le poussera à faire un tour de France des groupes Emmaüs. Cette sorte de compagnonnage du
solidaire durera deux ans avant que Charles-Edouard ne crée "Emmaüs Défi", une entreprise d'insertion installée à Paris et qui aujourd'hui garantit 120 emplois aux laissés pour compte.
L'entreprise qui vient d'ouvrir un nouvel entrepôt, rue Riquet dans le 19ème arrondissement, valorise les matériels et objets usagés. Cet engagement est un exemple parmi d'autres et il
prouve que des patrons issus de la finance, de l'industrie, de l'informatique (c'était le secteur professionnel de Charles-Edouard avant sa nouvelle orientation) ou de la publicité, peuvent être
appelés à travailler au profit d'une économie humaine. C'est le crédo de C.E. Vincent qui fut séduit par "le pragmatisme économique d'Emmaüs: ne jamais être dans la charité, mais défendre que
l'on s'en sort par le travail".
www.emmaus-defi.org
Par Philippe BERTRAND
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Jeudi 20 décembre 2012
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/2012 11:00
Le salaud, il n'y a pas d'autres mots. Le salaud, c'est nous. L'humanité mène une absurde course à la pêche aux requins qui
passe en grande partie inaperçue pour des raisons de préjugés stupides. Le méchant requin, les dents de la mer ou le surfer qui laisse un membre entre les mâchoires de la vilaine
bête.
A l'opposé, Claire Nouvian pourrait être une sirène des mers, sauf
que son milieu marin est bien plus profond, dans les abysses pour tout dire. Pour cette journaliste documentariste, la découverte de l’exploitation outrancière et catastrophique des fonds marins
depuis 30 ans, la pousse à réagir. Elle écrit un livre, dirige une exposition à ce monde des profondeurs océaniques et entre en bataille avec BLOOM, association qu’elle fonde à Paris en
2005. Les études menées par le petit groupe d’experts de l’association ont permis d’ interpeller des acteurs politiques et économiques. C’est
ainsi que les mers et océans ne peuvent plus supporter d’être exploités, pollués et dévastés par des méthodes de pêches industrielles. Des actions urgentes s’imposent comme la lutte contre
l’extinction dans l’indifférence totale des requins. A ce sujet, le premier acheteur de squalane, substance extraite de foies de requins évoluant dans les profondeurs, est le secteur cosmétique.
90% de l’huile de foie de requin seraient destinés à cette industrie, ce qui correspondrait à une capture annuelle de 2millions 700 000 requins. La pratique de la capture est de recueillir
les foies et de rejeter les carcasses à la mer à l’instar des ailerons prélevés sur des animaux balancés au jus vivant et voués à crever lentement sur place. Tout ça pour de l’anti-ride… Les
chiffres rapportés ici sont ceux communiqués par l’association, à lire à www.bloomassociation.org.
Crédit photo: Sébastien Losada. M'Bour, Sénégal.
Le marché très juteux des ailerons de requins dont les vertus thérapeutiques n'ont jamais été démontrées (!) est encore plus
indécent. Les compteurs des nombres de spécimens sacrifiés s'affolent entre 1996 et 2000 car les estimations oscillent entre 25 et 75 millions de requins massacrés par an!!!!
Le pire serait de se dédouaner de toute responsabilité dans cette horreur puisque plusieurs pays européens à commencer par
l'Espagne possèdent un contingent de bateaux destinés à tuer du requin. C'est ainsi que l'Europe expédie en Asie l'équivalent de 15% de la consommation asiatique d'ailerons de requins. La cerise
sur la farce revient à la France, qui est le premier importateur d'ailerons en Europe. Salauds, je vous disais.
Par Philippe BERTRAND
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Jeudi 13 décembre 2012
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Dans la catégorie entreprise d'insertion par l'activité économique, IAE, ADC Propreté est un "dinosaure de l'insertion" selon
l'expression de son directeur Michel Plassart. Pour cause, l'entreprise a été créée à Nantes en 1984 à partir d'un projet défendu par un centre de formation. Le premier souci était d'ouvrir des
voies nouvelles vers l'emploi au bénéfice de publics en difficulté. L'idée novatrice n'était pas de former ces personnes avant de leur donner un outil de travail, mais de les former en les
faisant travailler. Le démarrage de l'entreprise fut balbutiant et ADC Propreté ne comptait que 10 salariés quatre ans après sa création. Aujourd'hui l'entreprise va bien. Merci pour elle. Avec
230 salariés, elle est devenue une grosse PME de nettoyage. Le second souci était de limiter le terrain d'activité. C'est toujours le cas puisque l'entreprise opère dans l'agglomération
nantaise afin de faciliter les déplacements des employés par les transports en commun. Le troisième souci était de tenir la mixité des permanents et des des personnes en insertion. Pour ces
derniers, chômeurs de longue durée, jeunes sans qualification, "bénéficiaires" du RSA, l'entrée en matière est directe avec une formation assurée en parallèle par un tuteur. Une centaine
d'employés sont en CDI et le reste en insertion se partage à égalité entre hommes et femmes et représente 24 nationalités différentes. Des formatrices accompagnent aussi les personnes en
insertion dans leur recherche de logement et l'amélioration de leur confort, en suivant par exemple les problèmes de santé. Le quatrième et dernier souci était de ne pas releguer ces
personnes à un travail nocturne de nettoyage. ADC a donc édicté une charte qui exige que les chantiers se fassent le jour. Pour la bonne cause, l'entreprise a également une démarche
environnementale certifiée. Il suffit enfin de jeter un oeil sur le site pour comprendre l'étendue de la réussite. ça commence même par la photo de l'entreprise.
www.adcproprete.com
Par Philippe BERTRAND
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Mercredi 12 décembre 2012
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/2012 14:57
crédit photo: Cyril Enzmann. Le Parisien.
Antoine Campredon a été cadre dans l'industrie alimentaire. Lu puis Bonduelle. Avec cette dernière, le légume en conserve, il
connaît. En 2008 un problème de santé l'éloigne de la grande industrie, mais le rapproche de la petite anti-gaspillage. Deux ans d'études lui permettent de faire l'état des lieux du gâchis et de
prévoir une riposte. Le gâchis, c'est un million et demi de tonnes de fruits et de légumes jetés en France chaque année. Parmi les raisons coupables figure celle du calibrage: une carotte trop
grande n'aura pas sa place sur le rayon de vente. A l'échelle planétaire, c'est près du tiers de la production qui n'est pas consommé. Sic. La solution, Antoine Campredon la trouve
grâce à quelques producteurs de Marne qui lui proposent des légumes non commercialisables. L'idée simple et géniale à la fois, comme souvent, est de transformer ces produits en plats
cuisinés en bocaux. La seconde idée est d'employer des personnes en insertion. la troisième et dernière, ou presque, est de vendre la majeure partie des bocaux en haut de gamme et le reste
à prix coûtant à des épiceries solidaires. La première unité fonctionne à Châlon en Champagne et une seconde doit s'ouvrir dans l'Aube. Au total, 200 personnes pourraient travailler au profit de
la marque LEGUM'andise dont 140 en insertion. L'ensemble est porté par l'association dont Antoine Campredon est le coordonnateur: l'ACDCS, les Conserveries Solidaires.
http://acdcs.asso-web.com
http://legumandise.fr
Par Philippe BERTRAND
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